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Un fonds d’appui au prototypage en cours d’implémentation

Cet appui gouvernemental concerne principalement les secteurs visés par le PDI ou le Dsce, ainsi que les filières prioritaires parmi lesquelles l’agroalimentaire, le numérique, le tourisme et bien d’autres.

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Jean Pépin Ndjo

La cérémonie de remise des parchemins à 18 apprenants issus de la première cuvée de la Pépinière nationale pilote d’entreprises d’Edéa (Pnpe) le 22 juillet 2020, a permis de soulever la nécessité de l’accompagnement des porteurs de projets au Cameroun. D’autant plus que les premiers récipiendaires de cette structure placée sous la tutelle du ministère des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) ont bénéficié des formations dans des domaines ciblés par le Document de croissance et de l’emploi (Dsce) et le Plan directeur d’industrialisation (PDI). Il s’agit notamment des technologies de l’information et de la communication (TIC), l’agroalimentaire, le textile et le cuir. D’après le Minpmeesa, les lauréats ayant reçu leurs parchemins des mains du ministre des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat, Achille Bassilekin III assisté de son collègue des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè sont d’ores et déjà opérationnels. Par ailleurs, les meilleurs d’entre eux à savoir ceux dont les projets sont bien avancés dans leur maturation, vont recevoir des appuis techniques et matériels de l’Etat.

Selon Jean Marie Louis Badga, le directeur général de l’Agence de promotion des PME (Apme), le gouvernement camerounais a mis à la disposition des porteurs de projets, une batterie de mesures. « Elles vont de la promotion de l’esprit d’entreprise en milieu jeune au guichet unique de formalités de création d’entreprises appelé Cfce (centre de formalités de création d’entreprises) avec un processus intégré d’incubation qui encadre le parcours de l’entrepreneur », a-t-il expliqué. Une des dernières en date, est la mise en place d’un fonds d’appui au prototypage dénommé Fonds Proto pour booster les porteurs de projets et les start-up à accélérer le démarrage de leurs activités. « La finalité du fonds d’appui au prototypage est de fournir un appui financier et technique aux porteurs de projets et des PME innovantes en les mettant dans un parcours d’accompagnement spécifique notamment à la phase de démarrage et d’accélération afin de réduire le taux de mortalité précoce des PME, ou encore le taux d’abandon des projets innovants portés par des jeunes faute de moyens financiers et d’assistance technique. On peut donc déduire qu’une démarche de prototypage rapide réussie, sera un signal fort pour un jeune porteur de projet qui après avoir déterminé un problème crucial, a imaginé une solution idoine qu’il essaie de matérialiser », a expliqué le DG de l’Apme. Et le ministre des PME de renchérir : « Tout porteur d’idée de projet, lorsqu’il n’a pas la possibilité d’être accompagné, ou de développer un prototype, peut également se décourager au bout d’un certain temps ». Par conséquent, « on pourrait alors ainsi voir mourir un projet qui pourrait être porteur d’emplois, créateur de valeur ajoutée, mais surtout porteur d’opportunités d’idées nouvelles. Il s’agit pour nous, d’accompagner la structuration d’un échantillon, d’un prototype, et d’un service nouveau pour qu’on puisse ainsi, matérialiser un projet », a-t-il souligné.

En outre, l’implémentation de la phase pilote du fonds d’appui au prototypage permet de fournir cette année, une première vague d’appuis financiers ou techniques aux jeunes entrepreneurs ou aux PME. De ce fait, un appel à projets est ouvert à ces derniers afin de sélectionner une première vague de bénéficiaires et de constituer un premier répertoire d’experts ou de structures spécialisés en matière de prototypage de produits ou services à haute valeur technique ou technologique, industriels ou industrialisables. « De façon spécifique, l’appel à projet 2020, vise la fabrication de différents types de prototypes, d’échantillons, ou de maquettes dans un délai relativement court à un coût minimum avec un minimum d’outillage et d’étapes intermédiaires dans le processus de matérialisation. Il question d’aboutir à une preuve de concept constituée d’éléments portant sur la validation du business model à savoir les questions relatives à la protection de la propriété intellectuelle, les projections financières et la rentabilité des produits ainsi que des services proposés et l’analyse de la rentabilité des coûts de développement. Il est également question de faire émerger des projets qui répondent à des problématiques sectorielles pour favoriser l’innovation », a indiqué Jean Marie Louis Badga.

Les secteurs visés

Le champ de l’innovation adressée par le projet d’un candidat doit figurer parmi les secteurs ou domaines se rattachant à ceux visés par le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce) et le Plan directeur d’industrialisation (PDI). Il s’agit notamment de l’agroalimentaire, du numérique, le tourisme, le bois, le textile, le cuir, les métiers d’arts, le BTP et activités connexes, ainsi que la santé, l’éducation, des mines, du transport entre autres. Les autres filières telles que l’aéronautique spatial, la défense et sécurité, la sous-traitance mécanique (voire industrielle), les matériaux avancés et les nanotechnologies, la chimie verte et les éco-procédés, ainsi que les filières vertes et les écotechnologies, sans oublier la photonique, le luxe et le bien-être, ne sont pas d’office exclues du champ de cet appel à projet. Elles pourraient faire l’objet d’une attention particulière afin d’être examinées dans un autre cadre.

