Prix des produits pétroliers : Les interrogations du PDG de KC Trade International

Dans une tribune publiée sur le réseau social professionnel LinkedIn, Cedric Ketchanga chiffre le coût du maintien du gasoil à 828 Fcfa, évoquant l’arrêt de la Sonara et le budget de l’État.

« En mai dernier, je vous alertais sur la fragilité de la stabilité des prix à la pompe, et la structure des prix d’octobre de la Csph (Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures, Ndlr) confirme que le Cameroun paie de plus en plus cher pour maintenir des prix qui n’ont pas bougé depuis février 2024 », écrit Cedric Ketchanga, PDG de KC Trade International, une entreprise camerounaise spécialisée dans l’importation, le stockage et la distribution de produits pétroliers. Selon lui, le pays paie davantage pour maintenir des prix à la pompe qui n’ont pas varié depuis février 2024.

Le coût d’importation du gasoil atteint 974,93 Fcfa le litre en octobre 2026, contre 653,85 Fcfa en juillet, soit 321,08 Fcfa ou 49,1% de plus en trois mois. Le prix à la pompe reste à 828 Fcfa à Douala, ce qui laisse un écart de 146,93 Fcfa par litre à la charge de l’importateur. La cotation moyenne retenue par la Csph passe de 487,08 à 711,52 Fcfa le litre et la prime importateur de 58,14 à 128,27 Fcfa, soit environ 295 Fcfa des 321 Fcfa de hausse.

Pour maintenir le gasoil à 828 Fcfa, la ligne de soutien de l’État passe de 109,22 Fcfa le litre en juillet à 430,30 Fcfa en octobre, soit 321,08 Fcfa de plus. Cedric Ketchanga précise que ce montant ne correspond pas à un décaissement pour chaque litre vendu, la dépense dépendant des volumes éligibles et des modalités de règlement. Il ajoute que cette ligne ne se compare pas à l’écart de 146,93 Fcfa, le soutien se calculant à l’entrée du dépôt de la SCDP, en amont des taxes, de la péréquation et des marges de distribution.

Le ministère des Finances évoque environ 300 milliards de Fcfa de soutien aux prix à la pompe depuis janvier 2026. L’enveloppe des subventions à l’énergie passe de 310 milliards en 2026 à 340 milliards en 2027, carburants et électricité confondus. Selon Cedric Ketchanga, elle a été arrêtée en juillet, avant les structures de septembre et d’octobre, et devra être revue. Le FMI, à l’issue de sa mission du 17 au 30 septembre, anticipe une dégradation du solde budgétaire en 2026.

Au premier trimestre 2026, les importations d’hydrocarbures atteignent 274,3 milliards de Fcfa, en hausse de 2,5 % sur un an, tandis que les recettes d’exportation de brut reculent de 14,4 %, à 152,4 milliards, alors que le Brent progresse de 42,8 % en mars sur un an. Les volumes de brut avaient déjà baissé de 15,6 % en 2025.

Cedric Ketchanga désigne la Sonara comme la source du problème de fond. La raffinerie de Limbé n’a pas redémarré depuis l’incendie du 31 mai 2019. Le plan Parras 24 est abandonné au profit d’un partenariat entre l’État et le privé, après le sondage de marché des 29 et 30 juin 2026. Le rapport d’avant-projet est attendu d’ici à la fin de l’année. Une remise en service réduirait la dépendance aux primes d’importation, au fret et aux risques d’approvisionnement, sans supprimer l’alignement sur les cotations internationales.

Le FMI recommande une formule automatique de fixation des prix, avec des aides aux ménages en situation de vulnérabilité plutôt qu’un gel généralisé. Le Minepat a présenté le 25 août un scénario de répercussion de la moitié de la hausse. L’État peut continuer d’absorber la hausse, au risque d’accroître la pression sur les finances publiques, ou préparer une transition des prix avec une protection des ménages et des secteurs exposés.

Pour Cedric Ketchanga, la question porte sur le coût que représente pour le Trésor le maintien du prix. Il propose la réhabilitation de la Sonara, la sécurisation des approvisionnements, une gouvernance des subventions, un mécanisme de prix automatique et une protection des ménages.

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