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Menace de dislocation de la Cedeao

Dans une série de tweets publiés le 23 juin dernier, le président Muhammadu Buhari du Nigeria a fustigé la volonté des pays membres de la zone Uemoa qui utilisent le Franc cfa, de passer à l’eco avant les autres membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). « It gives me an uneasy feeling that the Uemoa Zone wishes to take up the Eco in replacement for its CFA Franc ahead of other Ecowas Member States. It‘s a matter of concern that a people with whom we wish to go into a union are taking major steps without trusting us for discussion », avait-il tweeté dans la langue de Shakespeare. « Cela me donne un sentiment de malaise que la zone Uemoa souhaite reprendre l’Eco en remplacement de son Franc CFA avant les autres Etats membres de la Cedeao », s’énerve le président Nigérian. Pour son pays, il n’y a pratiquement aucune différence entre l’eco de la zone Uemoa et le franc cfa actuel. Et c’est cette confusion que les autres pays de la Cedeao veulent lever. D’autant plus que la monnaie unique des 15 pays d’Afrique de l’Ouest aura un taux de change flexible face à un panier de devises.

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Ces propos durs de Muhammadu Buhari font suite à une demande formulée au mois de février par son pays aux fins d’une « prolongation du délai pour le lancement de la monnaie unique », tel que prévu par les présidents Alassane Ouattara et Emmanuel Macron en décembre 2019 à Abidjan. « La position du Nigeria sur l’eco est que les critères de convergence n’ont pas été remplis par la majorité des pays », avait alors argué Abuja. Ce souhait n’a apparemment pas rencontré l’assentiment des dirigeants de la zone Uemoa qui, sous la houlette du président ivoirien, semblent ne pas vouloir faire marche arrière sur leur volonté d’adopter l’eco en remplacement du Franc cfa, en principe au cours du deuxième semestre de cette année 2020.

Ce désaccord entre le bloc francophone et anglophone de la Cedeao, sur fond de rivalité entre la Côte d’Ivoire et le Nigeria, fait planer le spectre d’une dislocation de cette communauté. Le président Muhammadu Buhari prévient d’ailleurs : « Nous ne pouvons pas nous ridiculiser en entrant dans une union pour se désintégrer potentiellement au plus tôt lorsque nous y entrons. Nous devons être clairs et sans équivoque sur notre position concernant ce processus ». Et l’homme d’Eat nigérian d’ajouter : « nous devons procéder avec prudence et respecter le processus convenu pour atteindre notre objectif collectif tout en nous traitant les uns les autres avec le plus grand respect. Sans cela, nos ambitions pour une union monétaire stratégique en tant que bloc de la Cedeao pourraient très bien être sérieusement menacées ».

Muhammadu Buhari assure cependant les dirigeants de la Cedeao de l’engagement de son pays envers la monnaie unique, et les exhorte à examiner de manière critique, les recommandations faites par le Conseil de convergence. Il leur demande également d’adopter une position commune pour protéger la zone monétaire ouest-africaine des pièges d’une union douteuse. Le numéro un nigérian déclare ouvertement avoir « tellement misé sur ce projet pour laisser les choses à la simple commodité et à l’opportunisme».

L’eco est le nom de la monnaie commune adoptée par la Cedeao depuis sa création en 1975. En s’emparant unilatéralement de ce nom, l’Uemoa a fait preuve d’un manque de respect par rapport aux sept autres pays de la communauté et particulièrement envers le Nigéria qui représente plus de la moitié de la population et environ 70% du PIB de la sous-région. Beaucoup d’observateurs donnent d’ailleurs raison au géant ouest africain dans cette polémique.

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