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Industrie pharmaceutique : Le business du Paludisme en Afrique

La situation sur l’impact socioéconomique du paludisme en Afrique reste critique. Le dernier rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur cette maladie publié en décembre 2021, a fait état de 241 millions de personnes atteintes de paludisme dans le monde en 2020, soit 14 millions de cas de paludisme par rapport à 2019 (227 millions). L’on apprenait également par la même source que la majeure partie de cette hausse trouve son origine dans les pays d’Afrique subsaharienne. Toujours selon le même document, le nombre de décès causés par cette maladie endémique continue d’augmenter de manière drastique, soit 69.000 personnes de plus qui en sont mortes en 2020 par rapport à 2019 (627.000 contre 558.000). Sans surprise, l’Afrique détient ici encore la palme d’or de ce bilan macabre, puisque le nombre de décès causé par le paludisme a augmenté de 12% en 2020 par rapport à 2019. La région représente en outre environ 80% des décès enregistrés dans le monde. A la vue de tous ces chiffres, il est clair que coût de la lutte contre le paludisme est énorme.

En effet, les dépenses mondiales combinées pour l’éradication du paludisme ont atteint 4,3 milliards de dollars US (environ 2556 milliards de Fcfa) en 2016, avant de chuter à 3,1 milliards de dollars US (1842 milliards de Fcfa) en 2017. Même si le nombre de personnes affectées par la maladie a diminué à ce jour, les données restent importantes car des experts ont révélé que pour éradiquer le paludisme entre 2030 et 2050, les dépenses mondiales à consacrer à sa lutte doivent augmenter de 2 milliards de dollars. De ce fait, la lutte contre le paludisme représente un gros business pour les industries pharmaceutiques, qui multiplient chaque année des actions pour engranger des bénéfices financiers à travers la vente des traitements antipaludéens. L’Afrique étant ce marché juteux où ils peuvent aisément commercialiser des milliers de produits conçu régulièrement.

Le dernier exemple en date est l’antipaludéen en cours de fabrication de la multinationale suisse Novartis. L’entreprise spécialisée dans les produits pharmaceutiques est en train de concevoir un médicament, fruit d’une association de ganaplacide et de lumefantrine. Et pour la phase 3 des essais, elle a choisi plusieurs pays d’Afrique subsaharienne dont le Burkina Faso, le Gabon, le Mali ou encore le Niger. Entre temps, l’OMS a fortement recommandé le 25 novembre dernier, la pyronaridine-artésunate lors de sa révision de ses lignes directrices unifiées sur le paludisme. Pour les experts, cette décision de l’instance onusienne est une étape cruciale permettant aux pays endémiques de choisir Pyramax comme Thérapeutique à base d’artémisinine (CTA) de première intention en toute confiance, Ce qui va alors entrainer une utilisation plus large du médicament.

Sauf que l’utilisation de ce médicament et bien d’autres, ne résout pas le problème du paludisme en Afrique, où l’environnement naturel demeure propice au développement de cette maladie. Comme l’ont toujours souhaité les Africains, l’idéal serait de mettre sur pied un vaccin antipaludique. Mais malheureusement, les industries pharmaceutiques mettent tous les moyens en jeu pour qu’un tel projet ne prospère pas, puisqu’il viendra anéantir tout leur business.

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