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Les raisons de la hausse des prix des produits dans les marchés

La spéculation et les perturbations au niveau des échanges internationaux en sont quelques unes.

Déjà affectés par la pandémie à Coronavirus (Covid-19), les consommateurs doivent désormais faire face à la hausse des prix des produits de grande consommation dans les marchés. Dans les différents espaces marchands de la capitale camerounaise, Yaoundé comme en régions, les produits tels que le riz, le poisson, la viande et bien d’autres connaissent une augmentation au niveau des prix. Le kilogramme des différentes variétés de riz, l’aliment le plus prisé des populations, est passé de 450 Fcfa, à 500 Fcfa, voire même 550 Fcfa par endroit. Le sac de 50 kg se vend désormais entre 22.500 Fcfa pour ce qui est du « Dindon », à 25.000 Fcfa pour « l’Oncle Benz » et 26.000 Fcfa pour « Mémé cassé ». Celui de 25 kg quant à lui a également grimpé pour se situer entre 13.500 et 10.500 Fcfa selon le type. Il coûtait entre 9.000 et 11.500 Fcfa, il y a seulement un mois apprend-on.

Le maquereau 25+ doré se vend actuellement à 1450 Fcfa le kilogramme. Il coûtait un peu moins à savoir entre 1350, 1200 et 1100 Fcfa il y a seulement deux ans. Les petites bourses avaient même la possibilité de manger ce poisson moyennant 900, 800, voire même 500 Fcfa pour l’achat d’un kilogramme. Autrefois, le carton de 20 kg contenant les espèces de taille moyenne, coûtait 23.000 Fcfa contre 17500 Fcfa pour celui contenant les espèces de petite taille tandis que celui de 25 kg s’obtenait à 25.500 Fcfa. Ce qui ne semble plus être le cas aujourd’hui. Selon certaines indiscrétions, cette situation serait due non seulement aux perturbations des échanges internationaux du fait des mesures de restriction imposées par les autorités de certains pays pour mettre leur population à l’abri de la Covid-19. A cela s’ajoute la fiscalité relative au poisson importé.

La viande de boeuf n’est pas en reste. Il faut débourser pratiquement 3.000 Fcfa pour 1 kg sans os, et 2400 Fcfa pour un autre avec os. Dans certains marchés, quelques ménagères disent parfois acheter une petite quantité de ce produit à 2.000 et 1.000 Fcfa. Le mélange est alors fait de viande avec os et de sans os après négociation. Le poulet de chair quant à lui, est devenu pratiquement hors de prix. Il coûte désormais entre 4500 et 6500 Fcfa par endroit. Une situation due à la pénurie de cet aliment. « On n’en voit même plus », confie une vendeuse dans un marché de la place. Le plantain, les tubercules telles que le manioc ou l’igname, sans oublier le macabo ou la patate et les pommes de terre connaissent la hausse des prix au même titre que les arachides, tomates, oignons, haricot, poissons secs et bien d’autres.

Commerçants, fournisseurs et producteurs sur le gril

Face à cette situation, les consommateurs ne savent plus à quel saint se vouer. Certaines ménagères rencontrées au marché Mvog Mbi, Acacias, Mokolo et Etoudi pour ne citer que ceux-là, sont régulièrement contraintes à la révision de leur budget. Il faut opérer des choix très difficiles au niveau de la sélection des produits à éliminer du panier compte tenu de la modicité de la bourse. « La vie devient insupportable. Tout est devenu cher aujourd’hui », s’écrie Octavie, ménagère et mère de six enfants. Dans sa maison, il n’est plus question d’avoir les trois repas par jour conseillés pour la santé.

Pointés du doigt par les consommateurs, les vendeurs disent ne pas être à l’origine de cette situation. « Les prix sont fixés en fonction du prix d’achat de telle sorte que nous puissions avoir un minimum de bénéfice », explique un commerçant de riz ayant requis l’anonymat. Tout près de lui, une commerçante des produits vivriers poursuit en indexant les producteurs. « Quand nous, bayam sellam, nous plaignons de ce qu’ils nous vendent ces produits chers, ils nous répondent qu’ils doivent faire face à la main d’oeuvre qui est de plus en plus rare et chère. A cela s’ajoute le coût du transport qui a lui aussi augmenté surtout en cette saison de pluie », a-t-elle indiqué. A côté des arguments évoqués par les uns et les autres, il y a également celui de la spéculation qui aurait cours à l’heure actuelle.

Les produits de construction dans la même mouvance

Les matériaux de construction ne sont pas épargnés par cette hausse des prix. Le sac de ciment Dangote est actuellement vendu à 4.900 Fcfa tout comme celui de marque « Robust » de Cimencam, filiale du groupe Lafarge-Holcim dans les différentes quincailleries de la ville de Yaoundé. Pourtant, ce produit était écoulé autrefois, au prix de 4.400 Fcfa, voire 4.500 Fcfa par endroit. Le sac de ciment produit par Cimaf se vend à 4.500 Fcfa. Seulement, les experts en construction préfèrent les deux premières marques pour leur qualité et leur résistance. Ce qui fait en sorte qu’elles sont de plus en plus prisées et par conséquent rares. Un fait plutôt incompréhensible compte tenu de la présence au Cameroun de 5 opérateurs de la filière. Malgré la concurrence, les prix ne baissent pas pour autant.

Pour ce qui est du fer à béton, il se vend à 1.500 Fcfa pour celui de 6, 3.000 Fcfa pour celui de 8, et 4.500 Fcfa pour celui de 10. La tôle de 3 mètres s’obtient moyennant la somme de 6.500 Fcfa contre 4.500 Fcfa pour celle de 2 mètres. Le paquet de pointes coûte entre 3.500, 4.000 et 4.500 Fcfa en fonction des quincailleries. Entretemps, il faut débourser pratiquement 50.000 Fcfa pour un seau de peinture à huile de 25 kg. « Nous importons ce produit de Dubaï. Par conséquent, son prix a augmenté du fait de la fermeture des frontières et des taxes », tente d’expliquer la gérante d’une quincaillerie située au quartier Biyem-Assi dans la cité capitale. Le seau de peinture à eau de type « Walter 10.000 » se vend à 17.500 Fcfa contre 16.000 Fcfa pour le « Walter 5.000 ». D’autres variétés à l’instar du « Colstar » ou « Universal inotex » coûtent 14.000 Fcfa chacune.

Dans un rapport publié en février 2021, l’Institut national de la statistique (INS) indique que l’indice des prix à la consommation finale des ménages a progressé de 0,3% au mois de février par rapport à janvier. Cela est le fait du rebond des prix des denrées alimentaires, et dans une moindre mesure, celui du logement, eau, gaz, électricité et bien d’autres. Interpellé au premier plan, le ministère du Commerce a intensifié des descentes dans les marchés sans effets concrets cependant.

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