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Amélioration des normes prudentielles des banques de la Cemac

Le Rapport de Politique monétaire publié par la Beac à fin septembre 2021, fait par ailleurs ressortir un accroissement des
activités de credit et de meilleures conditions de banque.

Dans le rapport de Politique monétaire publié par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) en septembre 2021, l’institution monétaire sous régional a fait le point aussi bien sur la situation prudentielle des banques de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac) au 30 avril 2021, et le bilan de l’activité du système bancaire de la Cemac entre avril 2020 et avril 2021.

S’agissant de la situation prudentielle, le Rapport de la Banque centrale révèle que sur les 50 banques qui ont déclaré leurs états au 30 avril, 17 de ces établissements financiers sont en infraction par rapport aux dispositions relatives à la représentation du capital minimum, 5 banques ont extériorisé un ratio de capitaux propres inférieur au minimum de 6% ; 13 banques ont extériorisé un ratio de fonds propres de base inférieur au minimum de 7,5% ; 13 autres banques ont extériorisé un ratio de couverture des risques pondérés par les fonds propres nets inférieur au minimum de 9,5% ; 9 banques ont enfreint la limite globale de l’octuple des fonds propres nets pour la somme des risques pondérés supérieurs à 15% desdits fonds propres ; 24 banques ne se sont pas conformées à la limite individuelle de risques pondérés encourus sur un même bénéficiaire pour un montant maximum de 40% de leurs fonds propres nets contre 20 banques quatre mois plus tôt (31 décembre 2020) ; 14 banques ont présenté un ratio de couverture des immobilisations par les ressources permanentes en-dessous du minimum requis de 100% (contre douze banques un an auparavant); 5 banques ont affiché un rapport de liquidité inférieur au minimum réglementaire de 100% contre six banques un an plus tôt (sans lien avec les fonds propres); 15 banques ne sont pas parvenues à financer au moins à hauteur de 50% (seuil réglementaire) leurs emplois à plus de cinq ans de durée résiduelle par des ressources permanentes contre 13 banques l’année précédente ; 14 banques ont enfreint la limite globale des engagements sur leurs actionnaires, administrateurs et dirigeants ainsi que sur leur personnel fixé à 15% des fonds propres nets ; 14 banques disposaient d’un niveau de fonds propres satisfaisant pour respecter l’ensemble des ratios prudentiels assis sur cet agrégat au 30 avril 2021, après prise en compte des mesures dérogatoires relatives à l’abaissement du volant de conservation des fonds propres qui courent du 30 juillet 2020 au 31 décembre 2021.

Et le rapport d’observer au vue de tous ces chiffres, que « les normes prudentielles à l’égard desquelles le plus grand nombre de banques était en conformité étaient celles se rapportant au plafond global des risques, aux capitaux propres et au rapport de liquidité. Les normes prudentielles les moins respectées étaient respectivement la limite individuelle des risques, notamment en raison de l’abaissement du seuil de la limite individuelle des risques de 45% à 40% depuis le 1er janvier 2021, la représentation du capital minimum et le coefficient de transformation ».

Hausse de 10,4% total bilan des banques

S’agissant de l’activité du système bancaire de la Cemac en elle-même, la Beac fait savoir qu’elle a été marquée, entre avril 2020 et avril 2021, par un excédent de trésorerie en hausse de 9,2% (+371 milliards) pour s’établir à 4 405,5 milliards. Cette amélioration s’explique par « une progression des ressources plus élevée que celle des emplois, malgré le contexte de la pandémie de Covid-19 ». Dans le même temps, le total bilan s’est accru de 10,4% (+1 503 milliards), confirmant la résilience du système bancaire face au choc sanitaire. Concernant les emplois du système bancaire, le Rapport indique que les crédits bruts à la clientèle se sont accrus de 10,5 % en un an, pour s’établir à 9 189,2 milliards à fin avril« Cette tendance haussière reflète une légère reprise de l’activité, en lien avec la campagne de vaccination contre le coronavirus et l’aménagement de certaines restrictions visant la lutte contre la pandémie », justifie la Beac.

L’analyse par branche d’activité au 31 avril 2021 révèle que cinq secteurs d’activité sont prépondérants dans la destination des crédits à l’échelle de la Cemac. Il s’agit des secteurs des transports et télécommunications (16,4%), des services destinés à la collectivité de services sociaux et personnels (16,3%), du commerce (gros et détail) et de la restauration-hôtels (15,8%), des activités non classés (8,9%) et des industries manufacturières (7,6%). Les autres emplois, notamment les titres de placement et de transaction, ont également progressé de 14%, s’établissant à 6 000 milliards de Fcfa, contre 5 263 milliards de Fcfa à fin avril 2020.

