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L’urgence de promouvoir le bon usage des TIC pour les enfants

Les tablettes interactives, les programmes éducatifs et bien d’autres outils peuvent être sollicites par les parents pour favoriser les connaissances et le développement des plus petits.

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Ghislaine Deudjui

Grâce à la connexion internet, le monde est devenu un village planétaire. D’après le Digital report 2020 réalisé par We Are Social et Hootsuite, plus de 4,54 milliards de personnes dans le monde ont actuellement accès à Internet. En 2018, l’on recensait déjà 4,39 milliards d’utilisateurs, soit une augmentation de 3,4%. Parmi eux, figurent un grand nombre des jeunes, des mineurs ou encore des adolescents parfois pour la plupart âgé entre 7 à 15 ans. Face à la recrudescence des jeunes dans l’utilisation des Technologies de l’information et de la Communication (TIC), l’Association African women in tech startup (Africanwits) a entrepris de les recadrer pour le bon usage des TIC. « De plus en plus d’enfants sont abandonnés à eux-mêmes, les parents prennent le temps d’acheter les outils digitaux de distraction sans toutefois les contrôler et même parfois les orienter », se désole Horore Bell Bebga, présidente de l’Association Africanwits, par ailleurs promotrice de la startup Likalo 2.0. Cette structure qui s’investit autant dans la réflexion stratégique que dans l’exécution, est une agence digitale qui propose des solutions et des services numériques associés à un « LAB d’innovation», pour répondre aux besoins sans cesse grandissant en transformation digitale et innovation en Afrique.

L’éducation 2.0 d’après Horore Bebga, permet aux jeunes de renchérir leurs connaissances et de bénéficier de données qui ne peuvent être facilement accessibles. Promoteur de la startup EduAirBox, Yannick Kengne pense également que, les technologies numériques peuvent aider à combler certaines lacunes liées au handicap, à la crise sanitaire et sociale en contribuant à créer des possibilités d’enseignement à distance pour les enfants et les enseignants. Ceci tout en améliorant la coordination des activités éducatives dans les contextes d’urgence, en diffusant des informations éducatives et en soutenant l’élaboration et la diffusion de programmes numériques. Cas palpable, la pandémie à coronavirus qui menace actuellement le monde a obligé la plupart des parents à s’arrimer aux nouvelles technologies et à se tourner vers le digital. Pendant cette période, le nombre d’utilisateurs d’internet à augmenter. Le télétravail est au rendez-vous. Dans l’apprentissage, certains établissements scolaires ont opté pour le elearning. Au Cameroun, le gouvernement a complètement réorganisé la méthode de formation par des cours en ligne et la diffusion des cours à la télévision nationale.

Ne pas relâcher la surveillance

Pour beaucoup de parents, cette méthode s’est avérée très efficace. « Nous avons compris la nécessité ou l’importance d’avoir une télévision à la maison, un ordinateur ou un portable à la disposition des enfants », fait-savoir Mariette, parent d’élèves. Jusqu’à présent, ces outils étaient considérés par certains parents comme néfaste pour l’éducation de leurs enfants. Mais, la fermeture des écoles à cause de la pandémie de la Covid-19 a soulevé beaucoup d’interrogations sur leur utilité. « Mes enfants n’avaient pas accès aux téléphones portables, parce que j’estimais qu’ils sont trop petits. Mon fils en classe de 3è était constamment sur mon téléphone portable, il l’utilisait pour communiquer avec ses amis, il s’échangeait des épreuves et les professeurs les envoyait parfois des exercices. A partir de là, j’ai pensé qu’il serait important qu’il ait un téléphone portable », explique Sandrine N. femme au foyer.

Mais, pour bon nombres de parents, malgré l’importance des TIC, son usage doit tout de même être contrôlé. « Mes enfants sont très petits. Je veille au programme qu’ils regardent et aux outils utilisés. J’ai initié ma fille aux programmes de langue et cette année elle est allée en section anglophone pour la première fois, et il en ressort qu’elle a de très bonnes notes et est l’une des plus brillantes de son école, de surcroît elle s’exprime très bien en anglais », fait savoir Ingrid Mouafo, expert en digital et également membre de l’Association Africanwits.

Pour aider les parents à organiser le temps d’utilisation des services digitaux et des écrans, l’entreprise Likalo 2.0 recommande aux parents d’établir des fréquences de visionnage en fonction de l’âge de leur progéniture. Les outils 2.0 concernés sont, les tablettes, les téléviseurs, les jeux vidéo ou ordinateurs, internet et les réseaux sociaux. « Par l’exemple, les enfants de 3 à 6 ans doivent utiliser les outils digitaux, exceptés les jeux vidéo et les réseaux sociaux entre 30 minutes et 1h de temps deux à trois fois par semaine ; ceux âgés entre 6 et 11 ans le temps à l’écran à leur accorder varie 3 à 4 fois par semaine pour une durée de deux heures », détaille Horore Bell Bebga. Au cours d’un webinar « Education Talk » sur le thème : « Enfants et écrans, comment en tirer profit pour leur éducation », organisé mardi 30 juin 2020, elle démontrait ainsi la nécessité de répartir le temps de liberté des enfants à l’écran.

« Les enfants ne doivent pas être dépendants de ces outils, le but est de leur permettre d’y avoir accès, c’est de développer leur compétence, car à partir des couleurs, des images l’enfant en bas âge assimile aussi rapidement », dit-elle. D’après elle, l’usage de la tablette permet un épanouissement éducatif si cet objet est utilisé à bonne escient. Surtout si la tablette est organisée autour d’application exclusivement éducative et accompagné de la présence des parents. Cela peut donc être un formidable outil de créativité, et d’ouverture vers le monde. Mais, selon les éducateurs, l’on apprend que seulement 24% des parents sont favorables aux sites interactifs proposant des activités éducatives pour leurs enfants.

Réduire la fracture numérique

Dans un rapport publié en 2017 sur la situation des enfants connectés, l’Unicef relevait par ailleurs que près d’un tiers des jeunes dans le monde, soit environ 346 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans, ne sont pas en ligne. En Afrique, trois jeunes sur cinq âgés de 15 à 24 ans ne sont pas connectés, contre seulement un sur 25 en Europe. Mais la fracture numérique va au-delà de la simple connectivité. Dans un monde où 56 % des sites Internet sont en anglais, beaucoup d’enfants ne peuvent pas accéder à des contenus qu’ils comprennent ou qui sont en rapport avec leur vie. De plus, nombre d’entre eux ne disposent ni des compétences ni d’équipements nécessaires comme les ordinateurs portables, pour tirer le meilleur parti des possibilités offertes en ligne. « Si ces fractures numériques ne sont pas réduites, elles aggraveront les disparités socioéconomiques existantes », soulignent les experts.

Pour l’Unicef, il ne fait aucun doute que les TIC ont déjà grandement élargi les possibilités des enfants en matière de développement, d’apprentissage, de participation et d’amélioration personnelle et de leur situation. Même si selon cette organisation, ces avantages sont toutefois loin d’être équitablement partagés, et les bénéfices et les occasions offerts aux enfants ne sont pas obligatoirement comparables d’une région à une autre. Les différents pays du monde se trouvent à différentes phases de développement technologique et de pénétration d’Internet. Nombreux sont ceux qui, par ailleurs, doivent surpasser des obstacles sociaux, économiques et culturels élevés sur le chemin de la connectivité.

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