Publication : Un ouvrage pour accompagner la politique de l’import-substitution au Cameroun

Intitulé « Repenser le développement de l’Afrique à l’ère des fractures géopolitiques mondiales », cet livre collectif coordonné par Joubert Nguétse Tegoum, propose un modèle africain d’industrialisation fondé sur la substitution aux importations.

Publié aux Éditions L’Harmattan, l’ouvrage collectif coordonné par Joubert Nguétse Tegoum, économiste et statisticien en service au ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), a été présenté au public le 29 octobre 2026 à l’hôtel Mont Fébé. La cérémonie de dédicace s’est déroulée sous la présidence du Pr Christian Abolo Mbita, inspecteur général chargé de l’Évaluation des services au Minepat, représentant le ministre empêché.

Fort de 360 pages, le livre dresse un diagnostic du retard industriel du continent et propose comme alternative un modèle d’industrialisation par substitution aux importations (ISI). Une orientation qui rejoint la politique engagée par le Cameroun depuis trois ans pour réduire sa dépendance extérieure et renforcer la production locale.

Pour Joubert Nguétse Tegoum, l’Afrique doit repenser ses stratégies de développement face aux résultats encore limités des politiques industrielles mises en œuvre jusqu’ici. « Nous avons constaté que depuis un certain nombre d’années, l’Afrique met en œuvre des politiques et des stratégies de développement et que, jusque-là, le continent reste faiblement industrialisé », explique-t-il. L’ambition des auteurs est ainsi de proposer un modèle susceptible de stimuler la production, de créer des emplois décents et de mieux valoriser les ressources africaines.

Six piliers pour une industrialisation endogène

L’ouvrage s’appuie sur six piliers complémentaires, inspirés notamment des expériences d’industrialisation par substitution aux importations menées dans les années 1960, mais adaptés aux réalités économiques, technologiques et géopolitiques du XXIe siècle.

Le premier pilier concerne la souveraineté productive. Il vise à maîtriser les secteurs stratégiques, réduire la dépendance aux importations et développer la valeur ajoutée locale. Le deuxième repose sur la protection stratégique des industries naissantes, à travers des instruments ciblés tels que les droits de douane, les quotas et les normes, afin de leur permettre de gagner progressivement en compétitivité.

Le troisième pilier porte sur l’intégration industrielle régionale, avec le développement des chaînes de valeur africaines et l’exploitation des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Le financement souverain constitue le quatrième axe. Il est suivi par la promotion d’un État développeur et stratège, appelé à orienter et accompagner la transformation productive. Enfin, le sixième pilier repose sur la valorisation des ressources et des capacités endogènes du continent.

À travers cette contribution, les auteurs entendent alimenter le débat sur les modèles de développement africains et proposer des pistes pour faire de l’industrialisation un véritable moteur de croissance, de création d’emplois et de réduction de la dépendance économique extérieure.

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