L’avenant signé le 11 août dernier à Yaoundé par les responsables des deux institutions, entérine le versement par la Banque centrale du reliquat de l’avance en compte courant d’associé de 40 milliards de Fcfa en 2025 et 80 milliards de Fcfa en 2026.
L’avenant n°2 à la convention du 19 janvier 2016 entre la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (Bdeac) et la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), a été officiellement acté le 11 août 2025 dans les services centraux de la Banque centrale à Yaoundé par son gouverneur Yvon Sana Bangui, et le président de la Bdeac Dieudonné Evou Mekou. C’était en présence des membres des gouvernements des deux institutions communautaires. Cette signature consacre le dégel des 120 milliards de Fcfa du compte courant d’associé. Pour la Bdeac, elle « marque une étape décisive dans la relance de la coopération entre les deux institutions financières majeures de la sous-région. Elle intervient après plusieurs années de gel des ressources du compte courant d’associé, et fait suite aux recommandations du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique Centrale (Umac), sur proposition du Conseil d’administration de la Beac », se réjouit-elle.
Le versement prévu sur deux ans
L’avenant signé entérine le versement par la Beac du reliquat de l’avance en compte courant d’associé à la Bdeac d’un montant de 120 milliards de Fcfa, soit 40 milliards de Fcfa en 2025 et 80 milliards de Fcfa en 2026. « Ces ressources permettront à la Bdeac de renforcer le financement de projets structurants des secteurs public et privé dans les Etats membres, avec un impact direct sur les populations à travers la création d’emplois, l’amélioration des infrastructures et le soutien aux initiatives économiques locales », a déclaré l’institution. Dans le cadre de l’implémentation dudit plan, la Bdeac s’est lancée depuis quelques années à une recherche effrénée de financements. Au-delà de ses fonds propres et de ses partenariats au niveau africain et international, l’institution que dirige Dieudonné Evou Mekou, a misé sur le marché financier de la Cemac à travers plusieurs emprunts obligataires à succès. Le dernier en date a enregistré une sursouscription de 9,54% par rapport à l’objectif de 50 milliards de Fcfa visé dès le départ. Elle envisage d’autres perspectives comme le marché des titres de créances négociables (TCN). Selon la Bdeac, les ressources déjà mobilisées lui ont permis de financer de nombreux projets de diversification économique ainsi que les infrastructures, la santé et l’éducation dans les pays de l’Afrique Centrale.
Les grands axes du plan stratégique « Azobé »
Selon elle, « cette nouvelle page dans la coopération entre la Beac et la Bdeac illustre l’engagement commun de renforcer l’intégration économique et financière en Afrique Centrale, au service du développement durable et du bien-être des populations », poursuit-elle. L’institution bénéficiaire desdits appuis a consenti à octroyer cette année, des financements pour un montant de 125 milliards de Fcfa destinés aux secteurs de l’agro-industrie, du tourisme et de la finance. Elle a également élaboré son programme d’émission des Titres de créances négociables (TCN) d’un montant de 200 milliards de Fcfa pour la période 2025-2027 de son plan stratégique pour la période 2023-2027 approuvé par ses actionnaires le 22 décembre 2022 à Douala. Dénommé « Azobé » en référence à ce grand arbre des forêts du Bassin du Congo, il comporte ainsi trois axes d’intervention. Le premier vise à lui permettre de contribuer fortement à l’intégration économique régionale, au développement durable et à l’amélioration des conditions de vie des populations. Le second quant à lui, lui permet de renforcer et de diversifier les ressources mobilisées, tandis que le troisième vise la transformation et la modernisation de la Bdeac.





