Jica : 20 ans de réalisations concrètes au Cameroun

Avec 353,3 milliards de Fcfa mobilisés, l’Agence japonaise de coopération internationale a construit plus de 120 établissements scolaires et 1 500 salles de classe, formé 40 000 riziculteurs, construit 400 forages et accompagné 1 500 entreprises du secteur privé.

Présente au Cameroun depuis 2006, l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) a célébré ses 20 ans de coopération avec le pays le 4 août dernier à Yaoundé, au cours d’une cérémonie présidée par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey. C’était en présence du vice-président de cette organisation internationale, Ando Naoki, de l’ambassadeur du Japon au Cameroun, Minami Kentaro, ainsi que de représentants des administrations publiques, des partenaires techniques et financiers et du secteur privé. Loin d’être une simple célébration, l’événement a permis de passer en revue les réalisations de la Jica au cours des 20 dernières années au Cameroun.

Selon le bilan présenté par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, l’Agence japonaise de coopération internationale a financé et soutenu de nombreux projets dans des secteurs jugés prioritaires, notamment l’éducation, l’agriculture, la pêche, les infrastructures, l’énergie, le développement du secteur privé, la gestion durable des ressources naturelles et le renforcement du capital humain. 

Concrètement, en termes de chiffres, avec 353,3 milliards de Fcfa mobilisés, elle a construit plus de 120 établissements scolaires et 1 500 salles de classe, formé 40 000 riziculteurs, construit 400 forages et accompagné 1 500 entreprises du secteur privé. Il convient de souligner que la Jica accompagne également les autorités camerounaises dans l’amélioration des capacités institutionnelles, la formation des ressources humaines et la promotion du volontariat à travers le déploiement d’experts et de volontaires japonais auprès des collectivités, des établissements de formation et des administrations publiques.

Les trois mécanismes de financement

Ces réalisations reposent sur trois principaux instruments de coopération, notamment les dons, les prêts concessionnels et la coopération technique, chacun répondant à des objectifs spécifiques. Une partie des financements prend la forme de dons. Il s’agit de ressources non remboursables destinées principalement aux infrastructures sociales, notamment les écoles, les centres de santé, les réseaux d’adduction d’eau potable et les équipements publics.

Contrairement aux financements commerciaux, ces prêts sont accordés à des conditions préférentielles, avec des taux d’intérêt réduits, de longues maturités et des périodes de grâce. Ils servent principalement au financement de grands projets d’infrastructures.

Le troisième pilier est la coopération technique. Elle ne repose ni sur des transferts financiers directs ni sur des prêts. La Jica finance l’envoi d’experts japonais, la formation de cadres camerounais, la réalisation d’études, les transferts de technologies ainsi que le déploiement de volontaires japonais. Les quelque 36 000 riziculteurs formés et la diffusion de la méthode Kaizen auprès d’environ 1 500 entreprises illustrent cette composante.

Au-delà du bilan particulièrement satisfaisant, les deux parties ont réaffirmé leur ambition d’ouvrir une nouvelle phase de coopération davantage orientée vers la transformation structurelle de l’économie camerounaise, le développement du capital humain et l’intégration régionale, en parfaite adéquation avec les priorités de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). Pour cela, « il faudrait l’institutionnalisation d’un dialogue stratégique permanent entre le Cameroun et la Jica, le renforcement de la préparation et de la maturation des projets d’investissement, la réouverture et l’élargissement de l’accès aux financements concessionnels japonais, ainsi que le développement de nouveaux axes de coopération dans des domaines à fort potentiel, notamment l’intelligence artificielle, la transformation numérique, la gouvernance électronique et les technologies émergentes », a plaidé Alamine Ousmane Mey.

Cette nouvelle orientation est déjà perceptible. Fin mai 2026, la Jica a lancé un projet de coopération technique consacré à la restauration des paysages de savane et de forêt par l’agroforesterie. Cette initiative élargit le champ d’intervention de l’agence japonaise aux enjeux liés au climat et à la gestion durable des ressources naturelles, tout en maintenant son soutien aux infrastructures, à l’agriculture et au développement des compétences.

Les perspectives tracées lors de cette commémoration sont claires. Le Cameroun veut faire de la Jica un levier de sa Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui mise sur l’industrialisation et la croissance inclusive. L’introduction de l’intelligence artificielle et de la gouvernance électronique dans le dialogue bilatéral n’est pas un gadget. Elle vise à répondre à des défis concrets : digitaliser les services publics, améliorer la collecte des impôts ou encore optimiser les rendements agricoles grâce à des données précises. Le Japon, de son côté, y voit un terrain d’expérimentation pour ses technologies, tout en consolidant une présence diplomatique et économique en Afrique centrale.

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