La réforme qui vise à renforcer la transparence et la traçabilité des recettes issues de ce secteur, s’inscrit dans la volonté du gouvernement d’assainir la gestion publique et de soutenir la relance économique nationale.
Le gouvernement gabonais veut remettre de l’ordre dans la gestion des revenus issus du bois. Dans un contexte de relance économique et de lutte contre les pertes fiscales, le ministre des Eaux et Forêts, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, a réuni le 17 octobre dernier à Libreville, les principaux responsables des administrations fiscales et économiques (Économie, Impôts, Douanes, Forêts et Industrie) pour lancer une vaste réforme de la fiscalité forestière.
L’innovation porte sur la création prochaine d’une Commission mixte permanente regroupant la Direction générale des Douanes et Droits indirects (Dgddi), la Direction générale des Forêts (DGF) et la Direction générale des Impôts (DGI). Cette instance sera chargée de superviser le paiement régulier des principales taxes du secteur, notamment la taxe de superficie et la redevance de fermage, deux leviers essentiels pour la mobilisation des recettes forestières.
L’objectif ici est de croiser les informations fiscales et forestières afin d’éviter les pertes de recettes, de détecter les écarts entre les volumes déclarés et ceux réellement exportés, et de garantir que chaque mètre cube de bois contribue effectivement au budget de l’État. « Il n’y aura pas de politique forestière efficace sans une fiscalité juste, transparente et traçable. Il est nécessaire d’avoir une gouvernance exemplaire pour soutenir la gestion du capital naturel » a de ce fait indiqué le ministre Maurice Ntossui Allogo.
Rappelons que cette rencontre marque une nouvelle étape dans la stratégie de traçabilité des recettes publiques et de gouvernance durable des ressources naturelles. Elle vise à consolider la transparence, garantir un financement pérenne des politiques environnementales et assurer une meilleure redistribution des revenus forestiers. Surtout que le secteur forêt-bois représente près de 60% des exportations hors pétrole du Gabon et constitue un important vivier d’emplois directs et indirects.
L’initiative s’inscrit dans la vision du président Brice Clotaire Oligui Nguema, qui place la gestion durable du patrimoine forestier au cœur de sa politique économique et écologique. Elle répond également aux recommandations de la Banque mondiale et de l’Union européenne, favorables à la mise en place d’un système national de contrôle numérique des flux forestiers.





