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Le président de la BAD blanchi par les experts indépendants

Boniface Tchuenkam

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Accusé d’abus de pouvoir par des lanceurs d’alerte sur 16 « chefs d’accusation », le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina a d’abord été disculpé en mai par une enquête du Comité d’éthique interne. Les Etats-Unis de Donald Trump ont émis des réserves sur les procédés de ce Comité et ont exigé une nouvelle enquête indépendante.

Le 1er juillet dernier, le Conseil des gouverneurs de la Banque a désigné l’équipe de trois experts conduite par l’ancienne présidente irlandaise, Mary Robinson, en compagnie de l’ex- juge gambien Hassan Jallow et du sud-africain Leonard McCarthy, ancien vice-président pour l’intégrité à la Banque mondiale. Le rapport du panel d’experts indépendants a été remis au Conseil des gouverneurs le lundi 27 juillet. Ces conclusions rejoignent sur tous les points le rapport du Comité d’éthique, dont il a par ailleurs salué le travail.

Le premier groupe des allégations portait entre autres sur le non-respect des règles et règlements internes en matière de recrutement, nomination d’un membre du staff, nomination et promotion d’un beau-frère, mauvaise gestion alléguée d’un programme de technologie agricole. Sur ce, le Comité a conclu que ces allégations étaient dénuées de fondement et rejetées au motif que le règlement du personnel confère l’autorité au président à l’égard de tout le personnel, et lui donne le pouvoir de nomination et de promotion du personnel.

Le deuxième groupe portait entre autres sur les contrats directs, le traitement préférentiel pour le Nigéria et les Nigérians, les services reçus par le président, règlements pour les départs de personnel, le non-respect des règles concernant les congés des vice-présidents ou les déplacements des dirigeants etc. Le Comité a décidé que ces allégations n’étaient pas fondées et manquent de preuves crédibles, par conséquent rejetées à juste titre.

La 16è allégation portait sur le lobbying politique des chefs d’État. Les lanceurs d’alerte décrivent le président de la BAD comme «le champion incontesté des voyages de la Banque». Ils affirment qu’il utilise les opportunités de ces voyages pour rencontrer les chefs d’État et faire des promesses, en contournant efficacement la direction de la Banque afin d’obtenir un soutien pour sa réélection à un second mandat et d’étouffer la concurrence. Le Comité a jugé ces allégations non fondées et les a rejetées. Le Comité estime qu’en tant que chef élu de la Banque, le président doit s’engager dans une action diplomatique. Cela ne concerne pas nécessairement sa propre réélection, mais est nécessaire pour garantir le soutien politique et diplomatique le plus large possible à l’institution.

En conclusion, les experts indépendants se disent convaincu que le Comité d’éthique a examiné les plaintes qu’il a reçues le 19 janvier 2020 de manière complète et responsable et a suivi les procédures appropriées. Il les a examinées, à la fois comme des plaintes déposées conformément à la résolution et conformément au paragraphe 4 de la politique sur les dénonciateurs. Il a correctement suivi les conseils de l’avocat général pour définir son devoir. Il a procédé à un examen préliminaire des plaintes au besoin. Il a pris bonne note des critères fixés pour l’évaluation des plaintes et du caractère suffisant des preuves à l’appui. Il a consulté le Piac et le vérificateur général. Il a engagé des discussions et des débats sur chaque plainte individuelle et est parvenu à un consensus sur le résultat. Il a appliqué la norme correcte et a préparé un rapport à soumettre au Président du Bureau du Conseil supérieur. Les experts partagent les conclusions du Comité concernant toutes les allégations formulées contre le Président et estime qu’elles ont été dûment examinées et rejetées par le Comité.

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