Fêtes de fin d’année : Congelcam alerte sur les risques de pénurie et de flambée des prix du poissons

Au cours d’un point de presse donné ce 15 octobre 2026 à Yaoundé,  le principal importateur de poissons au Cameroun dénonce la réduction de ses quotas d’importation de 200.000 à 100.000 tonnes en 2026, non sans réfuter également les accusations de monopole dont il fait l’objet.

L’approvisionnement du marché camerounais en poisson pourrait connaître des tensions à l’approche des fêtes de fin d’année. C’est l’alerte lancée ce 15 octobre 2026 par Congelcam S.A., qui met en cause la réduction de ses quotas d’importation et les délais nécessaires à l’acheminement des marchandises. Lors d’un point de presse, l’entreprise a en effet appelé les pouvoirs publics à réexaminer les autorisations à elles accordées, au regard des besoins du marché national.

Selon Joseph Flavien Kankeu, responsable de la Communication de Congelcam, la société avait importé 200.000 tonnes de poisson en 2025 et souhaitait maintenir ce volume en 2026. Mais son quota a été ramené à 100 000 tonnes cette année par le gouvernement à travers le ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales. Sauf qu’au bout de sept mois, les stocks de l’entreprises étaient épuisés. Et pour y remédier dans le but de continuer à répondre à la demande nationale, « nous avons adressé, le 18 septembre 2026, une correspondance au ministre compétent pour solliciter un réajustement de notre quota à hauteur de 100 000 tonnes supplémentaires. En réponse, un quota additionnel de seulement 30 000 tonnes nous a été accordé», déplore Joseph Flavien Kankeu.

Or, selon les projections avancées par l’entreprise, ce volume pourrait être consommé en deux mois environ. Congelcam estime ainsi que les étals pourraient être fortement dégarnis dès la fin novembre, avec un risque de pénurie et de renchérissement du poisson jusqu’à la première moitié de mars 2027. L’entreprise rappelle que les opérations d’importation nécessitent généralement un à trois mois entre les autorisations, les commandes et l’acheminement.

Des enjeux économiques et sociaux

L’alerte intervient alors que le poisson représente une source importante de protéines pour les ménages camerounais. A cet effet, une contraction de l’offre pourrait peser sur le pouvoir d’achat, particulièrement durant les fêtes de fin d’année, période de forte consommation. Elle affecterait également les commerçants et les distributeurs, ainsi que les activités économiques liées à l’importation, au stockage et à la commercialisation des produits halieutiques.

Congelcam indique disposer d’une capacité de stockage de 104 000 tonnes à Douala, à laquelle devrait s’ajouter un entrepôt de 10.000 tonnes au port de Kribi. Pour son responsable de la communication, « les infrastructures, les moyens logistiques et les capacités de distribution doivent pouvoir s’articuler avec une politique d’importation adaptée aux besoins effectifs du marché ».

L’entreprise fondée par le Sénateur et homme d’affaies Sylvestre Ngouchinghe conteste par ailleurs les accusations de monopole. Elle rappelle que, selon les déclarations du ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales devant le Parlement, environ 34 opérateurs ont reçu des avis techniques d’importation. Elle estime toutefois que l’existence d’autorisations ne garantit pas que les opérateurs disposent des capacités financières et logistiques nécessaires pour approvisionner effectivement le marché.

Un différend financier aux lourdes conséquences

Au-delà des quotas, Congelcam évoque plusieurs contentieux administratifs et financiers. L’entreprise conteste notamment une accusation de droits de douane impayés de 32 milliards de Fcfa, mentionnée dans un rapport de la Commission nationale anti corruption (Conac) en 2018 au titre de l’année 2014. Elle affirme également avoir subi des redressements fiscaux de 2,2 milliards de Fcfa en 2020, de 3,2 milliards en 2022 et de 6 milliards en 2024.

Autre dossier soulevé : la destruction alléguée de 510 conteneurs de poisson débranchés au port de Douala en 2023, qui aurait occasionné près de 13 milliards de Fcfa de pertes. L’entreprise affirme avoir saisi la justice pour obtenir réparation. Ces éléments, présentés par Congelcam, n’ont pas été corroborés par des sources indépendantes dans le cadre de cette rédaction. « Ce que nous réclamons n’est pas un privilège. C’est l’équité, la transparence, le respect du droit », soutient encore Joseph Flavien Kankeu. L’entreprise demande notamment une clarification des critères de calcul des quotas et une application équitable des règles fiscales et douanières.

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