Adopté le 8 septembre 2025 lors du Conseil des ministres présidé par Brice Clotaire Oligui Nguema, à 7233,3 milliards de Fcfa, il est en hausse de 3028,4 milliards de Fcfa par rapport à l’exercice 2024.
Le projet de loi de finances (PLF) de l’année 2026 élaboré conformément aux dispositions combinées des articles 94 et 96 de la Constitution gabonaise, ainsi que de celles des articles 17 et 18 de la Loi organique n°020/2014 du 21 mai 2015 relative aux lois de finances et à l’exécution du budget, a été approuvé lors du Conseil des ministres du 8 septembre 2025. La rencontre présidée par Brice Clotaire Oligui Nguema, a ainsi arrêté le prochain budget de l’Etat à 7 233,3 milliards de Fcfa en ressources et en dépenses. Un montant inédit pour le pays, mais qui s’accompagne d’un besoin de financement de 3 213,3 milliards de Fcfa, incluant 3 204,5 milliards consacrés à des projets de développement spécifiques. Cette enveloppe devrait être couverte par les emprunts, en majorité sur le marché régional. Rappelons que ce budget est en hausse de 3028,4 milliards de Fcfa par rapport à l’exercice 2024, soit une augmentation de 72% en valeur relative, où il avait été arrêté à 4204,9 milliards de Fcfa.
Le prochain budget va reposer en outre sur la méthode du « budget base zéro », imposant que chaque dépense soit justifiée dans l’optique d’atteindre une croissance de 7,9% en 2026, portée par l’investissement et le dynamisme du secteur hors pétrole. Les recettes attendues, chiffrées quant à elle à 4327,2 milliards de Fcfa, proviendront en grande partie des impôts intérieurs, des recettes pétrolières et des droits de douane.
Industrialisation et souveraineté el ligne de mire
Parmi les autres décisions économiques prises lors de ce Conseil des ministres, le gouvernement a annoncé l’interdiction d’importer du clinker dès 2027, afin de relancer une production locale de ciment et réduire la facture extérieure. Dans le secteur minier, l’exportation du manganèse brut sera interdite à partir de 2029. Les opérateurs disposent d’une période transitoire pour construire des unités de transformation locale, sous la supervision d’une commission interministérielle.
En parallèle, le Conseil a validé la création de la Société nationale des Agrégats, chargée d’exploiter et de fournir les matériaux nécessaires aux projets d’infrastructures.
Plusieurs autres décrets adoptés au cours de cette rencontre visent à encadrer davantage la dépense publique. Les missions officielles à l’étranger seront strictement réglementées, tout comme les rémunérations des hauts fonctionnaires et des membres des institutions. Le Conseil a enfin acté des projets de loi de règlement pour 2024, une modification de la loi organique sur les finances publiques et la ratification d’un accord environnemental avec la Chine.
Des réformes de fond annoncées
Au-delà de l’exercice budgétaire, le Président Oligui Nguema a également défini au cours de ce Conseil des ministres, les priorités du nouveau cycle politique qui vont de la mise en place de la première Assemblée nationale de la Vᵉ République, au renouvellement des conseils locaux, en passant par l’adoption de la loi de finances et accélération de la décentralisation. A cet effet, les scrutins législatifs et locaux prévus les 27 septembre et 11 octobre seront, selon le chef de l’Etat gabonais, décisifs pour « ancrer durablement le développement dans les territoires ».
Le Conseil a par ailleurs insisté sur une gestion rigoureuse de la fonction publique. Ainsi, l’instruction d’interdire le maintien en activité des agents ayant atteint l’âge légal de départ à la retraite devra être appliquée « sans exception », afin d’ouvrir des postes aux jeunes. Aussi, les comportements inappropriés des agents publics sur les réseaux sociaux feront désormais l’objet de sanctions disciplinaires, allant jusqu’à la révocation.





