Financement des jeunes : Le Fogajeune passe au crible 1 300 projets pour 2,8 milliards de Fcfa

Le Fonds de garantie aux jeunes entrepreneurs poursuit son déploiement avec l’examen de nouveaux projets issus des villages pionniers, des clusters économiques et de publics spécifiques.

L’accès au financement demeure l’un des principaux obstacles à l’entrepreneuriat des jeunes au Cameroun. Face aux exigences de garanties des établissements financiers et aux difficultés d’accès au crédit, les pouvoirs publics ont renforcé les mécanismes d’accompagnement. C’est dans cette dynamique que le Fonds de garantie aux jeunes entrepreneurs (Fogajeune) a examiné 1 300 projets d’investissement représentant près de 2,8 milliards de Fcfa. C’était le 27 octobre 2026, à Yaoundé, lors de la quatrième session ordinaire de son Comité national de crédit et de garantie.

Les travaux étaient consacrés à la sélection des bénéficiaires de l’édition 2026 du Plan triennal spécial jeunes. Les dossiers examinés concernent notamment des jeunes issus des centres de désarmement, démobilisation et réintégration, des déplacés internes et des Camerounais de la diaspora souhaitant investir dans leur pays.

3 360 projets issus de 330 clusters économiques

Selon les données présentées, les Centres multifonctionnels de promotion des jeunes ont enregistré 1 909 projets dans les villages pionniers et 3 360 projets issus de 330 clusters économiques. À l’issue de la présélection départementale, 428 projets de villages pionniers, 34 projets portés dans le cadre de l’Ascnpd et 996 projets de clusters économiques ont été retenus pour l’évaluation nationale. Pour Nina Valérie Gara, cheffe du département des opérations au Fogajeune, cette étape vise à analyser les plans d’affaires, apprécier leur viabilité économique et déterminer les modalités de financement.

Créé en 2023 par le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique (Minjec), à la suite de la transformation de l’ancien Fonds national d’insertion des jeunes, le Fogajeune vise à faciliter l’accès au crédit des promoteurs dépourvus de garanties. Son mécanisme permet de réduire les risques supportés par les banques, notamment face à l’informalité de certaines activités et à l’absence de sûretés.

Deux guichets de financement

Le dispositif repose sur deux guichets : le financement direct des primo-entrepreneurs âgés de 15 à 35 ans et la garantie des crédits accordés aux jeunes entrepreneurs déjà en activité, y compris ceux de la diaspora, souhaitant développer leurs entreprises.

Les secteurs ciblés comprennent notamment l’agriculture, l’économie numérique, l’industrie, l’artisanat et l’innovation technologique. Des filières comme le maïs, le soja et la pêche figurent également parmi les activités prioritaires. Pour assurer le financement et la couverture des risques, le Fogajeune s’appuie sur des conventions avec des banques, des établissements de microfinance et des compagnies d’assurance.

Au-delà de cette session, le dispositif revendique plus de 14 800 projets financés dans le cadre des mécanismes liés au Plan triennal spécial jeunes, ainsi que plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs. L’examen des 1 300 nouveaux dossiers constitue une étape supplémentaire dans cette politique d’insertion économique. Leur évaluation permettra de mesurer la capacité du fonds à transformer les projets entrepreneuriaux en activités viables et génératrices d’emplois.

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