En marge de sa Master class lors de la 4ème édition de la Finance Week 2026 ce 30 avril 2026, le Gouverneur de la Beac, a tenu à lever toute ambiguïté autour de l’avenir de cette monnaie utilisée par plusieurs pays africains.
Le Gouverneur de la Baque des Etats de l’Afrique centrale, était l’un des intervenants lors de la 4ème édition de la Finance Week d’Ecomatin. Appelé à intervenir sous le thème « Comprendre la Conjoncture économique en zone Cemac : les défis et les perspectives », Yvon Sana Bangui, a d’abord tenu à s’exprimer face aux rumeurs persistantes sur une éventuelle dévaluation du Fcfa. Sur cette question, le patron de la Banque centrale s’est montré catégorique. « Il n’y aura pas de dévaluation du Fcfa (…) Non ! La dévaluation n’a pas été à l’ordre du jour en 2024 ni en 2025, elle ne le sera pas non plus en 2026 », a-t-il déclaré.
Il faut souligner que ce message ferme intervient dans un contexte marqué par la multiplication d’analyses alarmistes. Et pour Yvon Sana Bangui, ces discours reposent souvent sur des lectures « partielles » ou « approximatives » de la situation économique. « Nous avons fait de la transparence une règle absolue », a-t-il insisté, rappelant que les indicateurs publiés par la banque centrale – croissance, réserves de change ou niveau d’endettement – sont « rigoureusement collectés, vérifiés et audités », conformément aux standards internationaux.
Le Gouverneur de la Beac défend ainsi la solidité des fondamentaux macroéconomiques de la Communauté économie des Etats de l’Afrique centrale (Cemac). Selon lui, les données disponibles ne justifient en rien une telle mesure monétaire, souvent synonyme de déséquilibres majeurs. « Le franc CFA n’est pas menacé. Les rumeurs de dévaluation sont totalement infondées », a-t-il martelé, non sans appeler à un traitement responsable de l’information économique, afin de préserver la confiance des populations et des investisseurs.
Une relative résilience de la sous-région dans un environnement international incertain
Dans la foulée de cette mise au point, Yvon Sana Bangui a animé une Master class consacrée à la conjoncture économique de la Cemac, offrant un éclairage détaillé sur les dynamiques en cours. Son diagnostic met en avant une relative résilience de la sous-région dans un environnement international incertain, marqué par des tensions géopolitiques, une croissance mondiale modérée (3,1%) et une inflation encore élevée.
Sur le plan interne, la Cemac affiche une stabilité globale, malgré certaines fragilités. La croissance se maintient, tandis que l’endettement public reste contenu autour de 49,8% du Produit intérieur brut (PIB), en deçà du seuil communautaire. En revanche, le déficit du compte courant se creuse, sous l’effet notamment de la hausse des importations.
Le système bancaire, pour sa part, apparaît en expansion, avec des dépôts en hausse et un volume de crédits en progression. Toutefois, le Gouverneur a relevé des vulnérabilités, notamment une forte concentration des financements au profit du secteur public, qui capte l’essentiel des crédits.
Face à ces constats, Yvon Sana Bangui a identifié plusieurs défis majeurs, à la fois conjoncturels et structurels : consolidation budgétaire, poursuite des réformes économiques et amélioration du respect des critères de convergence. Il a également appelé les opérateurs économiques à investir davantage dans les secteurs porteurs et à respecter les obligations de rapatriement des recettes d’exportation.
En guise de perspective, le gouverneur a réaffirmé l’engagement de la banque centrale à maintenir une politique monétaire adaptée pour préserver la stabilité financière de la sous-région. Un cap qui, selon lui, demeure essentiel pour renforcer la crédibilité de la Cemac et soutenir une croissance durable, sans recourir à l’option de la dévaluation.