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Les enjeux de la restructuration de NFC Bank et UBC

L’Etat du Cameroun a annoncé le plan et le mécanisme de restructuration de ces deux institutions bancaires.

National Financial Credit Bank SA (NFC-Bank) et Union Bank of Cameroon (UBC) verront bientôt le bout du tunnel de leur turbulence, avec le ton de la restructuration qui a été donné dans une correspondance de Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d’Etat Secrétaire général de la présidence de la République(Sgpr), dans laquelle il transmet la position de la présidence de la République au Secrétaire général des services du Premier ministre. «J’ai l’honneur de vous faire connaître que le Président de la République autorise la prise en charge par l’Etat, du coût de la restructuration à concurrence d’un montant ne pouvant excéder 29,126 milliards de Fcfa pour la National Financial Credit Bank SA (NFC-Bank) et 17,681 milliards de Fcfa pour Union Bank of Cameroon (UBC)», écrit Ferdinand Ngoh Ngoh. La correspondance du Sgpr est une réponse à la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) qui avait donné à l’Etat du Cameroun jusqu’au 28 février 2021, pour mettre en oeuvre le plan de restructuration de ces deux banques qui avaient été placées sous administration provisoire en 2009.

Ce plan transmis à la Cobac en 2019 prévoyait une reconfiguration du capital des deux établissements. «Pour UBC par exemple, Ecobank, qui avait repris les parts du Nigerian Oceancic Bank International dans le capital de UBC (54% des parts) va payer un ticket de sortie. L’Etat va y injecter des fonds (17,681 milliards), au titre de rachat des créances douteuses, prendre ainsi une partie du bilan et le nettoyer. La Société de recouvrement des créances (SRC) pourra ensuite procéder au recouvrement forcé desdites créances». S’agissant de NFC-Bank qui était sous administration provisoire avant de revenir à la normale, le plan de restructuration prévoit un rachat d’actions et de créances douteuses, la rationalisation de la gestion avec signature d’un contrat de performance, la recherche d’un repreneur et la cession des parts. Un modus opérandi que l’Etat a déjà expérimenté par le passé avec Commercial-Bank of Cameroon (CBC) et qui s’est soldé par un succès.

Sur les pas de CBC

Tout porte à croire que l’Etat du Cameroun veut rééditer l’expérience de la CBC, tant ses résultats sont aujourd’hui probants. Au 31 décembre 2019, la banque annonçait avoir réalisé un résultat positif de 2,5 milliards de Fcfa, soit une hausse d’un milliard comparé à son résultat réalisé en 2017. Une performance satisfaisante qui renvoie aux calendes grecques la mauvaise gouvernance qui avait poussé l’Etat, en 2009, à mettre cet établissement de crédit sous administration provisoire.

Sorti de redressement en 2016, la banque s’était vue attribuer un cahier de charges dans le cadre d’un contrat de performance signé entre Léandre Djummo, son Directeur Général, et Louis Paul Motaze, ministre des Finances et représentant de l’Etat du Cameroun. Axé sur une période de 3 ans (2018-2020), l’objectif majeur de ce contrat de performance était d’asseoir dans l’établissement, un cadre de gouvernance conforme aux bonnes pratiques, parvenir à une consolidation de l’assise financière de la banque au regard des normes prudentielles en vigueur et préparer l’ouverture du capital de la banque au profit des investisseurs crédibles, conformément à l’engagement de l’Etat-actionnaire majoritaire. Avec un résultat net positif de 2,5 milliards de Fcfa et des fonds propres de 23 milliards de Fcfa en 2019, CBC a largement dépassé les objectifs qui lui étaient assignés. Suffisant pour que la Banque envisage une augmentation de son capital de 12 à 16,5 milliards de Fcfa.

Des résultats qui avaient d’ailleurs suscité la satisfaction du FMI, lors de la 5ème revue du programme économique et financier triennal avec le Cameroun en novembre 2019. «Les autorités ont bien géré la situation de banques en difficulté dans un passé récent », avait écrit la mission conduite par Amadou Sy.

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