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Le ministre des Finances baisse certains droits de douane

Louis Paul Motaze a décidé d’une décote de 80% du coût du fret à intégrer dans la valeur en douane des marchandises importées par voie maritime afin de réduire le coût des biens.

Le ministre des Finances Louis Paul Motaze, vient encore de porter son attention pour les entreprises camerounaises dans une autre dimension. L’argentier national a signé une décision qui modifie le taux du fret à prendre en compte pour la détermination de la valeur en douane des marchandises importées par voie maritime. «Le montant du fret à intégrer dans la valeur en douane des marchandises importées par voie maritime est affecté d’un abattement de 80% de la somme totale effectivement payée ou à payer pour l’acheminement des dites marchandises, dans le contexte de l’augmentation inédite du coût de transport international des marchandises », ainsi dispose l’article 1 de ladite décision. En son article 2, la décision du Minfi précise la période d’application de cette nouvelle disposition ainsi qu’il suit « la mesure de décote de 80% du coût du fret visée à l’article 1 ci-dessus est valable jusqu’au 28 février 2022 et renouvelable le cas échéant ».

UNE REPONSE A LA HAUSSE DES PRIX DES BIENS

Cette décision du Minfi est saluée par l’ensemble des agents économiques car, elle intervient à un moment où la hausse des prix des biens et services tend à se généraliser. En effet, depuis le début de l’année, la plupart des entreprises locales font face à une hausse exponentielle de leurs coûts d’approvisionnement, alimenté essentiellement par des facteurs externes tels que la hausse généralisée des cours mondiaux des matières premières et l’explosion du fret maritime, avec des augmentations variant de 20 à 400%. Le sujet avait d’ailleurs été l’objet d’une rencontre entre des membres du Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam) réunis à Douala le 09 novembre 2021. Il en était ressorti que les entreprises camerounaises font face à « une impasse de taille ». « C’est ainsi que la situation des entreprises continue de se dégrader en raison des ruptures d’approvisionnement, ainsi que de l’absence de visibilité sur les ventes. Cette incertitude tient à la difficulté de répercuter les fortes hausses des coûts d’approvisionnement sur les prix de vente des produits, et plus particulièrement les produits dont les prix sont soumis à homologations préalable et que, dans le même temps, les mesures de cost-killing mises en place par les entreprises ont montré leurs limites », avait indiqué Célestin Tawamba, président du Gicam.

Bien avant, le 27 septembre 2021, le patronat camerounais avait adressé une correspondance au ministre de l’Economie, de la Planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) pour attirer son attention sur les dangers potentiels associés à ces renchérissements de prix. Le Gicam disait avoir proposé des pistes de solutions et solliciter l’organisation en urgence, d’une concertation entre le gouvernement et le secteur privé pour la prise des meilleures mesures possibles, à l’effet de circonscrire l’impact de ces hausses. Avec cette décote du coût de fret les entreprises le Minfi intervient donc sur un levier qui permettra de baisser les droits de douanes qui était assis sur le fret maritime, et accepte par là même un manque à gagner au trésor public.

UNE AUTRE MESURE DE SOUTIEN AUX ENTREPRISES

Par ailleurs, cette décision est une autre mesure de soutien déployée par le gouvernement en faveur des entreprises camerounaises. Au ministère des Finances, une source fait savoir que le gouvernement a mis en place une politique dite d’appuis directs aux entités économiques présentant une forte externalité. Politique qui a pris toute son ampleur avec la crise du coronavirus qui a affecté beaucoup d’agents économiques qui demandent justement à l’Etat de les aider. Cet appui peut prendre différentes formes: appui financier, caution pour aider l’agent économique à bénéficier de concours bancaires, défiscalisation. La décision prise par le ministre des Finances entre donc dans ce dernier volet. « L’Etat accepte de se priver d’une source de recette en accordant par la même occasion, une bouffée financière aux entreprises et aux consommateurs, ne l’oubliez pas. Donc ce n’est pas une mesure de soutien seulement aux entreprises mais elle touche aussi les consommateurs. C’est donc un soutien de poids à toute l’économie nationale qui est, comme vous le savez, portée par la consommation », a révélé notre source au Minfi.

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