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Le secteur bancaire fait preuve de résilience

Selon le rapport de politique monétaire de la Beac publié le 27 avril 2021, les principaux agrégats ont connu une hausse au cours des 12 derniers mois, en dépit de la pandémie à Covid-19.

«L’activité du système bancaire de la Cemac a été marquée, entre décembre 2019 et décembre 2020, par un excédent de trésorerie en hausse de 14,4 % (+533,3 milliards) pour s’établir à 4 235,1 milliards », indique le rapport de politique monétaire publié par la Beac. Cette amélioration s’explique selon ledit rapport, par une progression des ressources plus élevée que celle des emplois, malgré le contexte de la pandémie de Covid-19. De fin mars 2020, début des premières restrictions consécutives aux mesures sanitaires de lutte contre la propagation de la Covid-19, à fin décembre 2020, le total bilan s’est accru de 7,87 % (+1 110 milliards), traduisant une certaine résilience du système bancaire face au choc sanitaire.

Concernant les emplois du système bancaire, la note de politique monétaire renseigne que, les crédits bruts à la clientèle se sont accrus de 7,0% en un an, pour s’établir à 9033,3 milliards de Fcfa à fin décembre 2020. L’analyse par branche d’activité au 31 décembre 2020 révèle que cinq secteurs d’activités sont prépondérants dans la distribution des crédits à l’échelle de la Cemac. « Il s’agit des secteurs du commerce gros et détails-restauration et hôtels (16,5 %), des services destinés à la collectivité de services sociaux et personnels (16,4 %), des transports et télécommunications (16,1 %), des industries manufacturières (8,4 %) et des bâtiments et travaux publics (7,4 %) », indique le rapport qui précise par ailleurs que les autres emplois ont également progressé, notamment les titres de placement et de transaction qui se sont accru de 32,9 % en un an.

Pour leur part, les dépôts collectés, représentant l’essentiel des ressources, ont connu une hausse de 10,4% pour se situer à 11 478,9 milliards de Fcfa à fin décembre 2020. « L’évolution positive du volume des crédits et de la collecte de dépôts en 2020 ref lète l’impact modéré de la crise sanitaire au niveau de l’intermédiation bancaire, consécutif à la relative relance économique dans les pays de la Cemac », explique la Beac.

S’agissant de la qualité du portefeuille du système bancaire, elle est restée relativement stable. En effet, les créances en souffrance ont représenté 21,2% des crédits bruts à fin décembre 2020 (+7,4 % à 1 914,7 milliards), comme quasiment l’année précédente (21,1 %).

Baisse des réserves brutes

Au cours des trois derniers mois, les réserves brutes du système bancaire de la Cemac, avant les opérations monétaires, ont diminué de 6,6% pour s’établir à 1602,2 milliards de Fcfa en janvier 2021 contre 1 715 milliards Fcfa en novembre 2020. Ces réserves se situaient à 1743,8 milliards en janvier 2020. « Cette diminution résulterait principalement du recours accru des Etats au marché des valeurs du Trésor pour boucler le financement du budget de l’année 2020, dans un contexte marqué par la crise sanitaire liée à la Covid-19 », justifie la Beac. Pour compenser cette baisse des réserves brutes du système bancaire, les établissements de crédit ont accru leur demande auprès de la Beac. Ainsi, l’encours moyen mensuel des concours de la Banque centrale aux établissements de crédit s’est élevé à 422,2 milliards de Fcfa en janvier 2021 contre 357,1 milliards trois mois plus tôt. Ces concours sont constitués : des avances au titre de l’opération principale d’injection de liquidité, dont l’encours a progressé de 54,8 milliards à 138,4 milliards ; des crédits accordés au titre des opérations de maturité longue, s’élevant à 101 milliards depuis novembre 2020 ; de la facilité de prêt marginal, dont l’encours a reculé de 172,4 milliards à 157,1 milliards ; et des avances octroyées via le guichet spécial de refinancement, profitant essentiellement à la Bdeac, passés de 28,8 milliards à 25,7 milliards. Dans le même temps, le volume des réserves obligatoires à constituer par les assujettis a augmenté de 28,9 milliards, se situant de 761,5 milliards au 31 janvier 2021 contre 732,6 milliards trois mois plus tôt. Il s’élevait à 679,7 milliards au 31 janvier 2020. En conséquence, avec la baisse des réserves brutes et l’augmentation des réserves obligatoires, le montant des réserves excédentaires du système bancaire a reculé, s’établissant à 1 227 milliards au 31 janvier 2021 contre 1 314 milliards à fin novembre 2020. Au 31 janvier 2020, les réserves excédentaires étaient estimées à 1 350 milliards.

Au cours de la période de constitution allant du 11 janvier au 10 février 2021, en moyenne, les réserves excédentaires du système bancaire, ressortant à 1236 milliards de Fcfa, ont représenté 162,3% du montant requis des réserves obligatoires contre 181,7% entre le 11 octobre et le 10 novembre 2020. Cependant, le nombre d’établissements de crédit en déficit de constitution des réserves obligatoires est demeuré à quatre entre les deux périodes.

Les coûts du crédit sont plus faibles Guinée Equatoriale

Les conditions des banques de la Cemac sont caractérisées, au cours du premier semestre 2020, par une légère baisse du coût des crédits à court et à moyen terme, alors que l’offre des crédits à long terme a connu un léger durcissement. En effet, les taux d’intérêt nominaux sont respectivement de 7,73% pour le court terme (contre 8,02 % au deuxième semestre 2019), 9,18% pour le moyen terme (contre 9,27 % au deuxième semestre 2019) et 7,88 % pour le long terme (contre 7,39% au deuxième semestre 2019). En prenant en compte les autres frais (commissions, assurances, frais annexes, hors taxes), les taux effectifs globaux (TEG) pour la Cemac se sont situés respectivement à 9,39 % pour les crédits à court terme, à 11,63 % pour les crédits à moyen terme et à 9,13 % pour les crédits à long terme. Au niveau des pays, la République Centrafricaine et le Gabon ont affiché les taux effectifs globaux moyens les plus élevés sur les différents types de concours. En revanche, c’est surtout en Guinée Equatoriale que les coûts du crédit sont les plus faibles.

Les prêts aux particuliers et aux PME sont plus chers

La politique d’offre de crédit met également en exergue une certaine disparité des taux selon la nature de l’emprunteur. Globalement, dans la Cemac, les prêts aux particuliers et aux Petites et moyennes entreprises (PME) sont les plus onéreux (respectivement 10,73% et 8,95 %). Les grandes entreprises, qui ont généralement la majorité des prêts (environ 1315,2 milliards de Fcfa au cours de la période), bénéficient par contre des taux débiteurs les plus faibles, situés en moyenne à 6,56 %. Cette distribution des taux entre les contreparties traduit la perception des profils de risque que les établissements de crédit ont sur chaque segment de leur clientèle. En l’occurrence, les particuliers et les PME sont généralement perçus comme des signatures à fort potentiel de risque, en raison notamment du faible volume des informations financières que les établissements de crédit possèdent sur eux. Par contre la faiblesse des taux appliqués aux grandes entreprises est justifiée par la disponibilité et la qualité des informations financières existantes pour ces types de clients.

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