Pour leur part, les dépôts collectés, représentant l’essentiel des ressources (73,8% du total de bilan), ont connu une hausse de 10,1% pour se situer à 11 773,8 milliards au 30 avril 2021. L’évolution positive du volume des crédits et de la collecte de dépôts en 2021 reflète l’impact modéré de la crise sanitaire au niveau de l’intermédiation bancaire, consécutif à la relative relance économique dans les pays de la Cemac.

S’agissant de la qualité du portefeuille de crédits du système bancaire, elle s’est légèrement améliorée. En effet, bien qu’en hausse de 130 milliards de Fcfa (+6,9% à 2 006 milliards) comparativement au niveau qui prévalait un an auparavant, les créances en souffrance ont représenté 21,8% des crédits bruts, en légère baisse de 0,8 point par rapport à l’année précédente (22,6%).

Conditions des banques

Par ailleurs, le Rapport de politique monétaire de la Beac a abordé d’autres points notamment le cout du crédit, la situation des réserves de changes, les conditions des banques etc. Les conditions des banques de la Cemac sont caractérisées, au cours du premier semestre 2021, par un léger renchérissement des coûts du crédit, particulièrement pour les crédits à court et à moyen termes, alors que les conditions d’offre de crédit à long terme se sont légèrement assouplies. Cette situation serait en lien avec les effets néfastes de la crise sanitaire qui sévit depuis l’année 2020. En effet, les taux d’intérêt nominaux sont respectivement de 8,23% pour le court terme (contre 8,10% au deuxième semestre 2020), 9,38% pour le moyen terme (contre 8,93% au deuxième semestre 2020) et 0,61% pour le long terme (contre 6,22% au deuxième semestre 2020). Les taux effectifs globaux (TEG) quant à eux, se sont situés respectivement à 16,07% pour les crédits à court terme (contre 9,70% au semestre précédent), à 12,71% pour les crédits à moyen terme (contre 11,04% au semestre précédent) et à 7,62% pour les crédits à long terme (contre 6,39% au semestre précédent). Au niveau des pays, la République Centrafricaine, le Gabon et le Tchad ont affiché les taux effectifs globaux moyens les plus élevés sur les crédits à court et à moyen termes. En revanche, le Gabon s’est distingué au cours de la période en améliorant ses conditions d’offre de crédit à long terme.

Coût du Crédit

En ce qui concerne la politique d’offre de crédit, la Beac affirme qu’elle met en exergue une certaine disparité des taux selon le type d’emprunteur. Globalement, dans la Cemac, les prêts aux particuliers et aux Petites et moyennes entreprises (PME) sont les plus onéreux ; les taux d’intérêt nominaux étant respectivement de 11,65% et 9,39%. Les grandes entreprises, qui bénéficient généralement de la majorité des prêts, obtiennent par contre des taux débiteurs nominaux les plus faibles, situés en moyenne à 5,17%. La disparité des taux entre les contreparties traduit la perception des profils de risque que les établissements de crédit ont sur chaque segment de leur clientèle. En général, les PME sont perçues comme des signatures potentiellement plus risquées, en raison notamment du faible volume des informations financières qu’elles fournissent aux établissements de crédit. Les fonctionnaires en revanche, font partie de la clientèle sure, du fait du virement permanent de leurs salaires domiciliés dans les banques. Par ailleurs, la faiblesse des taux appliqués aux grandes entreprises est justifiée par la disponibilité et la qualité des informations financières existantes pour ces types de clients.

Réserves de change

Les réserves de change quand à elles oscillent autour de 4 000 milliards depuis le début de l’année 2021. A fin juillet dernier, elles sont en contraction sur un an de 13,7 % s’établissant à 3 967 milliards. Malgré un cours du baril de pétrole durablement ancré au-dessus de 60 dollars depuis février 2021, le rebond des flux entrants de réserves de change espéré pâtit du recul du volume de la production pétrolière et des réticences des compagnies pétrolières et minières, à se conformer à certaines obligations réglementaires. Dans cette veine, le taux de couverture extérieure de la monnaie fluctue autour du seuil de 60% depuis février 2021. Par composantes, les réserves de change sont constituées à 85,7% des avoirs extérieurs à vue, 4,1% des autres avoirs extérieurs en devises gérées par la Salle Des Marchés, 5,1% du stock d’or, et des avoirs auprès du FMI (5,1%).

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