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Soudan : Approfondissement de la crise politique avec la formation de deux gouvernements rivaux

Cette autre action des rebelles des FSR risque plomber les efforts du gouvernement légal qui avec à sa tête le général Abdel Fattah al-Burhan, multiplie les initiatives en faveur des populations dans l’optique de restaurer les services publics, appuyer les agriculteurs et coordonner l’acheminement de l’aide humanitaire.

La descente aux enfers du Soudan se poursuit, entre fragmentation institutionnelle, dérives sécuritaires et détresse humanitaire. Déjà laminé par plus d’un an de guerre entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR), le pays vient d’entrer dans une nouvelle phase critique avec l’émergence de deux gouvernements parallèles. Un tournant qui fait redouter l’enlisement d’un conflit aux ramifications toujours plus complexes.

Le 27 juillet dernier, les FSR ont annoncé depuis Nyala (Sud-Kordofan) la création d’un exécutif rival à celui de Khartoum. Placé sous l’égide du général Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemedti, ce nouveau pouvoir s’articule autour d’un Conseil présidentiel de quinze membres, d’un gouvernement civil dirigé par Mohamed Hassan al-Ta’ayshi et d’un gouverneur du Darfour. Une initiative qui, selon les autorités de Khartoum, constitue « une violation flagrante de l’ordre constitutionnel » et un acte de sédition.

Le gouvernement légal poursuit ses initiatives en faveur des populations

Cet épisode survient alors que le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée et président du Conseil de souveraineté, poursuit ses visites dans les zones reprises aux milices rebelles, comme à Khartoum ou dans le Nil Bleu. Le gouvernement légal multiplie les initiatives pour restaurer les services publics, appuyer les agriculteurs et coordonner l’acheminement de l’aide humanitaire. Un contraste saisissant avec l’agenda militaire des FSR, accusées par diverses Organisation non gouvernementales (ONG) et agences onusiennes de commettre des crimes contre les civils, notamment dans les provinces du Darfour et du Kordofan.

Sur le plan sécuritaire, la guerre continue de faire rage. Les forces armées soudanaises ont repoussé plusieurs attaques de la milice rebelle, notamment à El-Fasher (Nord-Darfour), à Brima Al-Rasheed (Nord-Kordofan) et à Babanousa. Ces affrontements ont causé des dizaines de morts, tandis que les civils, pris en otage par les combats, subissent le pire. Violences sexuelles, bombardements indiscriminés, enlèvements d’enfants et pillages rythment le quotidien des populations, en violation des résolutions internationales.

Face à cette tragédie, l’aide humanitaire tente tant bien que mal de suivre. Près de 5 000 tonnes de vivres et de médicaments ont été acheminés vers les zones sinistrées au cours de la dernière semaine de juillet. Mais l’accès reste entravé par les lignes de front mouvantes, et les besoins explosent à mesure que les déplacés se comptent désormais par millions.

Les efforts de paix de la communauté internationale anéantis par les FSR

La dualité gouvernementale qui s’installe risque d’aggraver la fragmentation du pays. En renforçant les lignes de fracture entre les régions, elle rend plus incertaine toute perspective de sortie de crise. Malgré la condamnation ferme exprimée par le ministère des Affaires étrangères de Khartoum, la dynamique sécessionniste enclenchée par les FSR complique encore le rôle de la communauté internationale, jusqu’ici incapable d’imposer une médiation efficace.

Alors que les deux camps revendiquent leur légitimité, le Soudan s’enfonce dans un chaos où la population, seule constante dans la tourmente, continue de payer le prix fort.

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