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La nécessité de booster la transformation locale du cacao

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a procédé mardi dernier, à l’inauguration de l’extension de l’unité de transformation de cacao de la société Cargill, une multinationale qui fournit dans le monde entier non seulement des services et des produits agroalimentaires, mais également industriels et financiers. Avec cette expansion, le pays d’Alassane Dramane Ouattara se dote désormais de la plus grande usine de broyage de cacao sur le continent africain.

Pour la Côte d’Ivoire, les visées sont claires : booster la production locale de cacao et accroitre en même temps l’industrialisation de la première culture de rente du pays, dont le poids est considérable sur l’économie nationale. Les données officielles révèlent que le cacao représente 40% des recettes d’exportations nationales, contribue à hauteur de 20% du Produit intérieur brut (PIB) et mobilise près de 2 millions de producteurs. La nouvelle usine de broyage de cacao devrait donc permettre à la Côte d’Ivoire, de se rapprocher de son objectif qui est de transformer toute sa production d’ici 2030. Mais entre temps, le pays espère déjà d’ici deux à trois ans, atteindre une capacité de transformation d’un million de tonnes, soit au moins la moitié de la production.

En effet, les autorités ivoiriennes reconnaissent elles-mêmes que la transformation locale demeure insuffisante tout comme la captation des valeurs ajoutées. A peine 600.000 tonnes sur les 2 millions de tonnes de fèves produites chaque année sont transformées sur place, ce qui représente autour de 30% en valeur relative, tandis que la grande majorité de la production est exportée pour le grand bonheur des pays industrialisés. Ce sont d’ailleurs ces derniers qui tirent les plus grands bénéfices du commerce de fèves. Tandis que les Nations productrices reçoivent à peine 5% des 105 millions de dollars US (59.469 milliards de Fcfa) que génère chaque année l’industrie mondiale du cacao. Une véritable misère quand on sait que ce sont les planteurs qui abattent le gros du travail dans les plantations.

Tout comme la Côte d’Ivoire, des pays africains tels que le Ghana, le Nigeria et le Cameroun qui figurent dans le top 5 des plus grands producteurs de cacao, continuent d’exporter la majeure partie de leur production. Le Ghana se situe pratiquement dans le même sillage que la Côte d’Ivoire en termes de transformation, alors que le Cameroun est en deçà. Selon les chiffres rendus publics en août dernier par l’Office national du cacao et du café (Oncc), la production cacaoyère du Cameroun au cours de la campagne 2020-2021 a culminé à 292.471 tonnes, et seules 62.341 tonnes de fèves ont été broyées sur place. Ce qui représente un taux de transformation locale de seulement 21,3%.

Au vue des fonds colossaux brassés par l’Occident dans l’industrie cacaoyère alors qu’elle n’en produit pas, il est grand temps que les pays d’Afrique consacrent plus d’énergies au niveau de la transformation. Surtout que paradoxalement, ce sont ces acheteurs qui dictent les prix sur le marché international au gré de leurs humeurs. L’augmentation des capacités de transformation locale aura certainement pour effet de réduire l’offre en termes d’exportation, et donc de relever les prix. Toutes choses qui bénéficieront aux cacaoculteurs.

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