La 7e édition de cet évènement organisée à Douala sur le thème « Smart Cities : cap sur le numérique », a servi de cadre d’échanges sur les enjeux du numérique en Afrique en général et au Cameroun en particulier.
« La souveraineté numérique est un sujet d’ordre national. Nous consommons beaucoup de produits numériques qui viennent de l’extérieur. Il est important, voire capital, pour nous de produire et de développer des solutions dont le contrôle reste au Cameroun et en Afrique », a martelé Olivier Djaba, expert financier et consultant, lors de son intervention le mardi 10 juin 2026. Des propos soutenus par Christian Essame, cofondateur de KMR Start-up Hub. « L’Afrique est plus que prête à conquérir l’espace numérique. Les talents ne manquent pas. Il faut simplement que certaines conditions soient réunies pour faciliter notre contribution au développement technologique et numérique du continent », a-t-il argumenté.
Lors de la 7e édition de la Mboa Tech Conférence, Christian Essame a profité de cette tribune pour présenter au public une innovation majeure : « Pyramid Browser ». Ce nouveau navigateur permet aux internautes camerounais de surfer sur le Web en toute sécurité. La véritable révolution de ce projet réside dans son architecture. « Les données de cette solution sont hébergées dans des centres de données camerounais », a précisé le promoteur. Une avancée concrète qui démontre que l’alternative locale est techniquement viable.
Toutefois, beaucoup reste à faire. À ce jour, la contribution de l’Afrique à la production mondiale de contenus numériques demeure marginale. Les rapports sur la souveraineté numérique, notamment ceux de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et des Nations unies, révèlent que le continent génère ou stocke moins de 1 % à 3 % des données mondiales.
Cette faiblesse structurelle s’explique par un déficit criant d’infrastructures de stockage sur le sol africain. Le continent se voit contraint d’importer massivement sa bande passante et dépend encore largement de centres de données (data centers) situés à l’étranger, ce qui pose d’importants risques en matière de sécurité et de confidentialité.
Consommer et produire local
« L’Afrique, de manière générale, consomme encore 99 % de ce qui vient de l’extérieur. Le but des initiatives comme Mboa Tech est de mettre en avant les structures, mais aussi les solutions locales qui prônent la promotion et le développement de technologies conçues par nous-mêmes », a déclaré Alain Ekambi, cofondateur et CEO de Dikalo Sarl. Sa propre plateforme, Dikalo, incarne ce changement de paradigme. Ce réseau social permet aux utilisateurs d’interagir et d’échanger des messages partout dans le monde sans avoir à partager leurs données personnelles. En protégeant la vie privée des utilisateurs tout en valorisant l’expertise locale, cette solution illustre les ambitions portées par l’écosystème technologique camerounais.
La Mboa Tech Conférence 2026 a ainsi démontré que le Cameroun dispose des talents nécessaires pour bâtir les villes intelligentes de demain, à condition de soutenir davantage son écosystème technologique. La 7e édition de l’évènement a réuni des acteurs chevronnés du numérique ainsi que de jeunes étudiants. Pendant deux jours, ils ont été sensibilisés à l’importance de la création de contenus locaux pour favoriser l’émergence du secteur technologique et numérique africain.