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Soudan : Le pays entre drame humanitaire, pressions militaires et mobilisation diplomatique

La période du 27 octobre au 2 novembre 2025 aura été l’une des plus critiques pour cette nation d’Afrique de l’Est depuis le début du conflit opposant les Forces armées soudanaises (FAS) dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan, par ailleurs président du Conseil souverain de transition, et les Forces de soutien rapide (RSF) menées par le général Mohammed Hamdan Daglo.

Alors que les combats se sont intensifiés sur plusieurs fronts, notamment au Darfour et au Kordofan, les autorités de Khartoum ont mené ces derniers jours diverses initiatives afin de maintenir l’activité institutionnelle, tandis que la crise humanitaire a atteint de nouveaux seuils d’urgence dans le pays.

Au sommet de l’État, les membres du Conseil de souveraineté ont multiplié les déplacements et consultations politiques. Le vice-président Malik Agar a ainsi réaffirmé la nécessité de réformer la loi sur les partis politiques et d’instaurer une vie civique inclusive, alors que d’autres responsables, tels que Dr Salma Abdel-Jabbar et Dr Nouara Abu Mohammed, ont appelé à une unité nationale face à ce qu’elles décrivent comme une menace pesant sur « la dignité et la souveraineté du Soudan ». Parallèlement, le gouvernement de transition a validé les orientations de son budget d’urgence 2026, dans un contexte économique affaibli par la guerre.

Sur le plan militaire, la situation à El Fasher reste au cœur des préoccupations des autorités soudanaises. Après des mois de siège imposé par les RSF, l’armée soudanaise a annoncé une décision stratégique d’évacuer la ville, invoquant des « circonstances administratives et humanitaires extrêmes ». Mais la situation s’est dramatiquement aggravée : tirs d’artillerie, attaques de drones, frappes contre des quartiers résidentiels, hôpitaux, écoles et camps de déplacés. Les attaques de drones des rebelles ont également touché Heglig, Al-Obeid, Umbro, Kadugli ou encore Umm Dam, provoquant la mort de civils, dont plusieurs femmes et enfants. L’armée affirme avoir repoussé plusieurs offensives dans le Nord-Kordofan, faisant des dizaines de morts parmi les miliciens.

Ces violences massives ont déclenché une vague de condamnations internationales, du Conseil de sécurité de l’ONU à l’Union africaine (UA), en passant par la Ligue arabe, l’Igad, l’Organisation de la coopération islamique et de nombreux pays occidentaux et arabes. Tous appellent à une protection urgente des civils et à la responsabilité pénale des auteurs des crimes commis à El Fasher.

L’aide humanitaire face à des besoins croissants

Dans ce contexte dramatique, l’aide humanitaire tente de suivre le rythme des besoins croissants. Plus de 120 autorisations de déplacement ont été accordées aux ONG internationales, et 80 autres aux agences onusiennes. Des cargaisons massives de médicaments, de farine et de matériel médical ont été acheminées vers Khartoum, Kosti, El-Obeid et Wad Madani. Le Croissant-Rouge qatari, des ONG européennes et plusieurs institutions internationales ont renforcé leurs opérations. Le retour volontaire des réfugiés depuis l’Égypte s’est aussi intensifié, malgré l’insécurité persistante.

Sur le plan régional, la visite d’une délégation de haut niveau de l’UA, menée par la commissaire Ama Tuami, marque une tentative de relance de la coopération humanitaire continentale. Plusieurs ministres soudanais ont multiplié les rencontres bilatérales, notamment avec la Turquie et le Koweït, afin de défendre les secteurs stratégiques du pays : énergie, agriculture, élevage.

Malgré ces efforts, la situation demeure alarmante. Le conflit continue de bloquer les enquêtes agricoles au Darfour et au Kordofan, mettant en péril la sécurité alimentaire. Le pays fait face à une crise multidimensionnelle où combats, déplacements de populations, effondrement des services publics et fragilité économique s’entremêlent.

Tous ces évènements survenus en début de ce mois de novembre, confirment que la sortie de crise nécessite plus que jamais un engagement international cohérent, ainsi qu’une volonté politique nationale capable de dépasser les lignes de fracture qui ont plongé le Soudan dans l’une des crises les plus graves de son histoire contemporaine.

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LES CHIFFRES DE LA SEMAINE

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321 milliards de F CFA
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