Industrialisation : Africa Made It veut générer 34 milliards de dollars en Afrique grâce à la transformation du coton

L’initiative continentale a lancé, le 5 novembre 2026 à Lagos, au Nigeria, une campagne visant à faire de la transformation locale de l’or blanc un levier de croissance, de création d’emplois et de souveraineté industrielle en Afrique.

L’Afrique pourrait tirer près de 34 milliards de dollars US (20 400 milliards de cfa) de contribution annuelle à son Produit intérieur brut (PIB) en développant l’ensemble de la chaîne de valeur du coton, de la fibre au vêtement. C’est l’ambition portée par Africa Made It, une plateforme continentale de plaidoyer en faveur de la souveraineté industrielle, à travers sa nouvelle campagne baptisée « Power, Protect, Purchase », officiellement lancée le 5 novembre 2026, en marge de Canex WKND, à Lagos, au Nigeria.

Cette initiative entend corriger un paradoxe économique persistant. En effet, malgré son importante production cotonnière, le continent demeure essentiellement exportateur de matières premières et importateur de produits textiles finis. Selon les recherches réalisées par Africa Practice, jusqu’à 98% du coton africain est exporté à l’état brut, tandis que le continent ne capte que 2% de la valeur générée par cette ressource. Une situation qui contribue à creuser un déficit commercial annuel estimé à 35 milliards de dollars (21.000 milliards de Fcfa).

Pour inverser cette tendance, Africa Made It préconise une transformation structurelle de la filière, reposant sur trois leviers complémentaires : garantir aux unités industrielles une énergie à coût compétitif, protéger les producteurs locaux contre les importations déloyales et encourager les consommateurs africains à privilégier les vêtements fabriqués sur le continent.

L’enjeu dépasse ainsi la seule valorisation agricole. Le développement des activités de filature, de tissage et de confection pourrait permettre de maintenir près de deux millions d’emplois industriels permanents et de générer 33 milliards de dollars (19 800 milliards de Fcfa) de revenus annuels pour les ménages. Les femmes seraient particulièrement concernées, puisqu’elles représentent actuellement entre 70 et 90 % de la main-d’œuvre des usines de confection africaines.

« Relier directement la récolte de coton à sa transformation sur place, c’est garder sur le continent la propriété intellectuelle, les marges commerciales et les emplois industriels », souligne Marie Wilke, rédactrice en chef du magazine Africa Made It. Pour elle, l’influence grandissante de la culture et de la création africaines dans la mode mondiale, doit désormais s’accompagner d’infrastructures de production capables de retenir localement la richesse générée.

Un investissement de 1,8 milliards de dollars

La concrétisation de cette ambition nécessite toutefois des moyens financiers importants. Africa Made It estime à 1,8 milliard de dollars (1 080 milliards de Fcfa) l’enveloppe nécessaire pour financer les leviers structurels indispensables à la transformation de l’industrie de l’habillement. Ce financement devrait notamment contribuer à combler les insuffisances en infrastructures industrielles et à renforcer les capacités locales de production.

Coordonnée par un réseau de partenaires comprenant notamment Afreximbank, Africa Practice, Africa24 et AllAfrica Media, la plateforme entend mobiliser les investisseurs, les pouvoirs publics et les consommateurs autour de cette nouvelle dynamique.

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