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Croissance économique : la thérapie de la Banque mondiale aux pays en développement

L’institution leur recommande le renforcement de la transparence autour de leurs engagements financiers.

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Jean Pépin Ndjo

Lors de son adresse à la Nation le 19 mai dernier, le chef de l’Etat, Paul Biya redoute que la pandémie de la Covid-19 ne menace la stabilité des Etats, en particulier ceux en développement. « Il nous faudra beaucoup d’efforts pour mener la lutte contre la Covid-19 qui peut devenir une menace à la stabilité de nos Etats. Dans cette période difficile, nous devons rester un peuple uni, solidaire et discipliné. J’en appelle donc à une sorte d’« union sacrée » de toutes les forces vives de la Nation pour combattre cette pandémie. Je salue à ce propos, une nouvelle fois, l’attitude de la quasi-totalité des dirigeants politiques et des autorités religieuses qui ont accepté de se joindre à ce combat national. J’encourage également tous les efforts visant à mettre au point un traitement endogène du Covid-19. Consacrons toutes nos énergies à la lutte contre cet ennemi commun », a-t-il lancé. Bon nombre de pays en développement se trouvent en face de nouveaux défis liés à la forte baisse des places boursières, à la chute des cours des matières premières et à un fort ralentissement imprévu des échanges commerciaux. Il va sans dire que le retour de la croissance économique pourrait être un frein à cette menace. « La pandémie du Coronavirus a donc un impact négatif sur l’économie mondiale ainsi que sur la nôtre. Il nous faudra, bien sûr, retrouver plus tard le chemin de la croissance tout en veillant à ce que, pendant cette période d’incertitude et de difficulté, les emplois soient préservés dans la mesure du possible. J’invite le gouvernement à continuer à se mobiliser comme il l’a fait depuis le début de cette crise sanitaire. Dans un contexte social inédit, il devra en particulier se montrer ingénieux et inventif pour maintenir nos équilibres financiers, contenir le taux d’inflation, assurer la continuité du service public, notamment dans le secteur éducatif, et réguler l’activité économique de manière à sauvegarder la stabilité et la paix sociales », recommande le chef de l’Etat camerounais.

En orientant ses opérations d’urgence en réponse à la pandémie du Coronavirus vers 100 pays en développement, le même jour à Washington aux Etats Unis, le groupe de la Banque mondiale n’a pas manqué de faire quelques recommandations devant permettre à ces derniers, de retrouver le chemin de la croissance économique une fois que la crise sanitaire actuelle sera passée. « La suspension du remboursement du service de la dette bilatérale va permettre de libérer des moyens vitaux pour financer la riposte d’urgence face à la pandémie, précise David Malpass, président de cette institution. De leur côté, « les pays doivent au plus vite renforcer la transparence autour de leurs engagements financiers. Ce faisant, ils renforceront la confiance des investisseurs, qui seront davantage enclins à s’engager dans des opérations plus bénéfiques et à mobiliser des ressources supplémentaires », poursuit-il.

Les appuis de la Banque mondiale

En effet, depuis mars 2020, la Banque mondiale indique avoir réussi « à mobiliser en un temps record, un volume d’aide exceptionnel pour permettre aux pays de protéger les populations pauvres et vulnérables, renforcer leurs systèmes de santé, préserver l’activité du secteur privé et stimuler le redressement économique ». Une initiative qui s’inscrit dans l’engagement de cette institution de débloquer 160 milliards de dollars de dons et d’aide financière sur une période de 15 mois pour accompagner la riposte des pays en développement face aux conséquences sanitaires, économiques et sociales de cette pandémie et de la mise à l’arrêt des économies avancées.

Aussi, le moratoire sur le service de la dette bilatérale, approuvé par les gouverneurs du groupe de la Banque mondiale, viendra compléter les dons, les prêts et les participations déployés en soutien aux pays. Les pays éligibles à l’Association internationale de développement (IDA) qui en font la demande récupéreront ainsi des ressources pour gérer la pandémie du Covid-19 et financer des mesures d’urgence destinées à sauver des vies.

En outre, la réponse opérationnelle du groupe de la Banque mondiale va venir consolider les systèmes de santé, protéger les ménages les plus pauvres et installer les conditions propices à la préservation des moyens de subsistance et de l’emploi des populations les plus durement touchées. « Les opérations menées à l’échelle des pays s’attacheront à apporter une aide aux familles les plus démunies, à travers des transferts monétaires et un soutien à l’emploi ; préserver la sécurité alimentaire, la nutrition et la continuité des services essentiels, comme l’accès à l’eau potable et l’éducation ; cibler les groupes les plus vulnérables, parmi lesquels les femmes et les communautés déplacées qui risquent d’être particulièrement éprouvées ; et associer les communautés en vue de soutenir les ménages vulnérables et favoriser la cohésion sociale », souligne l’institution financière.

 

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