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Timba Bema, écrivain camerounais et lauréat du Grand Prix littéraire d’Afrique Noire en 2018, sur « la statue du maréchal Leclerc », In Jeune Afrique.

Les autorités camerounaises ne veulent surtout pas fâcher la France – laquelle, d’ailleurs, assure l’entretien du monument à travers la fondation Maréchal-Leclerc. Le plus surprenant est l’apathie des jeunes. Ils répètent comme des perroquets fiers qu’ils sont camerounais, mais ne se sentent pas humiliés par la présence de cette statue, alors que leurs ancêtres enrôlés de force n’ont même pas une plaque en bois commémorant leur sacrifice. Tôt ou tard, ils devront faire tomber Leclerc. Ne devrait-on pas éviter de réécrire le passé? La mémoire coloniale ne devrait-elle pas être préservée? renchérissent d’autres. Répondons-leur ceci: un pays pauvre n’a pas droit à l’oubli, surtout quand cet oubli le maintient dans un état de vulnérabilité. Leclerc doit tomber pour que le corps camerounais se redresse enfin et que, comme lui, un pied en avant, une main sur la hanche, l’autre tenant une canne, il scrute l’horizon avec le sourire radieux de celui qui est confiant en sa destinée.

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