{"id":22326,"date":"2026-02-10T12:51:00","date_gmt":"2026-02-10T12:51:00","guid":{"rendered":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/?p=22326"},"modified":"2026-08-13T13:01:09","modified_gmt":"2026-08-13T13:01:09","slug":"abondance-de-tomates-les-failles-structurelles-de-leconomie-camerounaise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/2026\/02\/10\/abondance-de-tomates-les-failles-structurelles-de-leconomie-camerounaise\/","title":{"rendered":"Abondance de tomates : Les failles structurelles de l\u2019\u00e9conomie camerounaise"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019image a chang\u00e9 de d\u00e9cor, mais le malaise demeure.<em>\u00a0<\/em>Il y a sept mois, en effet, les m\u00e9nag\u00e8res de Yaound\u00e9 et Douala se voyaient proposer des cageots de tomates \u00e0 des prix hors norme, culminant \u00e0 11 000, voire 12 000 Fcfa. Aujourd\u2019hui, le contraste est saisissant, avec des \u00e9tals qui d\u00e9bordent et des camionnettes qui sillonnent les march\u00e9s et les quartiers, le cageot s\u2019arrachant parfois \u00e0 des prix d\u00e9risoires, soit 1 500 Fcfa par endroits. En quelques mois, le fruit rouge est pass\u00e9 du statut de denr\u00e9e de luxe \u00e0 celui de produit brad\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cet \u00e9cart extr\u00eame entre p\u00e9nurie et surabondance n\u2019a rien d\u2019anecdotique. Il r\u00e9v\u00e8le, au contraire, une constante marqu\u00e9e par l\u2019absence de r\u00e9gulation efficace d\u2019une fili\u00e8re pourtant strat\u00e9gique pour l\u2019alimentation et l\u2019\u00e9conomie nationale. En effet, lorsque la production chute, les prix flambent et \u00e9tranglent le pouvoir d\u2019achat. Et quand la r\u00e9colte est abondante, les prix s\u2019effondrent, ruinant les producteurs. Dans les deux cas, les pertes sont consid\u00e9rables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Faut-il le rappeler, l\u2019abondance actuelle, si elle soulage les m\u00e9nages, est une mauvaise nouvelle pour de nombreux agriculteurs. Faute d\u2019unit\u00e9s de conservation et de transformation, des tonnes de tomates risquent encore de pourrir dans les champs ou le long des routes. Ce gaspillage chronique traduit une faiblesse structurelle : le Cameroun produit, mais ne sait ni stocker, ni transformer, ni planifier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le probl\u00e8me n\u2019est donc pas la capacit\u00e9 de production, mais la gestion des cycles. L\u2019agriculture camerounaise reste, en effet, largement saisonni\u00e8re, peu m\u00e9canis\u00e9e, d\u00e9pendante des al\u00e9as climatiques et d\u2019une logistique d\u00e9faillante. \u00c0 cela s\u2019ajoute une faible structuration des producteurs, souvent isol\u00e9s face aux interm\u00e9diaires et incapables d\u2019influencer les prix.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour rompre ce cycle infernal \u00e0 l\u2019origine d\u2019importantes pertes agricoles, le gouvernement doit aller au-del\u00e0 des discours. De ce fait, la premi\u00e8re solution consiste \u00e0 investir massivement dans les infrastructures post-r\u00e9colte. Ici, l\u2019accent doit tout d\u2019abord \u00eatre mis sur l\u2019am\u00e9lioration des routes. Car dans les bassins de production, de nombreux agriculteurs peinent \u00e0 \u00e9couler leurs produits, ce qui entra\u00eene tr\u00e8s souvent leur p\u00e9rissement en zone rurale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ensuite, le Cameroun doit s\u2019atteler \u00e0 d\u00e9velopper une v\u00e9ritable industrie de transformation et de conditionnement des tomates. Il s\u2019agit d\u2019encourager l\u2019implantation d\u2019unit\u00e9s de production de concentr\u00e9, de pur\u00e9e ou de sauce tomate, qui permettraient d\u2019absorber les surplus en p\u00e9riode d\u2019abondance. On peut alors regretter l\u2019\u00e9chec du projet de l\u2019usine de transformation de tomates mise en place dans le pays et lanc\u00e9e en 1994. Situ\u00e9e \u00e0 Foumbot, dans la r\u00e9gion de l\u2019Ouest, et dot\u00e9e d\u2019une capacit\u00e9 de 320 tonnes par jour, la Soci\u00e9t\u00e9 des conserveries alimentaires du Noun (Scan) a \u00e9t\u00e9 contrainte de mettre la cl\u00e9 sous la porte au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000. Sur les causes de cette fermeture, les experts mettent en cause le manque de mati\u00e8re premi\u00e8re, les pertes dues au co\u00fbt de production \u00e9lev\u00e9 de la tomate en conserve, ainsi que les tensions li\u00e9es \u00e0 