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Les solutions pour limiter les prêts non performants dans les banques

Selon une étude de la Beac, au delà des réformes structurelles requises pour booster la croissance économique des pays de la Cemac, une baisse des tensions de trésorerie des Etats et une amélioration des ressources dédiées à la gestion des risques de crédit au sein des banques est nécessaire.

Le ratio des prêts non performants a fortement augmenté dans tous les pays de la Cemac sur la période 2010-2018. Ce constat est fait par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) dans une étude. Selon celle-ci, ces évolutions ont entrainé une forte dégradation de la qualité du portefeuille de crédits bancaires sur la période sous-revue. Outre la détérioration de la situation financière des banques, « cette montée du ratio des prêts non performants constitue aussi un frein à la distribution des crédits bancaires. En effet, les contraintes de provisionnement des prêts non performants prescrites par la réglementation micro prudentielle, impliquent une immobilisation de ressources potentielles pouvant être mobilisées pour le financement bancaire des économies», indique l’étude. Afin de limiter l’incidence de la dégradation de la qualité du portefeuille de crédits bancaires sur l’activité économique, l’étude suggère qu’au delà des réformes structurelles requises pour booster la croissance économique des pays de la Cemac, une baisse des tensions de trésorerie des Etats et une amélioration des ressources dédiées à la gestion des risques de crédit au sein des banques, devraient favoriser une inflexion de la dynamique haussière du ratio des prêts non performants des banques de la Cemac observée sur le passé récent.

Selon certains experts, l’évolution des prêts non-performants des banques peut être expliquée par trois catégories de facteurs : les facteurs macroéconomiques ; les facteurs spécifiques aux banques ; et les facteurs spécifiques aux contrats de crédits. Les facteurs spécifiques aux banques se rapportent notamment à l’environnement macroéconomique, aux politiques économiques et aux termes de l’échange. Quant aux facteurs spécifiques aux banques, il s’agit de diverses caractéristiques de leurs situations financières susceptibles d’impacter leurs décisions de crédit. Pour finir, les facteurs spécifiques aux contrats de crédits ont notamment trait aux critères d’octroi de crédit et à leur dynamique.

L’étude de la Beac a examiné les déterminants macroéconomiques et spécifiques aux banques du ratio des prêts non performants des banques des pays de la Cemac sur la période 2010- 2018. A partir d’un échantillon de 37 banques sur la période sous revue et en utilisant divers estimateurs de panels dynamiques, il est prouvé qu’une croissance économique plus élevée diminue le ratio des prêts non performants des banques dans la Cemac. Par ailleurs, une hausse de la part des charges opérationnelles dans le total du bilan des banques est également associée à une diminution du ratio des prêts non performants. Ainsi selon l’étude, une augmentation des ressources dédiées au suivi et à la gestion des risques de crédit dans les banques de la Cemac pourrait également contribuer à endiguer la hausse du ratio des prêts non performants observée au cours des dernières années. Pour finir, des niveaux plus élevés du ratio du service de la dette aux recettes budgétaire et du ratio du crédit au total du bilan favorisent une augmentation du ratio des prêts non performants des banques.

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