Consommation : Boissons du Cameroun lance « Mboa » à 500 Fcfa et mise sur le contenu local

Avec cette nouvelle bière, l’entreprise entend valoriser les approvisionnements nationaux, le verre consigné et les filières agricoles camerounaises.

Boissons du Cameroun poursuit sa stratégie de développement de produits ancrés dans le marché national. Le 9 octobre 2026 à Douala, l’entreprise a lancé Mboa, une nouvelle bière proposée à 500 Fcfa la bouteille en verre consignée de 50 centilitres. Cette opération intervient quelques semaines après le lancement de la boisson énergisante Ferox, présentée le 15 septembre dans la même ville.

Filiale du groupe Castel, Boissons du Cameroun place le contenu local au cœur de sa communication autour de cette nouvelle marque. Aline Ngo Tjesngui, directrice marketing et communication, présente « Mboa » comme une bière célébrant la fierté, l’authenticité et l’identité camerounaises. Selon la responsable, plusieurs intrants utilisés dans la fabrication ou la commercialisation du produit sont d’origine camerounaise, notamment l’étiquette, le gritz de maïs et le sucre. Elle souligne également que le prix de 500 FCFA répond à une attente exprimée par les consommateurs, désireux de disposer d’un produit accessible qui leur ressemble davantage. « Au-delà de tout cela, Mboa, c’est également une histoire. Une histoire de nos consommateurs qui nous ont demandé un produit qui leur ressemble davantage, une bière qui leur ressemble et qui soit accessible », explique Aline Ngo Tjesngui.

Le déploiement commercial se fera progressivement. La marque fait d’abord son entrée sur le marché de la région du Littoral, avant une extension annoncée dans la région de l’Ouest, puis dans celles du Centre et du Nord. L’entreprise affirme viser les consommateurs sur l’ensemble du territoire national. Car, comme l’a d’ailleurs indiqué Bertille Abega chef segment Bières blondes à Boissons du Cameroun, « cette bière raconte l’histoire du Cameroun d’abord à partir de son nom. C’est un nom local, c’est un nom qui tire son origine de la langue douala. Et aussi quand on s’appesantit un peu sur les valeurs que cette marque aujourd’hui, elle incarne les valeurs d’unité, les valeurs d’authenticité, les valeurs de diversité et les valeurs aussi d’appartenance qui aujourd’hui sont des valeurs chères pour le Cameroun ».

Quatre piliers pour le contenu local

Le lancement de« Mboa s’inscrit dans une stratégie de contenu local structurée autour de quatre axes : le développement des approvisionnements nationaux, l’économie circulaire fondée sur le verre, l’emploi et le développement des compétences, ainsi que les investissements dans l’outil industriel ».

En matière d’approvisionnement, Boissons du Cameroun indique acheter 3 000 tonnes de gritz de maïs auprès de Maicam, soit la totalité de la production de ce fournisseur. L’entreprise fait également état de la mobilisation de 1 512 producteurs agricoles. Elle déclare par ailleurs acheter 12 000 tonnes de sorgho auprès de producteurs camerounais, avec l’ambition de porter à 60 % la part du contenu local dans ses activités. Son réseau de fournisseurs comprendrait également 900 PME camerounaises.

Le verre constitue un autre levier de cette politique. La Société camerounaise de verrerie (Socaver), filiale du groupe et présentée comme la seule verrerie d’Afrique centrale, a produit 45 000 tonnes de verre localement, selon les données communiquées par l’entreprise.

En juillet 2023, Socaver a fait réhabiliter son four numéro 1, dont la capacité annuelle de fusion atteint 15 000 tonnes. Selon Boissons du Cameroun, cet équipement contribue à réduire les importations de verre des industriels installés au Cameroun. Le choix d’une bouteille consignée pour Mboa s’inscrit dans cette logique, en favorisant la réutilisation des emballages et la valorisation du verre.

Emploi, PME et capacités industrielles

Sur le volet social et économique, Boissons du Cameroun revendique près de 5 000 emplois directs, avec un objectif de 6 000, ainsi que plus de 100 000 emplois indirects dans la distribution, le transport, le commerce et les services. L’entreprise indique également mobiliser près de 3 000 PME dans sa chaîne de valeur. Celles-ci interviennent notamment dans la fabrication d’étiquettes, de bouchons, de cartons, de bouteilles et de préformes. Parallèlement, des travaux sont menés dans les usines de Douala, Yaoundé, Bafoussam et Garoua afin d’accroître les capacités d’embouteillage et de moderniser les équipements industriels.

À travers le développement des filières agricoles, la valorisation des emballages, la création d’emplois et le renforcement de ses capacités industrielles, Boissons du Cameroun entend consolider ses approvisionnements nationaux et contribuer au développement du tissu productif local. Reste à mesurer, au-delà des engagements annoncés, la part effective de la valeur ajoutée créée au Cameroun par cette stratégie.

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