En Europe comme en Afrique, plusieurs banques centrales s’activent pour créer leur monnaie numérique.
La Banque centrale européenne (BCE) a livré fin septembre dernier, les résultats d’une première phase d’expérimentation du projet d’euro numérique menée auprès de 70 acteurs du marché. Ce projet consiste en la création d’une monnaie numérique émise par les banques centrales nationales de la zone euro. Il ne s’agirait pas d’une cryptomonnaie mais de l’équivalent des espèces, sous forme numérique pour effectuer tous types de paiements électroniques en magasins, sur internet ou entre particuliers. Son utilisation sans frais permettrait d’éviter de passer par des moyens de paiement non européens comme Visa ou Master Card et donc de renforcer la souveraineté monétaire de l’Union Européenne (UE).
Comme avantages, l’euro numérique contribuerait « à réduire les coûts des paiements, à améliorer la liquidité et à renforcer la confiance transfrontalière, en standardisant la circulation des paiements et des données au sein des chaînes d’approvisionnement européennes », selon la Banque centrale. Pour les consommateurs et les commerçants, ces paiements conditionnels permettraient aussi pour les achats en ligne, de verser les fonds au vendeur uniquement après confirmation de la livraison par l’acheteur. Les reçus électroniques délivrés par ce système présentent plusieurs avantages pour les commerçants, car ces documents pourraient réduire considérablement leurs coûts opérationnels et améliorer leur efficacité.
Mais au-delà des améliorations pratiques, l’euro numérique est aussi un enjeu de souveraineté selon la BCE. « L’euro numérique n’est pas seulement un moyen de paiement, c’est aussi une déclaration politique concernant la souveraineté de l’Europe et sa capacité à gérer les paiements, y compris sur une base transfrontalière, avec une infrastructure et une solution européennes », a déclaré Christine Lagarde, présidente de la BCE, le 19 septembre dernier.
Seulement, pour pouvoir régler un achat ou un service avec ce nouveau moyen de paiement, il faudra attendre au plus tard 2029.
Le e-CFA en ligne de mire en Afrique de l’ouest
La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) s’apprête aussi à franchir une étape historique avec le lancement du e-CFA, une version entièrement numérique du franc CFA. Sa valeur sera la même que celle du franc CFA actuel. Chaque citoyen, même sans compte bancaire, pourra en disposer. Contrairement aux cryptomonnaies comme le Bitcoin, le e-CFA ne sera pas une monnaie privée. C’est une monnaie officielle, garantie par la Banque Centrale. L’objectif est de rendre les paiements plus rapides, moins coûteux, accessibles partout et à toute heure.
En résumé, le e-CFA n’est pas seulement une innovation technique, c’est une révolution silencieuse qui prépare l’Afrique de l’Ouest à l’avenir numérique, tout en consolidant sa souveraineté monétaire qui préserve les pays membres de la dépendance des monnaies étrangères ou des plateformes internationales. En somme, dans le monde entier, les banques centrales lancent leurs monnaies numériques pour ne pas laisser le champ libre aux cryptomonnaies ou aux grandes fintechs privées. Quid de la Banque des Etats de l’Afrique centrale ?





