C’est l’une des résolutions issues des travaux du Comité inter-États préparatoires à la 46ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (Ueac), qui se sont achevés le 28 septembre 2026 à Brazzaville.
En attendant son adoption lors de la 46ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (Ueac), qui se tiendra dans les prochains jours, le projet de budget de la Commission Cemac pour l’exercice 2027 a été arrêté à 90,2 milliards de Fcfa. Présenté lors des travaux du Comité inter-États préparatoires, présidés en visioconférence à Brazzaville par le vice-président de la Commission, S.E. Charles Assamba Ongodo, ce budget affiche une progression maîtrisée de 5,03 % par rapport à l’année précédente.
Élaboré sous le sceau de la prudence et de la sincérité, ce budget table sur des ressources ordinaires de 61,35 milliards de Fcfa. Toutefois, Charles Assamba Ongodo a insisté sur les défis majeurs liés à son élaboration, notamment la faiblesse chronique du recouvrement de la TCI et le cumul des arriérés de contributions des États, qui atteignaient 263,5 milliards de Fcfa à fin 2025. Il a appelé les membres du Comité inter-États à aborder les travaux avec lucidité et perspicacité, afin de renforcer le système institutionnel et de formuler des recommandations permettant à la communauté de disposer des moyens nécessaires à l’accomplissement du mandat confié par les chefs d’État.
En dressant l’état des lieux, le président du Comité inter-États a rappelé que la situation demeure préoccupante. Face à un taux de recouvrement de la TCI bloqué à 17,7% à mi-parcours en 2026 et à des arriérés de salaires de trois à quatre mois dans les institutions, il a identifié trois grands risques pour l’organisation : le risque de cessation de paiements, menaçant directement l’exercice des charges régaliennes ; le risque social et institutionnel, découlant de la démotivation des agents face aux impayés salariaux ; et le risque de crédibilité, susceptible de fragiliser l’autorité de la Cemac dans le pilotage de l’intégration régionale et de la Zlecaf.
Ces difficultés trouvent leurs causes structurelles dans la dépendance excessive du budget vis-à-vis de la TCI et dans la faiblesse des reversements nationaux. C’est pourquoi le président du Comité inter-États a exhorté les experts à respecter trois exigences : la rigueur technique dans l’examen des prévisions, la solidarité communautaire par-delà les intérêts nationaux et l’efficacité des débats.
Tout en relevant par ailleurs des indicateurs macroéconomiques rassurants fournis par la Beac, avec une croissance sous-régionale projetée à 3,2 % en 2026 et une inflation contenue à 2,4 %, il a insisté sur la nécessité de voter un budget réaliste.