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Un secteur en expansion

En un an, le nombre de distributeurs a augmenté de +41% pour atteindre 223 006 en 2020.

selon un récent rapport de la Beac, le paiement en monnaie électronique connait un essor considérable. Au 31 décembre 2020, on dénombrait 223.006 distributeurs de Mobile money à travers la Cemac, contre 158.220 à la fin de l’année 2019, soit une progression de +41%. La Beac attribue cette évolution a la suppression de l’exclusivité des points de distribution. En effet, les distributeurs de proximité disposent très souvent des comptes de paiement chez plusieurs prestataires. Aussi, « ce chiffre ne doit pas être analysé comme une multiplication rapide des points de service, étant entendu que plusieurs prestataires peuvent déclarer le même distributeur dans leur réseau », nuance la banque centrale. Cependant, le nombre de points de service a aussi augmenté. Si on ne peut quantifier ce phénomène, à cause du caractère mobile des distributeurs, force est de constater que le service est disponible dans de nouvelles villes notamment en République Centrafricaine et au Congo.

En 2020, plus de 1,1 milliard de transactions ont été effectuées via les systèmes de paiement par Mobile Money. Il y en avait un peu plus de 797 millions au cours de l’année 2019, soit une progression de +36 %.

66.477 GUICHETS COMMERCANTS EN 2020

En 2020, les paiements des biens et services par monnaie électronique ont dépassé 1 258 milliards de Fcfa, contre 700 milliards de Fcfa en 2019, représentant une progression de 79,71%. En nombre, les chiffres sont passés de 266 millions de paiements en 2019 à 378 millions en 2020 (+41,91 %). Selon la Beac, « l’augmentation des opérations de paiement est à mettre au crédit de la multiplication des points d’acceptation ». En effet, on est passé de 58.531 guichets de commerçants en 2019 à 66.477 en 2020 (+14%). Certains opérateurs ont mené des campagnes de recrutement des épiceries de proximité et des taxis. La valeur moyenne de l’opération de paiement par monnaie électronique a été de 3 325 Fcfa en 2020 contre 2 625 Fcfa en 2019 et 1 837 Fcfa en 2018. En ce qui concerne les canaux, le rapport de la Banque centrale fait savoir que l’Ussd reste le mode d’acquisition privilégié des transactions. Il est d’ailleurs présenté en priorité dans les guichets de commerçants. Les opérateurs ont mis en place un parcours client via un code Ussd long qui permet l’acquisition des transactions en quelques secondes. A côté de l’USSD, d’autres modes d’authentification ou communication sans contact existent notamment le NFC, le QR Code et le NSDT.

5 221 MILLIARDS DE FCFA DE DEPOTS EFFECTUES EN 2020

En 2020, les recharges de porte-monnaie électronique, c’est-à-dire les dépôts en espèces de la clientèle dans les points de vente les opérations de « Cash In », ont atteint 5 221 milliards de Fcfa contre 4 369 milliards de Fcfa pour l’année 2019, soit 19,5 % de progression, contre 30,49 % entre 2018 et 2019. La Banque centrale a noté un faible nombre de DAB/GAB (moins de 2500) dans la Cemac. « Leurs concentrations géographiques, conduisent les utilisateurs à recourir aux points de service de proximité pour effectuer les retraits dans leurs comptes de paiement ». Par ailleurs, la valeur moyenne de l’opération par monnaie électronique dans la Cemac a été de 13.449 Fcfa en 2020 contre 13 .41 Fcfa en 2019 et 14.495 Fcfa en 2018. Cette évolution tendancielle à la baisse du montant moyen de la transaction monnaie électronique est une conséquence de la massification des transactions numériques et de l’inclusion financière.

TAXATION DU MOBILE MONEY : LA BEAC LANCE L’ALERTE

Comme dans beaucoup de pays africains, le Mobile Money fait l’objet d’une taxation spécifique au sein de certains pays de la Cemac. La Beac, dans son rôle de conseiller, tout en accompagnant les Etats à digitaliser leurs services de paiement les alerte sur leurs initiatives d’imposition de taxe sur les transactions de monnaie électronique pouvant entrainer un ralentissement de la marche vers l’inclusion financière. Il est important pour les Etats d’accompagner cette évolution pour sécuriser leurs propres recettes et à terme, bénéficier des effets d’une économie plus formelle. « Il est important pour les États, les PSP et la Beac d’avoir une approche économique globale, concertée, qui viserait à permettre notamment l’élargissement de l’assiette taxable, une évolution de la stratégie de taxation des États qui ne pénalise pas le développement de l’activité des paiements électroniques, mais au contraire permettrait d’accroître le niveau de l’inclusion financière, le niveau de l’acceptation du paiement commerçant (y compris des informels) », suggère la Beac.

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