Gouvernance numérique : L’interopérabilité des plateformes publiques au centre des débats

Du 14 au 17 octobre, le Palais des Congrès de Yaoundé accueille E-GovA 2026. Administrations, entreprises et partenaires au développement y traiteront de l’interopérabilité des plateformes publiques, de la protection des données et du coût de la connexion.

Le salon sur la gouvernance électronique et la transformation digitale en Afrique (E-GovA) se peaufine. Ses organisateurs l’ont présenté le 1er octobre au siège du Minpostel, treize jours avant son ouverture. Le thème retenu associe l’intelligence artificielle et la gouvernance électronique à la construction de services publics dans une Afrique sans cash et sans papier.

Au cours de cette rencontre, Beaugas Orain Djoyum, président du comité d’organisation, a présenté les objectifs du rendez-vous. Il s’agit de permettre aux administrations camerounaises et africaines de montrer aux citoyens les solutions numériques conçues pour leur quotidien. Les organisateurs veulent contribuer à une administration « cashless, paperless et seamless », c’est-à-dire sans espèces, sans papier et sans rupture entre les services.

L’événement, prévu du 14 au 17 octobre dans la capitale politique, réunira des administrations, des entreprises technologiques, des experts et des partenaires au développement, dont la Banque mondiale et la GIZ. Le Cameroon International Tech Summit, le Reptic et le Cadit accompagnent l’organisation. Le salon est porté par Digital Business Africa et Smart Click Africa. Il se déroule en marge du Cameroon International Tech Summit, désigné comme partenaire stratégique.

Un programme qui couvre l’ensemble de la chaîne

Le 1er octobre, les organisateurs ont présenté le programme en présence de Mohamadou Saoudi, secrétaire général du Minpostel, représentant le ministre. Ledit programme comprend un salon, un sommet, des panels thématiques, des Awards, un hackathon, des démonstrations, des masterclass et des ateliers de formation destinés aux agents publics. Les panels traiteront de la gouvernance des données, de la cybersécurité, de l’identité numérique, des paiements numériques, de l’intelligence artificielle et de la formation des agents publics.

L’événement doit réunir quatre catégories d’acteurs : ceux qui conçoivent les politiques publiques, ceux qui développent les solutions technologiques, ceux qui accompagnent et financent la transformation digitale et les citoyens qui utilisent ces services.

L’interopérabilité, point central des échanges

Le principal enjeu avancé par les organisateurs tient à la communication entre les plateformes publiques déjà déployées. Beaugas Orain Djoyum a de ce fait déclaré : « Notre intérêt, c’est de réfléchir sur les mécanismes d’interopérabilité des différentes plateformes qui sont mises en place au Cameroun. »

L’enjeu porte sur le passage d’une multiplication de plateformes à un ensemble de services connectés. Ces services doivent échanger des données, réduire les démarches et éviter à l’usager de fournir plusieurs fois les mêmes pièces. Sans cette étape, chaque administration conserve ses propres bases et l’usager reste le point de jonction entre des systèmes qui ne se parlent pas.

Autres problèmes à relever

En 2025, un acteur du secteur privé des datacenters avait indiqué que l’administration et de nombreuses entreprises publiques continuaient de privilégier des clouds étrangers pour héberger leurs applications et leurs données, y compris dans la finance, la santé, la sécurité et l’identité. Il pointait également la gestion des fonds destinés au numérique, comme le Fonds spécial des télécommunications, le Patnuc financé par la Banque mondiale et la redevance informatique. La présence de la Banque mondiale à E-GovA 2026 place ces questions de financement et de gouvernance des projets dans le champ des discussions.

L’expérience des marchés publics éclaire le sujet. En 2021, seuls 104 contrats avaient été passés en ligne, pour 11 milliards de Fcfa. En 2022, le ministre des Marchés publics attribuait ce faible taux à des contraintes techniques et à la résistance au changement d’acteurs qui jugeaient les procédures électroniques complexes. Le programme de formation des agents publics prévu à E-GovA répond à ce point. Une plateforme d’apprentissage en ligne a d’ailleurs été annoncée pour former 15 000 agents publics à l’intelligence artificielle, à la blockchain et à la transformation digitale.

Ce que le salon doit produire

Pour les entreprises, E-GovA représente un espace de démonstration face aux acheteurs publics et aux bailleurs. Pour les administrations, il offre l’occasion de comparer leurs outils et de déterminer des normes d’échange communes. Pour les partenaires au développement, il permet de situer leurs financements dans une stratégie d’ensemble.

Les résultats se mesureront aux engagements pris à l’issue des quatre jours. Trois points serviront de repère. Le premier concerne l’adoption d’un cadre d’interopérabilité entre les plateformes de l’État. Le deuxième porte sur le calendrier de mise en place d’une autorité de protection des données. Le troisième touche à la réduction du coût de la connexion pour les usagers et les entreprises. Ces sujets relèvent à la fois du Minpostel, du ministère des Finances et des opérateurs télécoms.

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