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Les solutions de l’Etat pour faciliter l’accès des PME aux crédits

La budgétisation de 200 milliards de Fcfa pour les garanties en 2021, la perspective d’un élargissement de celles-ci en collaboration avec la Beac, et la pénalisation de l’insolvabilité sont quelques actions énumérées par le ministre des Finances devant les députés, le 19 novembre dernier à Yaoundé.

Le problème de l’accès des Petites et moyennes entreprises (PME) particulièrement en ce contexte de crise économique et sanitaire, préoccupe au plus haut niveau les députés et le gouvernement. Au cours de la séance plénière d’adoption du projet de loi de Règlement pour l’exercice 2020, le 19 novembre dernier à Yaoundé, la représentation nationale n’a pas manqué de questionner le ministre des Finances (Minfi), qui défendait ledit projet sur les mécanismes mis en place par le gouvernement, pour résoudre cet épineux problème qui plombe le développement économique comme l’a relevé l’honorable Essomba Bengono, député du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) issu du département de la Mefou et Akono. En réponse, Louis Paul Motaze a indiqué qu’un ensemble de mesures a été pris à cet effet.

Au-delà du vote d’une loi qui punis l’insolvabilité de crédit dont le taux se situe actuellement à 15% au Cameroun, ce qui décourage les banques à octroyer des crédits, l’Etat a entrepris d’apporter des garanties à ces dernières, afin qu’elles puissent financer les structures de petites et de moyennes tailles qui en ont besoin. C’est ainsi qu’il a décidé de la mise sur pied d’une politique de garantie de 200 milliards de Fcfa budgétisés à cet effet au cours du présent exercice qui s’achève selon le Minfi. Parlant du mécanisme, il s’explique : « Si la banque trouve un projet bancable ou rentable et demande des garanties, la PME peut en ce moment se tourner vers l’Etat qui va la lui accorder. 200 milliards de Fcfa auxquels j’ai fait allusion, ne servent pas à financer les PME. Ce sont les banques qui financent et l’Etat apporte juste la garantie nécessaire ».

Cette mesure vient répondre à une préoccupation soulevée par Célestin Tawamba, le président du Groupement inter patronale du Cameroun (Gicam) le 25 août 2021 à Paris-Longchamp, dans le cadre des Rencontres des entrepreneurs francophones (REF) initiées par le Mouvement des entrepreneurs de France (Medef), pour plaider pour un financement accru de ces structures souvent refoulées par les banques classiques. « En Afrique, il y a la culture du remboursement de la dette qui est un problème. C’est une chose. Il y a la sécurisation, notamment les garanties. Il y a un problème de pondération des garanties. En Europe, la manière dont on pondère les garanties n’est pas la même que dans nos pays. Il faut voir cela au niveau du régulateur. A cela s’ajoute également l’environnement des affaires, la sécurisation juridique et judiciaire qui sont toutes aussi importantes », a-t-il souligné.

En outre, il a indiqué qu’avec la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), l’Etat camerounais est entrain de vouloir élargir la gamme des garanties sans toutefois donner d’amples explications. Ces mécanismes sus évoqués viennent ainsi palier aux difficultés que rencontre la Banque camerounaise des petites et moyennes entreprises (Bcpme) créée justement pour résoudre ce problème. D’autre part, la question du financement des PME avait déjà été abordée au cours d’une récente séance de travail entre le ministre des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) et le Gicam à Douala. De celle-ci, il est ressorti qu’un accent devait être mis sur des financements innovants comme le crowdfund ou financement participatif, même si le soutien apporté aux PME pour lutter contre l’impact de la Covid-19 demeure indispensable.

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