spot_img
26.7 C
Yaoundé
spot_img
AccueilMagazineEntreprisesHydroélectricité : Les six solutions financières innovantes de Yunus à la crise...

Hydroélectricité : Les six solutions financières innovantes de Yunus à la crise du barrage de Nachtigal

Dans une note du 14 novembre 2025, Jéhu Ndoumi, son PDG propose entre autres, l’absorption de l’excédent énergétique, la conversion du passif en recettes en devises, la titrisation et la monétisation des flux Take-or-Pay, la transition vers un marché énergétique multi-acheteurs et la création d’un Fonds national de stabilisation énergétique.

Mis en service en mars 2025, le barrage de Nachtigal d’une capacité de 420 MW, constitue le pilier principal de la transition énergétique camerounaise. Toutefois, son modèle économique repose sur un PPA à clause take-or-pay, qui impose à l’État, via Éneo, de payer près de 10 milliards de Fcfa par mois, indépendamment de la capacité réelle d’absorption du réseau national. Depuis son entrée en service la Slbc de 100 millions USD adossée au projet a été consommée à 85 %. Le gouvernement doit contracter entre 80 et 100 milliards de Fcfa supplémentaires pour honorer les paiements, pendant ce temps, les lignes de transport vers Douala et l’Ouest n’étant pas achevées, une partie substantielle de l’électricité produite ne peut pas être distribuée. Dans une note d’information dont LFA a obtenu copie, la fintech Yunus SA indique la crise actuelle résulte d’un enchaînement de facteurs tels que le retard critique des infrastructures d’évacuation, l’insolvabilité structurelle d’Éneo, l’indexation défavorable du PPA (inflation + euro/Fcfa) et le risque transféré quasi intégralement à l’État.

L’urgence de revisiter le modèle énergétique national

Pour pallier à cela, Jéhu Ndoumi, CEO de Yunus Group SA, suggère d’adopter une réponse stratégique immédiate, mais aussi de revisiter le modèle énergétique national. Pour ce faire, il suggère six solutions financières dites innovantes. La première consiste à absorber l’excédent énergétique et à convertir un passif en recettes en devises. Il sera question d’acheter l’excédent d’énergie non consommée par le réseau national, négocier des contrats d’exportation bilatéraux avec le Nigeria, le Tchad, la Guinée équatoriale et la Cemac, stabiliser les revenus d’Éneo et réduire la pression sur le PPA Nachtigal et générer des recettes en devises pour le Trésor via des ventes internationales. Ainsi, l’énergie excédentaire cessera d’être une perte budgétaire pour devenir une source de revenus.

La titrisation et la monétisation des flux

La seconde solution quant à elle, passe par la titrisation et la monétisation des flux Take-or-Pay. L’objectif ici, est de transformer les obligations de paiement en titres listés achetés par les investisseurs de Yunus. Effets immédiats escomptés sont notamment le paiement de la Nachtigal Hydro power Corporation (Nhpc) en charge de la réalisation du projet, sans pression supplémentaire sur le budget de l’État, l’absence d’une nouvelle dette directe, et la réduction considérable de l’exposition financière de l’Etat. La troisième solution a trait à la transition vers un marché énergétique multi-acheteurs pour sortir du piège de l’acheteur unique qui est Eneo. Yunus recommande l’introduction progressive d’un marché de gros de l’électricité permettant de vendre directement l’énergie produite aux grands industriels, aux zones économiques spéciales (Kribi, Douala-Bassa), etc. L’avantage serait une chute drastique du risque macro-financier associé à Éneo.

La création d’un Fonds national de stabilisation énergétique (Fnse)

La quatrième solution suggérée est la renégociation douce du partenariat avec Nhpc sans remettre en cause la crédibilité de l’État. Yunus propose une stratégie en trois points à savoir : étaler les paiements durant la période de finalisation des lignes d’évacuation, réduire l’indexation inflation par rapport à l’euro temporairement, et introduire une clause énergie-exportable. « Cette approche est diplomatique, juridiquement sûre et compatible avec les exigences de la Banque mondiale », argue le CEO de Yunus Group S.A. La 5ème solution est la création d’un Fonds national de stabilisation énergétique (Fnse). Celui-ci devra être géré avec transparence et alimenté par les recettes pétrolières, les redevances minières et les marges issues des exportations d’énergie. Ce fonds devra couvrir les pics de paiements take-or-pay, les fluctuations du prix de l’énergie et les périodes de transition dans le secteur. Enfin, la 6ème solution vise à tirer les leçons de Nachtigal pour préparer le projet de Kikot. « Pour éviter un Nachtigal bis, il faut synchroniser la mise en service usine et les lignes d’évacuation, interdire tout PPA take-or-pay sans garantie d’absorption réseau, introduire une clause de flexibilité, impliquer Yunus Group dans la structuration du projet, afin d’intégrer dès le départ, une stratégie d’export, de titrisation ainsi qu’un modèle multi-acheteurs », indique Yunus Group S.A.

Achetez notre journal

spot_img

LES CHIFFRES DE LA SEMAINE

6871,7 milliards de F CFA
C’est l’encours des titres publics franchit en juin 2024 dans la Cemac, selon la Beac.

1 500 milliards de F CFA
C’est l’encours de dépôt enregistré par Afriland First Bank en 2023, selon la banque.

832 milliards de F CFA
C’est le total bilan de CCA Bank à fin septembre 2024, selon le président du conseil d’administration de la banque.

321 milliards de F CFA
C’est le montant des recettes non-fiscales collectées par le Cameroun en 2023, selon le ministère des Finances.

Dans l'actu

Ne manquez pas aussi...