Selon le président Oligui Nguema qui a fait cette annonce lors de sa récente rencontre avec la diaspora gabonaise installée aux États-Unis, cette décision
En marge de sa visite du 9 au 11 juillet 2025 aux Etats-Unis, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a rencontré la diaspora gabonaise installée dans ce pays. A cette occasion, l’homme fort de Libreville a fait des annonces importantes à l’endroit de ses compatriotes, notamment en ce qui concerne la politique nationale des bourses d’études. « Cette année, il n’y aura pas de bourses pour les États-Unis, le Canada et la France », a-t-il déclaré. En effet, à compter de 2026, ces destinations traditionnelles ne figureront plus parmi les pays éligibles à l’octroi de bourses publiques.
La décision du gouvernement gabonais émane ainsi d’un double constat. En effet, outre le coût élevé de la formation des étudiants locaux dans ces pays industrialisés, les autorités déplorent le phénomène récurrent de la fuite des cerveaux. « Ceux qui partent ne reviennent pas », a martelé le chef de l’État, pointant du doigt l’inefficacité d’un système censé former les compétences dont le Gabon a cruellement besoin pour asseoir son développement.
Cette suspension s’inscrit dans une logique de réorientation stratégique de l’Etat du Gabon qui prévoit désormais de concentrer ses efforts vers des pays africains à coût modéré et à fort taux de retour, comme le Sénégal, le Ghana ou le Maroc dans le Maghreb. L’objectif étant d’optimiser les ressources publiques et favoriser la constitution d’un vivier national de compétences disponibles, mobilisables et engagées dans la construction du pays.
Rappelons que le système gabonais de bourses d’études a été conçu comme un levier d’ascension sociale et de transfert de savoir. Géré par l’État, il couvre les frais de scolarité, d’hébergement, de transport et de subsistance pour les étudiants retenus. Ce mécanisme a permis à de nombreuses générations d’accéder à des formations de haut niveau, souvent dans les meilleures universités du monde.
Mais à l’épreuve du temps, ses limites sont apparues à, l’instar de l’absence de retour sur investissement, le manque de contrôle sur les parcours, et la rupture du lien entre financement public et utilité nationale. D’après les chiffres officiels, une part importante des étudiants formés à l’étranger ne revient pas, ou revient difficilement s’insérer dans le tissu économique local.
Face à cette réalité, la réforme annoncée par le président Oligui Nguema vise à restaurer la cohérence entre l’ambition de formation et les impératifs de développement. En privilégiant des destinations plus proches culturellement, géographiquement et économiquement, l’État espère encourager un retour plus massif des diplômés et renforcer les secteurs clés de l’économie nationale.





