Une lettre d’intention a été signée le 21 septembre 2026 entre la banque panafricaine et le Fonds mondial pour l’engagement de la communauté et la résilience, dans le but d’établir un cadre de coopération renforcée dans les contextes africains touchés par les conflits.
La lutte contre l’extrémisme violent ne se joue plus uniquement sur le terrain sécuritaire. Elle se déplace progressivement vers celui du développement, de l’inclusion économique et de la résilience des communautés. C’est tout l’enjeu du nouveau partenariat engagé entre la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds mondial pour l’engagement de la communauté et la résilience (Gcerf). Les deux institutions ont signé, le 21 septembre 2026 à New York, une lettre d’intention destinée à établir un cadre de coopération renforcée dans les contextes africains fragiles ou touchés par les conflits.
L’originalité de cette initiative tient au rapprochement de deux approches jusqu’ici souvent conduites séparément. D’un côté, le Gcerf intervient au plus près des populations, notamment à travers des organisations de la société civile et des initiatives communautaires de prévention de l’extrémisme violent. De l’autre, la BAD dispose d’une capacité de financement, d’analyse et d’intervention à l’échelle des États et des économies africaines. Le partenariat cherche précisément à connecter ces deux niveaux.
Cette articulation répond à une réalité bien identifiée par les deux partenaires. D’un côté, la fragilité, l’exclusion et le manque d’opportunités socio-économiques peuvent créer un environnement favorable à l’instabilité et à l’extrémisme violent. Dans cette perspective, prévenir les facteurs de radicalisation ne relève plus seulement de programmes spécialisés. De l’autre côté il s’agit aussi de protéger les acquis des investissements, de renforcer les institutions et de créer des perspectives économiques suffisamment crédibles pour les populations vulnérables.
Le véritable enjeu pour la BAD sera donc de parvenir à intégrer davantage la dimension de résilience dans ses opérations de développement. Les investissements dans les infrastructures, l’agriculture, les services sociaux, l’emploi ou le secteur privé produisent des effets économiques durables lorsqu’ils s’inscrivent dans des environnements suffisamment stables. À l’inverse, dans les zones marquées par les conflits, l’absence de sécurité et la fragilité institutionnelle peut compromettre ces investissements.
Le Gcerf apporte ici une expertise complémentaire. Son implantation au niveau communautaire doit permettre de mieux identifier les vulnérabilités locales et de faire remonter les réalités du terrain dans la conception des politiques et des projets. La BAD peut, de son côté, contribuer à « dérisquer » les investissements, à renforcer les institutions et à aligner les financements sur les priorités nationales, selon Marie-Laure Akin-Olugbade, vice-présidente principale du Groupe de la BAD.
Pour l’heure, la coopération reste au stade de la lettre d’intention. Son impact dépendra donc de sa traduction en programmes et en investissements concrets. Le communiqué prévoit notamment l’identification d’initiatives conjointes, l’apprentissage collaboratif et l’élaboration de politiques et d’investissements plus efficaces dans les contextes fragiles.
Le défi sera notamment de mesurer les résultats obtenus : emplois créés, accès aux opportunités économiques, renforcement des organisations locales, amélioration de la cohésion sociale ou encore capacité des territoires à préserver les investissements réalisés.