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45 milliards de dollars envoyés vers l’Afrique en 2021

Selon une note de la Banque mondiale les transferts de fonds vers l’Afrique subsaharienne ont progressé de 6,2 % en 2021.

Les envois de fonds vers les pays à revenu faible et intermédiaire devraient connaître une forte augmentation de 7,3% et s’élever à 589 milliards de dollars en 2021. L’information est issue de la dernière note d’information de la Banque mondiale sur les migrations et le développement, publiée le 17 novembre 2021. Selon le document, les envois de fonds vers l’Afrique subsaharienne ont aussi repris de la vigueur en 2021. Ils ont progressé de 6,2% pour atteindre 45 milliards de dollars. «Au Nigéria, premier bénéficiaire de la région, le rebond est modéré, en partie du fait de l’influence croissante des politiques destinées à canaliser les transferts d’argent par l’intermédiaire du système bancaire », a révélé le rapport. Ce dernier indique par ailleurs que les pays où le volume des remises migratoires en pourcentage du PIB est conséquent sont la Gambie (33,8%), le Lesotho (23,5%), Cabo Verde (15,6%) et les Comores (12,3%). « En 2022, les envois de fonds devraient augmenter de 5,5 % grâce à la poursuite de la reprise économique en Europe et aux États-Unis », poursuit la Banque mondiale.

En ce qui concerne les coûts des transferts, l’institution financière révèle qu’ils étaient en moyenne de 8% au premier trimestre de 2021, contre 8,9% un an plus tôt. Bien que les migrations intrarégionales représentent plus de 70% des mouvements transfrontaliers de population, les frais sont élevés en raison des faibles quantités de flux formels et de l’utilisation des taux de change du marché noir. Dans l’ensemble, la Banque mondiale fait savoir que c’est pour la deuxième année consécutive que les transferts d’argent vers les pays à revenu faible et intermédiaire (hors Chine) devraient excéder la somme des investissements directs étrangers (IDE) et de l’aide publique au développement (APD). Ce constat, indique la BM, souligne l’importance de ces flux, qui constituent une véritable bouée de sauvetage en permettant aux ménages de financer des produits essentiels tels que la nourriture, la santé et l’éducation pendant les périodes de difficultés économiques dans les pays d’origine des migrants. « Les remises migratoires ont largement complété les programmes gouvernementaux de transferts monétaires pour aider les familles souffrant de précarité économique pendant la crise de la Covid-19. Faciliter ces envois de fonds pour soulager les budgets des ménages mis à rude épreuve devrait être un élément clé des politiques nationales visant à soutenir un redressement global après la pandémie », fait observer Michal Rutkowski, directeur mondial Protection sociale et emploi à la Banque mondiale.

COUTS DES TRANSFERTS PLUS CHERS EN AFRIQUE

Les flux ont enregistré une forte progression dans la plupart des régions : ils ont augmenté de 21,6% en Amérique latine et dans les Caraïbes, de 9,7% au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, de 8% en Asie du Sud et de 5,3% en Europe et en Asie centrale. En Asie de l’Est et dans le Pacifique, les envois de fonds ont en revanche diminué de 3,8%. Mais si l’on exclut la Chine, la région enregistre une hausse de 1,7%. En Amérique latine et dans les Caraïbes, la croissance a été exceptionnellement forte en raison de la reprise économique aux États-Unis et d’autres facteurs, notamment les réactions des migrants aux catastrophes naturelles dans leur pays d’origine et les envois de fonds des pays d’origine aux migrants en transit.

Selon la base de données de la Banque mondiale sur les coûts des transferts dans le monde, le tarif pour l’envoi de 200 dollars entre pays reste élevé et représente en moyenne 6,4 % des flux du premier trimestre 2021. Ce chiffre est plus de deux fois supérieur à l’objectif de 3 % à l’horizon 2030 fixé par les Objectifs de développement durable. C’est en Afrique subsaharienne qu’il est le plus coûteux d’envoyer de l’argent (8%) et en Asie du Sud que le tarif est le plus bas (4,6%). Les données révèlent que les frais sont souvent plus élevés quand les fonds sont transférés par l’intermédiaire de banques, plutôt que via des canaux numériques ou des opérateurs offrant des services de transfert d’espèces. « L’impact immédiat de la crise sur les remises migratoires a été très important et le rebond étonnant des flux d’envois de fonds est une bonne nouvelle. Pour que les fonds continuent de circuler, en particulier par les canaux numériques, il est essentiel de permettre aux migrants et aux opérateurs de transferts de fonds d’accéder à des comptes bancaires. Les réponses politiques doivent également continuer à faire une place aux migrants, notamment dans les domaines de l’accès aux vaccins et de la protection contre les défauts de paiement», souligne Dilip Ratha, auteur principal de la note et directeur du programme Knomad.

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