la gestion de l\u2019entreprise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 c\u00f4t\u00e9, les \u00e9conomistes proposent \u00e9galement au gouvernement de mettre en place des incitations fiscales cibl\u00e9es, des cr\u00e9dits agricoles adapt\u00e9s et des partenariats public-priv\u00e9 susceptibles d\u2019attirer des investisseurs nationaux et sous-r\u00e9gionaux. L\u2019on appelle aussi \u00e0 une meilleure structuration en coop\u00e9ratives, qui viendrait renforcer le pouvoir de n\u00e9gociation des agriculteurs. Enfin, la promotion de techniques de conservation simples (s\u00e9chage solaire, transformation artisanale encadr\u00e9e) offrirait des solutions rapides et peu co\u00fbteuses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En somme, l\u2019abondance actuelle de tomates ne doit pas \u00eatre per\u00e7ue comme une simple embellie passag\u00e8re. Bien au contraire, elle peut \u00eatre une source de cr\u00e9ation d\u2019emplois sur le plan local et de limitation des importations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019image a chang\u00e9 de d\u00e9cor, mais le malaise demeure.\u00a0Il y a sept mois, en effet, les m\u00e9nag\u00e8res de Yaound\u00e9 et Douala se voyaient proposer des cageots de tomates \u00e0 des&hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":22328,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","footnotes":""},"categories":[6653],"tags":[8242,8243,8244,8241,7531],"class_list":["post-22326","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-fenetre","tag-abondance","tag-foumbot","tag-societe-des-conserveries-alimentaires-du-noun","tag-tomates","tag-yaounde"],"author_meta":{"display_name":"Joseph Samuel Zo\u00e9","author_link":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/author\/financeafrique\/"},"featured_img":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/tomates-cameroun-300x200.jpg","coauthors":[],"tax_additional":{"categories":{"linked":["<a href=\"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/category\/fenetre\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Fen\u00eatre<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Fen\u00eatre<\/span>"]},"tags":{"linked":["<a href=\"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/category\/fenetre\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Abondance<\/a>","<a href=\"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/category\/fenetre\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Foumbot<\/a>","<a href=\"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/category\/fenetre\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Soci\u00e9t\u00e9 des conserveries alimentaires du Noun<\/a>","<a href=\"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/category\/fenetre\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Tomates<\/a>","<a href=\"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/category\/fenetre\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Yaound\u00e9<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Abondance<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">Foumbot<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">Soci\u00e9t\u00e9 des conserveries alimentaires du Noun<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">Tomates<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">Yaound\u00e9<\/span>"]}},"comment_count":"0","relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 7 mois il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 1 mois il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le f\u00e9vrier 10, 2026","modified":"Mise \u00e0 jour le ao\u00fbt 13, 2026"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le f\u00e9vrier 10, 2026 12:51 pm","modified":"Mise \u00e0 jour le ao\u00fbt 13, 2026 1:01 pm"},"featured_img_caption":"","series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22326","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22326"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22326\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22329,"href":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22326\/revisions\/22329"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22328"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22326"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22326"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lefinancierdafrique.com\/open\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22326"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}