La mesure qui s’appliquera aux entreprises des secteurs pétroliers, miniers et celles responsables de la production ou de l’importation de plastiques entre autres, marque une étape supplémentaire dans l’ambition du pays de promouvoir une économie plus verte.
Le Gabon poursuit le renforcement de son arsenal de lutte contre la pollution avec l’introduction, dans le Projet de Loi de Finances (PLF) 2026, d’une taxe environnementale ciblant les activités à fort impact écologique. Cette mesure marque une étape supplémentaire dans l’ambition du pays de promouvoir une économie plus verte, en cohérence avec la législation adoptée ces dernières années, notamment la loi de 2024 sur les plastiques à usage unique.
Cette nouvelle taxe s’appliquera aux secteurs industriels, pétroliers et miniers, ainsi qu’aux entreprises responsables de la production ou de l’importation de plastiques, lubrifiants, solvants, peintures, pesticides et autres substances chimiques pouvant générer une pollution durable. Elle vise à faire payer aux opérateurs le coût réel de leurs activités sur l’environnement, un principe d’« internalisation des externalités » désormais central dans les politiques publiques écologiques.
Les montants ont été fixés afin de refléter le niveau d’impact environnemental de chaque catégorie de produits ou d’activités. Ainsi, 500 Fcfa seront prélevés pour chaque kilogramme d’emballages plastiques ou de produits non biodégradables mis sur le marché, tandis que l’extraction minière sera taxée à hauteur de 5 000 Fcfa par mètre cube de minerai extrait. Les entreprises générant des déchets industriels dangereux ou hospitaliers devront quant à elles s’acquitter de 2 500 Fcfa par tonne, alors que les importateurs ou producteurs de lubrifiants, solvants, peintures et pesticides se verront appliquer un tarif de 500 Fcfa par litre.
Conscient de l’impact potentiel de cette mesure sur le quotidien des populations les plus fragiles, le gouvernement a prévu un ensemble d’exemptions. A cet effet, les ménages utilisant du pétrole lampant ou du gaz ne seront pas concernés, de même que les coopératives agricoles, les associations de formation rurale, les établissements publics, les collectivités locales ou encore les entreprises et organismes impliqués dans le développement des énergies renouvelables. L’objectif est clair : responsabiliser avant tout les grands pollueurs sans renchérir le coût de la vie.
Cette taxe ne sera par ailleurs appliquée que lorsqu’aucun autre prélèvement de nature similaire n’existe déjà, afin d’éviter les doublons fiscaux. Ce souci d’équilibre témoigne de la volonté du gouvernement de construire un cadre fiscal cohérent et lisible pour les entreprises tout en accélérant la transition écologique.
Une dynamique plus large de réformes environnementales
L’instauration de ce nouvel outil fiscal s’inscrit dans une dynamique plus large de réformes environnementales. En juin 2024, le Gabon a franchi une étape importante en adoptant la loi n°0012/PR/2024 visant à réduire drastiquement la pollution liée aux plastiques à usage unique. Cette loi, fondée sur le principe de responsabilité élargie des producteurs, impose aux entreprises d’intégrer l’impact environnemental de leurs produits tout au long de leur cycle de vie. Elle constitue l’un des piliers de la stratégie nationale de gestion des déchets.
Avec la taxe environnementale prévue pour 2026, le pays confirme sa détermination à lutter contre les pollutions industrielles et chimiques tout en encourageant l’émergence d’une économie circulaire. Dans un contexte mondial marqué par l’urgence climatique, le Gabon entend s’affirmer comme un acteur engagé de la protection de l’environnement en Afrique centrale, une orientation que le PLF 2026 vient solidifier, en alignant politiques publiques, fiscalité et impératifs écologiques.





