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Quelle société civile pour le Cameroun ?

«Le rôle de la société civile dans la participation des femmes et des jeunes à la construction post-Covid 19 en Afrique centrale ». C’est sous ce thème que s’est tenue le 26 octobre dernier en mode virtuel, la première édition du Forum régional de la société civile en Afrique centrale. La rencontre qui a réuni une centaine d’organisations de la société civile issues de sept pays (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, Centrafrique, République démocratique du Congo et Tchad), était présidée par le directeur général adjoint du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) pour la région d’Afrique centrale, Solomane Koné et la cheffe de la Division de la société civile et de l’engagement communautaire, Zeneb Touré.

Quatre points ont meublé les travaux à savoir : le renforcement des capacités économiques des femmes ; le développement des compétences des jeunes pour un meilleur accès à l’emploi ; la construction de la résilience dans la sous-région après le Covid 19 ; l’intégration régionale. Au terme de échanges, les participants ont formulé diverses recommandations allant d’une meilleure prise en compte de la société civile dans l’intégration régionale à travers l’autonomisation économique et le développement des compétences des jeunes, au rôle que devrait jouer la société civile dans la reconstruction post-Covid 9 en Afrique centrale. Mais au-delà de ces conclusions, cette rencontre donne l’occasion de faire une introspection quant au rôle actuel de la société civile au Cameroun. En effet, l’on a observé ces dernières années une grande prolifération du nombre d’Organisations de la société civile (OSC) dans le pays. La plupart se sont spécialisées dans la défense des droits de l’Homme, mais d’autres excellent également dans le domaine de la santé, l’environnement, l’éducation, l’égalité des genres ou l’accompagnement du processus électoral. Seulement, la polémique ne cesse d’enfler quant au véritable rôle de ces acteurs sociaux sensés accompagner le développement du pays.

En effet, les OSC sont appelées à jouer un rôle de contrepoids face aux pouvoirs publics, ceci à travers leur capacité à équilibrer les forces dans la gouvernance au bénéfice de la population. Sauf que, face à la virulence de la critique de certaines organisations face au gouvernement et leur prise de position sur certains sujets, les autorités locales les ont très souvent assimilés à des partis politiques agissant sous cape. Des exemples les récurrents sont venus ces dernières années de la crise sociopolitique dans les deux régions anglophones du pays, où gouvernement et une partie de société civile, ont toujours étalé ouvertement leur désamour l’un pour l’autre. Or, les deux entités devraient travailler en synergie et se compléter.

Il vrai que la crise d’emplois et l’augmentation du taux de chômage observées dans le pays, ont poussé bon nombre d’individus à trouver des alternatives en termes de travail comme partout en Afrique subsaharienne. Par conséquent, les OSC qui se sont grandement professionnalisées sont devenues le gagne-pain de ces acteurs. Surtout que ces derniers sont financièrement soutenus en majorité par les bailleurs internationaux et bilatéraux, qui leur alloue des subventions conséquentes pour leur fonctionnement.

Il convient dès lors que ce soit pour le gouvernement ou les organismes de soutien des OSC, de faire le tri nécessaire pour garder les véritables acteurs d’une société civile à même de poursuivre les objectifs d’intérêt général, et non leurs propres intérêts.

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