Vous êtes ici
Accueil > Assurances, Economie, Microfinance > Économie > Actualité > Polémique autour du coût du passeport

Polémique autour du coût du passeport

Au cours du point de presse du 8 juin dernier sur la question, le secrétaire général de la Délégation générale à la sureté nationale (Dgsn) a indiqué que la délivrance de ce document se fera en 48 heures. Les usagers en doutent.

«Toute demande ne faisant pas l’objet d’un rejet sera traitée et le document y relatif produit en 48 heures après enrôlement. En cas de rejet, un mail et/ou un SMS précisant le motif et la conduite à tenir seront envoyés instantanément au demandeur aux adresses électroniques et numéros de téléphone renseignés pendant le pré-enrôlement ». Telle est l’assurance qu’a apporté le commissaire divisionnaire Dominique Baya, Secrétaire général de la Délégation générale de la sureté nationale (Dgsn) aux demandeurs de cette pièce d’identité très sollicitée par les voyageurs. Il s’exprimait ainsi au cours d’un point de presse donné à Yaoundé, le 8 juin dernier. Cette sortie intervenait au lendemain de la signature par le chef de l’Etat, de l’ordonnance modifiant et complétant certaines dispositions de la loi de Finances 2021, faisant ainsi passer de 4670 milliards de Fcfa à 5235,2 milliards de Fcfa, le budget général du Cameroun pour l’exercice en cours. De l’ordonnance présidentielle, il ressort que les frais du timbre du passeport vont dès le 1er juillet prochain, passer de 75.000 Fcfa à 110.000 Fcfa, soit une augmentation de 35.000 Fcfa. A cela, il faut ajouter les coûts des timbres apposés sur les documents. Une mesure qui ne cesse de soulever des questions au sein de l’opinion publique. Pourquoi porter à la hausse le coût d’un document qui lui-même peine déjà à être disponible dans les délais impartis ? D’autant plus que ce coût est largement au dessus de ceux pratiqués par d’autres pays de même niveau de développement tels que la Côte d’Ivoire et le Sénégal où il est respectivement de 40.000 et de 20.000 Fcfa tandis qu’il est de 30.000 Fcfa au Togo et au Benin, 55.000 Fcfa au Gabon voisin, 75.000 Fcfa au Tchad et 78.000 Fcfa au Congo.

Des doutes quant aux promesses des autorités

A l’annonce d’un point de presse de la Dgsn, beaucoup s’attendaient à une prolongation de la durée de validité du passeport passant ainsi de 5 à 10 ans comme la carte nationale d’identité (CNI) ou la carte de résident. Toute chose qui pouvait valablement justifier l’augmentation du coût du passeport. A la place, le numéro deux de la police camerounaise s’est contenté d’indiquer que la production du passeport se fera désormais avec plus de célérité. Un « bis repetita » de l’avis de certains qui pensent qu’il ne faut pas s’attendre à grand-chose. Déjà, le 8 janvier 2021 toujours au cours d’un point de presse, le SG de la Dgsn indiquait clairement que « le nouveau passeport qui sera désormais disponible en 48 heures, comptera parmi les plus sécurisés et les plus modernes au monde ». Cela justifierait-il l’augmentation du coût actée par l’ordonnance présidentielle du 7 juin dernier ? Est-on en droit de s’interroger. D’autant plus que face à la pression de certains activistes qui dénonçaient la longueur des délais de production de la CNI, la Dgsn avait mis à la disposition des usagers, des numéros de téléphones à travers lesquels, leurs différentes demandes pourraient trouver des solutions. Bon nombre d’utilisateurs ayant eu recours aux dits numéros, s’avouent déçus. Aucune de leurs préoccupations n’a trouvé de solution via ces canaux. Une technologie moderne en place Entretemps, la police camerounaise a indiqué avoir obtenu du président de la République, la signature d’un contrat de partenariat avec un nouvel opérateur. « L’ancien prestataire ayant supprimé cette activité de son portefeuille », a souligné la Dgsn. « Plusieurs innovations à travers des nouvelles fonctionnalités développées par le prestataire [le consortium germano-portugais Incm-Augentic], permettront davantage de moderniser et sécuriser les nouveaux passeports camerounais ainsi que toute la chaîne de production dédiée à cet effet (paiement électronique par Mobile Money ou par carte de crédit des frais de délivrance du passeport ; prise du rendez-vous en ligne pour l’enrôlement », a insisté le secrétaire général de la Dgsn cité par le site « Investir au Cameroun ». D’après cette source, parvenu à l’étape de l’enrôlement, le demandeur doit se rendre avec les originaux des pièces exigibles dans un centre choisi pour l’ouverture et la vérification du dossier soumis en ligne. Si tout est validé, l’on procèdera alors à la prise des paramètres (photo, empreintes, signature) ; l’impression et la remise d’un récépissé au demandeur. Aussi, les machines de personnalisation de ce nouveau système ont une capacité de production journalière de 1500 passeports en production normale, et 2200 passeports en production optimale.

Laisser un commentaire

Top