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Souveraineté monétaire : Les propositions des candidats du SDF et du FDC sur la réforme du Fcfa

Le changement de dénomination, de monnaies d’arrimage, de régime de change et de convertibilité, de géolocalisation des imprimeries, ainsi que le retrait des puissances étrangères des instances de gouvernance et la création d’une monnaie digitale panafricaine sont quelques solutions avancées par Hiram Samuel Iyodi et Joshua Osih via Dr Louis Marie Kakdeu, son deuxième vice-président.

Engagés dans la course pour la magistrature suprême au Cameroun, les douze candidats retenus proposent via leurs différents programmes, des pistes pour le développement économique du Cameroun. Pour la première sortie de sa page « spéciale élection présidentielle », LFA a recueilli les avis des acteurs en lice sur la réforme du franc CFA.

Le combat pour la souveraineté monétaire

Hiram Samuel Iyodi, candidat investi par le Front des démocrates camerounais (FDC), propose « le déploiement d’une politique monétaire et fiscale orientée vers la croissance économique, dans l’objectif de booster l’industrialisation et les exportations ». Cela passe selon lui, par « la réforme immédiate du franc CFA ». Ce qui implique le changement de sa dénomination, de ses monnaies d’arrimage, du régime de change et de convertibilité. Ce qui donnerait au Cameroun et à la sous-région Cemac, sa souveraineté monétaire. Raison pour laquelle, il mise sur une nouvelle géolocalisation des imprimeries qui devraient dorénavant se trouver au Cameroun, le retrait des puissances étrangères des instances de gouvernance, etc. Aussi, souhaite-t-il en concertation avec les autres pays de la Cemac, la création d’une monnaie digitale panafricaine. Par ailleurs, il entend concevoir et mettre en œuvre en accord avec les pays des zones franc, d’une stratégie d’atteinte de l’indépendance financière et monétaire à moyen terme.

La réforme de la Beac

Par le truchement du Dr Louis Marie Kakdeu, enseignant d’économie et son deuxième Vice-président, le candidat du Social Democratic Front (SDF), Joshua Osih prône la réforme de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) dans le sens de son autonomisation comme souhaité par les chefs d’Etat de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, ndlr) dans l’une des résolutions de leur sommet extraordinaire de Yaoundé le 16 décembre 2024. Il remet ainsi en cause les accords coloniaux. « Il s’agit notamment de la Convention de coopération monétaire qui lie la République française aux pays membres de la Beac ainsi que leurs avenants et protocoles additionnels. La Convention en vigueur date de 1972 et constitue le texte de base pour d’autres conventions signées au sujet de l’ouverture d’un Compte d’opérations au Trésor français (1973) ou d’un Compte courant (2004) qui contient à son tour un avenant et plusieurs autres conventions additionnelles signées en 2007 et 2014 », énumère-t-il. Cela reviendrait selon lui, à supprimer l’article 63 des Statuts de la Banque centrale lesquels l’obligent « d’assurer la centralisation des avoirs extérieurs des pays membres en France et une fois par an, un collège de censeurs est commis pour vérifier le respect scrupuleux de cette disposition. En d’autres termes, ledit collège vérifie chaque année que la Beac n’a pas triché ».

La réforme de la gestion du Compte d’opération

Pour le candidat du SDF, le plus gros problème de souveraineté monétaire du Cameroun et de la Cemac se trouve à l’article 4 de la Convention sur le compte d’opérations. Selon cette disposition, la Beac est tenu de livrer toute la situation des avoirs des personnes physiques et morales des pays membres à la France. « C’est un scandale politique » selon Dr Louis Marie Kakdeu. « Pour faire simple, voici le schéma qui dérange : Les avoirs des Africains à l’extérieur prennent trois destinations principales : Ce qui est intouchable, c’est le service de la dette au Fonds monétaire international (FMI). C’est d’ailleurs ce qui a justifié que le FMI convoque les chefs d’Etat de la Cemac à Yaoundé le 16 décembre 2024 pour leur rappeler que leurs avoirs extérieurs avaient baissé et que cela suscitait des inquiétudes quant à leur possibilité de rembourser les dettes de leurs pays. Quand le FMI a fini de se servir, la France gère le reste à travers deux mécanismes susceptibles d’être considérés comme frauduleux : d’abord l’activation du Compte d’Opérations qui est supposé absorbé officiellement les 50% et ensuite, l’activation d’un outil parallèle appelé Compte spécial de nivellement où l’on doit loger l’excédent. En français facile, tous nos avoirs restent en France d’une façon ou d’une autre. Le drame est que la garantie que l’on vante souvent ne couvre que les Comptes d’Opérations ; tout ce qui est logé dans le Compte Spécial n’est pas couvert », argue-t-il.

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LES CHIFFRES DE LA SEMAINE

6871,7 milliards de F CFA
C’est l’encours des titres publics franchit en juin 2024 dans la Cemac, selon la Beac.

1 500 milliards de F CFA
C’est l’encours de dépôt enregistré par Afriland First Bank en 2023, selon la banque.

832 milliards de F CFA
C’est le total bilan de CCA Bank à fin septembre 2024, selon le président du conseil d’administration de la banque.

321 milliards de F CFA
C’est le montant des recettes non-fiscales collectées par le Cameroun en 2023, selon le ministère des Finances.

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