Cette réforme du statut général des agents de l’État annoncée le 31 juillet dernier vise à élargir le vivier de recrutement, tout en rompant avec certains mécanismes automatiques de progression de carrière.
Le gouvernement gabonais a décidé de relever de 35 à 40 ans l’âge limite d’accès à la Fonction publique. La mesure, annoncée le 31 juillet 2026 à l’issue d’une séance de travail au ministère de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, s’inscrit dans le cadre de la réforme du statut général des agents de l’État. Elle était au cœur des échanges entre le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, et la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong.
À travers ce changement, l’exécutif entend notamment élargir le vivier de candidats susceptibles d’intégrer l’administration. L’objectif étant de donner davantage de possibilités à des profils expérimentés, y compris ceux ayant construit une partie de leur parcours professionnel en dehors de la Fonction publique. Cette orientation devrait permettre de mobiliser de nouvelles compétences dans des secteurs jugés stratégiques, notamment ceux liés à la souveraineté, à la sécurité et aux services publics essentiels.
La réforme ne se limite toutefois pas aux conditions d’accès à l’administration. Elle touche également à la gestion des carrières. Le principe de l’avancement automatique étant appelé à disparaître au profit d’un dispositif davantage articulé autour des résultats et du comportement professionnel des agents.
Désormais, la progression de carrière devrait notamment tenir compte de trois critères : la performance professionnelle, l’éthique et la ponctualité. Une évolution qui traduit la volonté des pouvoirs publics d’instaurer une culture de résultats au sein de l’administration et de mieux faire correspondre l’évolution professionnelle des agents à leur contribution effective au fonctionnement du service public.
Le nouveau dispositif d’évaluation devrait reposer sur plusieurs niveaux. L’agent sera d’abord appelé à procéder à une auto-évaluation. Celle-ci sera complétée par l’appréciation de la hiérarchie et, fait plus novateur, par l’avis des usagers du service public. Des commissions ministérielles auront ensuite la responsabilité de valider les résultats obtenus. L’ambition affichée est ainsi de rendre l’évaluation plus objective et de rapprocher la gestion des ressources humaines de la qualité du service rendu aux citoyens.
Cette réforme intervient alors que le poids de la Fonction publique demeure un enjeu majeur pour les finances publiques gabonaises. Selon la loi de finances 2026, le plafond global des emplois de l’État s’établit à 119 317 agents, pour une masse salariale de 959,7 milliards de Fcfa. La question est donc de savoir comment concilier l’ouverture du recrutement à des candidats jusqu’à 40 ans avec la nécessité de contenir la progression des dépenses de personnel. La réforme s’inscrit par ailleurs dans un mouvement plus large de modernisation de la gestion publique. Le gouvernement travaille notamment à la numérisation des procédures administratives et à la simplification du traitement des dossiers des agents.
Rappelons que cette nouvelle évolution intervient deux ans après le relèvement de 60 à 62 ans de l’âge limite de mise à la retraite des agents civils de l’État gabonais. L’ordonnance du 8 février 2024 a officiellement fixé cette limite à 62 ans, sous réserve des dispositions prévues par les statuts particuliers.