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Ecam incite les PME à s’intéresser à la Zlecaf

Le président de ce mouvement patronal est convaincu que la Zone de libre-échange continentale africaine peut contribuer à valoriser les entreprises locales.

Avec un marché de plus d’1,3 milliard de consommateurs, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) offre d’après le président du mouvement patronal Entreprises du Cameroun (Ecam), un large éventail de possibilités d’affaires aux entrepreneurs camerounais. « Les entreprises en général et les PME en particulier devraient approfondir une réflexion dans ce sens », a indiqué Protais Ayangma. Il s’exprimait ainsi lors de la rencontre axée sur la cérémonie de présentation des voeux aux acteurs de l’économie camerounaise avec pour thème : « la Zlecaf et la régionalisation des échanges inter-Africains : quelle place, quel rôle pour les entrepreneurs camerounais autour de cet espace économique et commercial ? ».

Cette rencontre organisée en ligne le jeudi 27 janvier 2022, a fait intervenir de nombreux acteurs du développement économique à l’instar de Mathurin Doumbe, ancien Président du conseil d’administration de la banque Société Générale (SG) Cameroun. Pour ce dernier, les entreprises camerounaises ont beaucoup à gagner en s’intéressant à la Zlecaf. « C’est un marché ouvert qui présente de nombreuses opportunités ». Toutefois, ce professionnel du monde des affaires, précisément de la finance, reconnait que ces entreprises, notamment les PME (Petites et moyennes entreprises) ont besoin d’accompagnement pour bien épouser ce concept.

C’est pourquoi, il encourage la mise en place d’un trio (Etat-Banques-Entreprises) pour faciliter la bonne insertion des entreprises. En sus, le Dr Pierre Alaka Alaka, fiscaliste, encourage plutôt le développement des politiques « courageuses » en matière de développement de l’économie nationale ou encore de l’industrie. « Il faut de bonnes politiques qui encouragent et protègent les entreprises locales », fait-il savoir. Pour lui, les entreprises ne doivent pas être abandonnées à elles-mêmes. Chaque pays, dont, le Cameroun en particulier qui a un avantage géographique, économique de par ses ressources, devrait mettre en place des dispositions pour inciter les entreprises camerounaises à se lancer dans cet espace économique et commercial.

Selon le Comité panafricain du commerce et de l’investissement du secteur privé (PafTrac), 400 patrons d’entreprises interrogés dans 46 pays africains en décembre 2021, sont convaincus que leur activité sera en croissance dans les 12 à 18 prochains mois, à la faveur des opportunités qui se présenteront au sein de la Zlecaf. Plus de 62% de ces chefs d’entreprises pensent que la Zlecaf leur fournit le cadre nécessaire pour exporter davantage au sein du continent.

Ce sont des données à prendre au sérieux d’après Ecam. Le mouvement patronal qui compte environ 460 entreprises membres, veut par ailleurs inviter ces derniers à prendre réellement conscience de cette opportunité. Car d’après la Banque mondiale, la Zlecaf c’est : 55 pays ; 1,3 milliard d’habitants ; 68 millions de personnes qui devraient sortir de la pauvreté ; 450 milliards de dollars de revenus supplémentaire de l’Afrique à l’horizon 2035 (soit une progression de 7%) et 560 milliards de dollars d’accroissement des exportations africaines, essentiellement dans le secteur manufacturier.

En rappel, la Zlecaf est née à la suite d’un long processus de négociations qui a duré plus de cinq ans et a permis d’aboutir à la signature de l’accord commercial le 21 Mars 2018. Entré en vigueur le 30 Mai 2019, la mise en application du libre-échange initialement prévue à l’agenda pour le 1er Juillet 2020, a finalement commencé le 1er Janvier 2021, après un retard de 6 mois dû à l’épidémie de Covid-19.

REACTIONS

PROTAIS AYANGMA, président d’Ecam
« Les perspectives de croissance sont encore très importantes »

La Zone de Libre-Echange Continentale Africaine est une entreprise inclusive pour les Africains de tous les horizons : gouvernement, société civile, universitaires, femmes, jeunes, diaspora, travailleurs, opérateurs économiques et plusieurs autres parties prenantes au niveau du continent. Les 3 défis majeurs auxquels la Zlecaf doit faire face sont : l’absence d’une monnaie unique ; l’existence de plusieurs zones commerciales qui se chevauchent et se font concurrence à l’instar de la Cedeao à l’Ouest, le Cemac en Afrique Centrale, l’EAC à l’Est, la Sadc au Sud et le Comesa pour l’Afrique Australe et Orientale. Ces différents blocs régionaux se caractérisent par la faiblesse de leurs échanges à ce jour, le manque d’infrastructures routières et ferroviaires capables d’optimiser la circulation des biens et marchandises qu’ils produisent et une bureaucratie encore lourde aux frontières. A cela s’ajoute l’existence de zones de troubles qui perdurent dans certains pays, ainsi que la petite corruption « usuelle » qui parfois entache encore les pratiques administratives et commerciales. Et, un manque chronique d’accès aux financements et d’instruments financiers adaptés aux besoins des PME africaines.

Et en termes de perspectives ?

En l’état actuel, il ressort de la Zlecaf qu’il y a une Afrique avec des économies à plusieurs vitesses, dans laquelle le Nigéria, l’Afrique du Sud et l’Égypte représentent à eux seuls, plus de 50 % du PIB cumulé du continent. Ceci laisse à penser que les perspectives de croissance sont encore très importantes pour le commerce inter-africain, qui n’a représenté que 17 % des exportations en 2017, contre 59 % en Asie et 69 % en Europe, à cause de la faible intégration des blocs régionaux.

Mathurin Doumbe Epee, ancien PCA SG Cameroun
« Toutes les parties prenantes sont importantes »

La Zlecaf est une source de croissance et d’amélioration de vie de nos populations. Créer une zone de libre-échange continentale demande l’implication de tous les acteurs du continent. Ils sont nécessaires dans la faisabilité du projet. Toutes les parties prenantes sont importantes y compris les banques. Les banques peuvent apporter leur contribution à plusieurs niveaux par leur proximité avec la population. On devrait s’appuyer sur le maillage très étroit de ces banques au Cameroun avec leurs agences pour atteindre certaines cibles. Les entreprises ont besoin des banques et celles-ci peuvent les aider à atteindre leur objectif. Mais des dispositions claires doivent être prises afin de faciliter le travail.

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