Garantir la souveraineté monétaire, créer un Fonds pour l’industrialisation, réformer la SNI, instaurer un nouveau paradigme fiscal : telles sont quelques-unes des mesures proposées par le candidat du SDF dans le cadre de sa campagne.
Le 19 août à Yaoundé, Joshua Osih, le candidat du Social Democratic Front (SDF), a dévoilé au cours d’une conférence de presse, son programme, axé sur la relance économique. Convaincu de la nécessité de repenser le franc CFA, le successeur de feu Ni John Fru Ndi à la tête de ce parti emblématique, prône une souveraineté monétaire doublée de monnaies locales binaires. À défaut d’une rupture immédiate, il envisage une monnaie alternative, à l’instar de l’Angola, afin d’éviter une sortie brutale du CFA.
Un fonds pour l’industrialisation
Joshua Osih propose ainsi La création d’un Fonds national souverain, alimenté par une partie des recettes pétrolières et minières, destiné à financer l’industrialisation stratégique. La réforme de la Société nationale d’investissement (SNI) occupe aussi une place centrale : transformée en véritable holding, elle gérerait le portefeuille de l’État, superviserait directement les entreprises publiques via des conseils d’administration non politisés et obligerait leurs dirigeants à rendre compte annuellement devant le Parlement.
Un nouveau paradigme fiscal
Le candidat du SDF souhaite une fiscalité plus équitable, qui taxe davantage les producteurs que les consommateurs. Il prévoit aussi un foyer fiscal pour éviter la double imposition des couples, ainsi que des « paquets fiscaux » incitatifs pour attirer les capitaux privés. L’objectif : simplifier les démarches, alléger les charges et favoriser les investissements, notamment par un commerce frontalier formel avec le Nigeria.
Brand Cameroon et labélisation
La valorisation des produits locaux est un autre axe majeur. M. Osih veut adapter les normes aux réalités du marché, encourager la labélisation des produits « Made in Cameroon » et développer un véritable « Brand Cameroon ». Ce concept reposerait sur la diversité culturelle, la jeunesse, la richesse naturelle et une communication moderne via les ambassades, les réseaux sociaux ou encore les salons internationaux.
La promotion concernerait aussi la culture, la mode, le cinéma, la gastronomie et le tourisme. Le candidat mise sur des circuits touristiques organisés, des infrastructures adaptées et un tourisme d’affaires renforcé.
Valoriser les talents et la diaspora
Joshua Osih entend également soutenir les startups, chercheurs, artistes et sportifs camerounais, en lançant des campagnes de fierté nationale et des initiatives telles que « Cameroun qui innove » ou « Tech Made in Cameroon ». La diaspora sera sollicitée pour devenir ambassadrice de la marque pays, via des programmes comme « Investir au pays ».
Enfin, il rappelle que toute stratégie de branding repose sur la gouvernance : sans transparence, justice et stabilité politique, aucune campagne d’image ne saurait porter ses fruits.





