L’Afrika Kreative Academy lancée la semaine dernière à Accra par All Africa Music Awards, va au cours des cinq prochaines années, soutenir les professionnels de ce secteur créatif à travers la formation, le développement des compétences et la création d’emplois.
A l’instar de plusieurs autres secteurs d’activités, l’industrie musicale africaine a connu une croissance significative au cours des dernières années, devenant ainsi un des axes économiques majeur sur le continent. En effet, selon la Fédération internationale de l’industrie phonographique, ce secteur a enregistré une hausse de croissance non négligeable de 10% en 2023. L’Afrique subsaharienne a généré à elle seule 34,7% de revenus, affichant de ce fait la croissance la plus importante au monde.
Aussi, sur le plan pécuniaire, les revenus de la musique enregistrée ont dépassé les 100 millions de dollars (55 milliards de Fcfa) en Afrique subsaharienne en 2024, selon un rapport de l’Agence Ecofin. La même source indique que le streaming (technologie qui permet de diffuser des contenus multimédias en temps réel sur internet, sans avoir besoin de télécharger les fichiers sur un appareil) musical s’est avéré être un moteur majeur de cette croissance, avec des revenus atteignant 110 millions de dollars (60,5 milliards de Fcfa) au cours de la même année, représentant une progression de 22,6% par rapport à l’année précédente. La stratégie prévoit la mobilisation des artistes, ingénieurs du son et professionnels de l’événementiel d’Afrique et de la diaspora, qui interviendront comme formateurs et mentors
Sauf que malgré cet énorme potentiel de croissance et son poids économique, l’industrie musicale africaine reste confrontée à de nombreuses difficultés qui freinent son épanouissement. En effet, à côté de la difficulté d’obtenir des financements, que ce soit par des investisseurs privés ou des institutions financières qui représente le principal obstacle pour les acteurs, on peut également citer : l’inorganisation du secteur ; le manque d’infrastructures de production, de diffusion et de promotion ; la faible protection des droits d’auteur ; les défis de la commercialisation et de la distribution ; la pénurie de compétences et d’expertise dans divers domaines de l’industrie musicale entre autres.
C’est pour remédier à cet état de choses que l’Afrima (All Africa Music Awards) a annoncé la semaine dernière, le lancement de l’Afrima Kreative Academy (Taka). Il s’agit d’une initiative ambitieuse visant à autonomiser 1,2 million de jeunes Africains au cours des cinq prochaines années à travers la formation, le développement des compétences et la création d’emplois dans le secteur créatif. « C’est notre réponse à l’urgence de développer des compétences concrètes (…) Au-delà de la formation, Taka vise à créer des emplois, valoriser la culture africaine et promouvoir l’autonomisation économique des jeunes », a déclaré Mike Dada, fondateur et producteur de l’Afrima.
Placée sous le thème « Apprendre et prospérer », Taka ciblera les jeunes âgés de 18 à 35 ans, en particulier ceux issus de communautés vulnérables ou mal desservies à travers le continent. L’initiative viendra ainsi combler le manque de formations professionnelles dans le secteur musical et créatif à travers des cursus de quatre mois, trois fois par an, couvrant la production musicale, l’entrepreneuriat, la technique événementielle, les technologies numériques et l’Internet des objets. La stratégie prévoit la mobilisation des artistes, ingénieurs du son et professionnels de l’événementiel d’Afrique et de la diaspora, qui interviendront comme formateurs et mentors.





