Coopération financière: Où en est-on avec le nouveau programme Cameroun-FMI ?

Depuis la conclusion du précédent en juillet 2025, le nouvel accord se fait attendre malgré les consultations achevées en mars 2026 avec le Fonds monétaire international qui, jusqu’ici, tarde à se prononcer, mettant l’Etat dans l’incertitude d’appuis budgétaires des bailleurs pour financer son développement.

Depuis l’achèvement du précédent programme avec le Fonds monétaire international (FMI) en juillet 2025, le Cameroun et cette institution ont depuis poursuivi leur dialogue, notamment à travers les consultations au titre de l’Article IV (du 29 au 12 février 2026) conclues en mars 2026. Cependant, si les discussions relatives à un nouveau Programme économique et financier se poursuivent selon les autorités, jusqu’ici, aucun nouvel accord n’a encore été formellement approuvé par le Conseil d’administration du FMI. On ne sait toujours pas si l’institution de Bretton Woods va consentir à un nouveau programme économique et financier avec Yaoundé. Ses données officielles disponibles au 30 juin 2026 indiquent toujours comme derniers accords financiers, ceux arrivés à expiration le 28 juillet 2025. Or, « le Cameroun est engagé dans un processus de discussions et de préparation d’un nouveau Programme économique et financier avec le FMI, mais celui-ci n’est pas encore formellement conclu », renseigne la fiche technique sur le nouveau programme attendu produite par le ministère des Finances (Minfi).

Les enjeux macroéconomiques et financiers

L’enjeu pour le Cameroun à travers ce nouvel accord tant espéré est, dit-on, « de parvenir à un cadre qui consolide la stabilité macroéconomique tout en préservant les marges nécessaires au financement de ses priorités de développement ». C’est sur cette base que le principe d’un nouveau programme a été examiné au niveau gouvernemental depuis 2025. Les autorités ont particulièrement évalué l’intérêt de poursuivre la coopération avec le FMI, en raison de son effet sur la mobilisation des appuis budgétaires et des financements des autres partenaires. « Le nouveau programme économique et financier éventuel avec le FMI et d’autres partenaires techniques et financiers, sera destiné à soutenir la stratégie nationale de développement, en captant d’importants appuis budgétaires, pour financer le budget d’investissement public », indiquait le ministre des Finances, Louis Paul Motaze en ouvrant les séminaires de préparation du budget 2027, les 28 et 29 juillet 2026. 

Si l’argentier camerounais parle du nouveau programme en terme « d’éventualité », c’est dire que le long silence de l’institution financière internationale, partenaire stratégique du Gouvernement depuis des années, met ce dernier dans l’embarras. Toute chose qui laisse planer des incertitudes à propos de sa conclusion cette année.

Les principales priorités du nouveau programme attendu

Pourtant, en 2026, les relations avec le Fonds se sont poursuivies dans le cadre de la consultation au titre de l’Article IV. Le Conseil d’administration du FMI a achevé cette consultation le 25 mars 2026. Les principaux sujets susceptibles de structurer le prochain programme sont notamment : la consolidation budgétaire, l’accroissement des recettes non pétrolières, la maîtrise de la dette publique et des risques budgétaires. A cela s’ajoutent entre autres, l’amélioration de l’efficacité de la dépense publique, la gestion des investissements publics, l’apurement des arriérés, la réforme et la gouvernance des entreprises publiques, le secteur financier et la poursuite des réformes de gouvernance et de gestion des finances publiques. Des priorités ressortent notamment des conclusions de la consultation de 2026 au titre de l’Article IV susmentionné.

Le précédent Programme économique et financier du Cameroun, soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et le Mécanisme élargi de crédit (Medc), est arrivé à son terme en juillet 2025. Le Conseil d’administration du FMI a achevé la huitième et dernière revue le 24 juillet 2025. Cette décision avait notamment permis un dernier décaissement de 55,2 millions de DTS (droits de tirage spéciaux, ndlr), soit environ 75,7 millions de dollars, au titre de la FEC et du Medc.

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