L’implémentation perturbée par la Covid-19

Cependant, le lancement du Fonds Proto a été perturbé par l’avènement de la Covid-19. Une situation qui a créé un décalage par rapport au timing initial. Ce qui s’apparentait à un problème, a été transformé en opportunité notamment pour les porteurs de projets et autres innovateurs. Ils ont ainsi la possibilité de développer des solutions susceptibles de lutter contre la propagation de cette pandémie. Cela peut se faire soit à travers les médicaments, les équipements ou matériels, des plateformes d’éducation en ligne etc. Le fonds Proto va leur permettre de finaliser rapidement, tous les produits en cours de conception pour les mettre au service des nombreux utilisateurs ayant exprimé le besoin y compris l’Etat.



Jean Marie Louis Badga, directeur général de l’Apme

« La finalité est de fournir un appui financier et technique aux porteurs de projets »

La finalité du fonds d’appui au prototypage est de fournir un appui financier et technique aux porteurs de projets et des PME innovantes en les mettant dans un parcours d’accompagnement spécifique notamment à la phase de démarrage et d’accélération afin de réduire le taux de mortalité précoce des PME, ou encore le taux d’abandon des projets innovants portés par des jeunes faute de moyens financiers et d’assistance technique. On peut donc déduire qu’une démarche de prototypage rapide réussie, sera un signal fort pour un jeune porteur de projet qui avoir déterminé un problème crucial, a imaginé une solution idoine qu’il essaie de matérialiser. Une start-up détentrice d’une innovation et qui peine à se positionner sur le marché, les jeunes entreprises en développement désireuses d’introduire sur le marché un produit nouveau, une entreprise en pleine croissance ou en déclin et qui veut choisir son positionnement sur le marché, comme c’est le cas d’une entreprise en restructuration qui a besoin de revoir ses produits, ou son business model. Ce qui permettra à chacun, d’accélérer le développement des projets, la création d’entreprises pour obtenir des résultats industrialisables rapidement.



Achille Bassilekin III, ministre des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat

« Accompagner l’innovation dans notre pays »

Dans cet entretien, il souligne le bien fondé de la mise en place du Fonds d’appui au prototypage au Cameroun décidée par le chef de l’Etat, Paul Biya.

Quels sont les résultats attendus du fonds d’appui au prototypage qui vient d’être mis en place par l’Apme?

L’Agence de promotion des petites et moyennes entreprises (Apme) a pensé qu’il était important de mettre en place un fond de prototypage dans la perspective non seulement de faire en sorte que les porteurs d’idées nouvelles, les porteurs de projets d’entreprises structurés autour des biens et services innovants puissent se faire accompagner. Tout porteur d’idée de projet, lorsqu’il n’a pas la possibilité d’être accompagné, ou de développer un prototype, peut également se décourager au bout d’un certain temps. On pourrait alors ainsi voir mourir un projet qui pourrait être porteur d’emplois, créateur de valeur ajoutée, mais surtout porteur d’opportunités d’idées nouvelles. Il s’agit pour nous, d’accompagner la structuration d’un échantillon, d’un prototype, et d’un service nouveau pour qu’on puisse ainsi, matérialiser un projet.

Qu’en est-il du problème de l’obtention de brevet qui freine certains inventeurs ?

Il est question que ce projet puisse donner naissance au-delà du service, ou du bien innovant accessible aux consommateurs et au marché, offrir au créateur, des actifs en termes de propriété intellectuelle. Parce que c’est aussi un élément fondamental qu’il puisse breveter son prototype afin que ce dernier soit capable de convaincre des investisseurs nationaux et étrangers. Le Fonds Proto qui est placé sous le haut patronage du chef de l’Etat, qui a bien voulu ainsi marquer cette détermination d’accompagner l’innovation dans notre pays. Ceci sous la conduite du Premier ministre, chef du gouvernement. Mais, il faut aussi dire qu’avec la crise sanitaire de la Covid-19, on voit émerger des besoins nouveaux. On a vu se développer des portails sanitaires, un respirateur, il n’y a pas longtemps. Et, je pense même qu’en matière agroalimentaire, il y a un ensemble d’opportunités aujourd’hui qui émergent de telle sorte que la principale leçon qu’on puisse tirer, c’est que ce fonds de prototypage arrive à point nommé de telle sorte que toutes ces idées nouvelles, tous ces projets nouveaux puissent être accompagnés. De manière à mieux consolider la logique d’innovation et surtout aux investisseurs à la recherche d’opportunités d’investissements nouveaux de mieux capitaliser cette nouvelle donne. Et en définitive, qu’au sortir de la Covid-19, nous puissions avoir une série de jeunes entrepreneurs qui vont permettre à notre pays non seulement de mieux satisfaire la demande locale, mais surtout, d’enclencher de façon systémique, de façon permanente, la transformation économique de notre pays. C’est une concrétisation de la vision du chef de l’Etat.

Qui est concerné par ce fonds d’appui au prototypage ?

Je pense que ce Fonds Proto va permettre de générer des résultats rapides. Parce que très vite à travers ce concours qui est ouvert à tous les jeunes porteurs de projets, à tous les jeunes startuppers, ainsi que tous ceux qui ont des biens et services innovants à proposer. Ils doivent s’engager dans une dynamique de sélection et de faire accompagner au plan matériel pour la réalisation de leur prototype. Dans ce sens, je suis convaincu qu’au terme de la sélection rigoureuse, ceux là qui vont être primés, vont être accompagnés afin de pouvoir développer leurs prototypes. En plus, la dynamique d’industrialisation consignée dans notre Plan directeur d’industrialisation (PDI), ainsi que les filières stratégiques qui sont identifiées dans ledit PDI, puissent voir se développer des prototypes qui vont permettre une industrialisation rapide de notre économie.

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