Eurobond : Le Gabon lève 342 milliards de Fcfa à un taux de 9,375%

L’émission obligataire, assortie d’une échéance de huit ans, témoigne de l’accès du pays aux marchés internationaux, malgré un coût de financement élevé.

Le Gabon a mobilisé le 14 octobre 2026 un montant de 580 millions de dollars, soit 342,2 milliards de Fcfa, à travers une nouvelle émission d’euro-obligations. L’opération, assortie d’une maturité de huit ans et d’une échéance fixée à 2034, affiche un coupon de 9,375%, selon le communiqué du ministère de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations conduit par Thierry Minko.

Cette levée de fonds intervient dans un contexte international marqué par la hausse des taux d’intérêt américains, qui renchérit le coût des financements pour les États. Elle traduit néanmoins la capacité de Libreville à mobiliser des ressources extérieures pour couvrir ses besoins de financement.

Dans son communiqué publié à cet effet, le ministre Thierry Minko souligne que l’opération a été précédée de rencontres avec plus d’une centaine d’investisseurs internationaux. Le carnet d’ordres a atteint près d’un milliard de dollars, soit presque le double du montant recherché par les autorités gabonaises. Cette demande supérieure à l’offre témoigne de l’intérêt des investisseurs pour cette nouvelle signature souveraine.

L’autre indicateur mis en avant par le gouvernement gabonais est la prime de risque de cette émission qui est inférieure d’environ 50 points de base à celle de l’opération réalisée en juillet dernier. Cette évolution intervient alors même que le pays emprunte sur une durée plus longue et dans un environnement financier moins favorable. Elle suggère une amélioration des conditions relatives de financement, sans pour autant signifier que l’emprunt est devenu moins coûteux dans l’absolu.

Un coût d’emprunt toujours élevé

Le coupon de 9,375% demeure en effet un élément majeur de l’opération. Rapporté au montant nominal de 580 millions de dollars, il représente environ 54,4 millions de dollars d’intérêts annuels, soit près de 32 milliards de Fcfa, sous réserve des modalités définitives de l’émission. Cette estimation ne tient pas compte des éventuels frais ni des conditions de prix de placement qui déterminent le coût effectif total. Pour les finances publiques, l’enjeu consiste donc à concilier la mobilisation de ressources importantes avec la maîtrise de la charge de la dette.

Selon le communiqué du ministre gabonais en charge de l’Économie et des Finances, cette opération constitue la première émission gabonaise sous forme d’offre publique depuis 2021. Elle doit permettre d’élargir la base des investisseurs internationaux et de renforcer le dialogue avec les marchés, notamment en matière de transparence financière.

Thierry Minko inscrit d’ailleurs cette levée de fonds dans sa stratégie de gestion de la dette, axée sur l’allongement des maturités et la diversification des sources de financement. Les autorités gabonaises y voient également un signe de confiance des investisseurs dans la politique de transformation économique conduite sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema.

Reste désormais à convertir cette capacité de mobilisation en résultats économiques tangibles. L’impact de l’opération dépendra de l’utilisation des ressources, de la maîtrise des dépenses publiques et de la capacité de l’économie gabonaise à générer davantage de recettes. Car au-delà de l’accès aux marchés internationaux, le défi de Libreville demeure celui de la soutenabilité de sa dette à moyen et long terme.

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