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	<title>Frais d&rsquo;Apee &#8211; Le Financier d&rsquo;Afrique</title>
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		<title>Frais d&#8217;Apee : Ces miliards de Fcfa qui échappent au contrôle des parents d&#8217;élèves</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Joseph Samuel Zoé]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 08:31:00 +0000</pubDate>
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<h5 class="wp-block-heading"><strong><em>À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027 au Cameroun, les contributions exigées par les Associations de parents d’élèves et d’enseignants suscitent une nouvelle fois colère et interrogations. Si leur rôle dans le fonctionnement des établissements publics est difficilement contestable, la forte hausse de ces frais et surtout l’opacité qui entoure leur gestion alimentent la suspicion. </em></strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Le 7 septembre prochain, des centaines de milliers d’élèves camerounais retrouveront le chemin des classes. Pour les parents, cette rentrée scolaire s’annonce une nouvelle fois éprouvante en cette période de conjoncture économique. Entre achat des fournitures scolaires, manuels et tenues, le paiement des frais d’inscription et autres dépenses liées à la scolarité, la facture devient de plus en plus lourde. À cette liste s’ajoutent les frais d’Association de parents d’élèves et d’enseignants (Apee), devenus au fil des années l’un des principaux sujets de tension dans les établissements publics, au point d&rsquo;entrainer le limogeage de certains chefs d&rsquo;établissements scolaire, ou, pire encore, l&rsquo;incarcération des présidents ou autres membres de ces associations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les lycées et collèges publics, la contribution demandée atteint désormais 25.000 Fcfa par élève, contre environ 5.000 Fcfa dans les années 1990. Dans le primaire public, elle tourne autour de 10.000 Fcfa. Une progression spectaculaire qui interpelle, particulièrement dans un contexte marqué par la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages. <em>« Les frais d’Apee ont pratiquement été multipliés par cinq en l’espace de quelques années, alors que les besoins, eux, n’ont pas augmenté »</em>, regrette Simon T., parent d’élève.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une contribution devenue incontournable</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut rappeler qu&rsquo;à l’origine, les Apee ont été conçues comme un mécanisme de solidarité permettant aux parents de contribuer à l’amélioration des conditions d’apprentissage de leurs enfants. Dans les établissements publics, ces ressources servent notamment à financer certains enseignants vacataires, le personnel d’appui, la surveillance, le gardiennage, l’entretien, mais aussi des travaux de construction ou de réhabilitation et l’acquisition de matériel didactique.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pouvoirs publics ont d&rsquo;ailleurs eux-mêmes reconnu ce rôle. En effet, dans un arrêté signé le 12 septembre 2014, l’ancien ministre des Enseignements secondaires, Louis Bapes Bapes, relevait que les Apee étaient devenues une composante importante de la communauté scolaire et jouaient <em>« un rôle essentiel de bailleur de fonds »,</em> certains établissements ne fonctionnant qu’avec leur apport.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dépendance financière explique, en partie, la hausse progressive des contributions.&nbsp;Car plus les établissements sont confrontés à des déficits de personnel et à des besoins matériels, plus les Apee sont sollicitées.&nbsp;Pour Merlin Simo Mambou, secrétaire général régional pour le Centre de la Fédération nationale des Apee, cette augmentation est avant tout un «<em> palliatif budgétaire »</em> face à la baisse ou aux retards des financements publics et à l’accroissement des effectifs.&nbsp;Sans ces contributions, ajoute-t-il, le fonctionnement quotidien de plusieurs établissements serait sérieusement compromis.Mais c’est précisément au niveau de l&rsquo;utilisation de ces fonds que le bât blesse. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, si les parents acceptent de contribuer au fonctionnement des établissements malgré la hausse vertigineuse des frais d&rsquo;Apee, ils veulent savoir à quoi servent les sommes versées. Puisque sur le terrain, le contraste entre les montants collectés et l’état de certaines infrastructures est saisissant. Dans plusieurs établissements publics du primaire et du secondaire, des salles de classe demeurent dégradées, parfois pendant plusieurs années. Les tables-bancs font défaut et les conditions matérielles d’apprentissage restent précaires. <em>« Pire encore, on en est encore à demander aux élèves de cotiser pour l’achat du matériel en vue des travaux pratiques en laboratoire. Certains apprenants sont même obligés de payer pour photocopier des épreuves lors de certaines évaluations »</em>, déplore Adèle Ngoumé, mère de trois élèves dans un lycée de Yaoundé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question prend une autre dimension lorsqu’on mesure le potentiel financier de ces contributions. Dans un établissement comptant&nbsp;3 000 élèves, les seuls frais d’Apee peuvent générer environ&nbsp;75 millions de Fcfa par an, sur la base d’une contribution de 25 000 Fcfa par élève. Dans un réseau scolaire qui compte plusieurs centaines d’établissements, les sommes en jeu se chiffrent ainsi en milliards de Fcfa.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qui contrôle l’argent des parents ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème soulevé par les parents n’est donc pas nécessairement le principe de la contribution. Il porte davantage sur la gouvernance, la traçabilité et le contrôle des fonds collectés.Dans les faits, la gestion apparaît souvent difficile à cerner pour les familles. <em>« C’est généralement le proviseur qui coordonne la gestion de ces fonds en collaboration avec le président de l’Apee. Nous, on est juste chargés de collecter l’argent lors de l’inscription de l’enfant »</em>, témoigne, sous anonymat, un économe d’un lycée de Yaoundé. Toujours selon ce responsable, un état des besoins de l’établissement est normalement établi en début d’année scolaire. Sauf que les parents n&rsquo;ont systématiquement pas droit à un bilan détaillé en fin d’exercice. D&rsquo;où leur questionnement.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est précisément cette absence de visibilité qui nourrit les soupçons. Les contributions étant collectées auprès des familles pour financer un service public d’éducation, les parents réclament une comptabilité accessible, des justificatifs et un bilan régulier des réalisations. <em>« Les parents réclament à juste titre une traçabilité rigoureuse des dépenses. L’opacité dans l’affectation de ces ressources alimente régulièrement la méfiance et la suspicion de mauvaise gestion »</em>, fait encore savoir Merlin Simo. Et ce dernier de laisser entendre que la Fédération nationale des Apee, a élaboré des documents standard destinés à améliorer la traçabilité des fonds. Encore faut-il que les responsables des établissements et des associations se les approprient effectivement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le risque d’un transfert de charge</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la seule transparence, le débat pose une question de fond :&nbsp;jusqu’où les familles doivent-elles financer le fonctionnement des établissements publics<strong>&nbsp;?</strong>&nbsp;La contribution communautaire était initialement destinée à compléter les moyens de l’État. Elle tend aujourd’hui, dans certains établissements, à devenir indispensable, voire incontournable à leur fonctionnement quotidien. D&rsquo;ailleurs, le paiement des frais d&rsquo;inscription dans les lycées au sein des établissements bancaires agréés est conditionné par le versement au préalable des frais d&rsquo;Apee au sein de l&rsquo;établissement.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut dire que pour les ménages disposant de plusieurs enfants scolarisés, l’addition est particulièrement salée. Par exemple, un parent ayant trois enfants dans un lycée doit déjà débourser en tout 75.000 Fcfa au titre de l’Apee, auxquels s’ajoutent les frais d’inscription, fixés à 7 500 Fcfa au premier cycle et pouvant atteindre 10.000 ou 15.000 Fcfa au second cycle, selon le type d’enseignement (général ou technique). Les classes d’examen ajoutent encore d’autres charges. Face à cette situation, le contrôle apparaît comme l’une des principales conditions de restauration de la confiance. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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