Cet objectif figure parmi les ambitions du programme Agriconnect, lancé le 21 octobre 2026 à Yaoundé par le gouvernement camerounais, en partenariat avec la Banque mondiale.
Le Cameroun ambitionne de porter sa production de maïs à 6 millions de tonnes en 2030. Selon le Fonds international de développement agricole (Fida), partenaire du programme Agriconnect aux côtés du gouvernement et de la Banque mondiale, cet objectif correspond à une augmentation de 150 % par rapport au niveau actuel. D’après les données du ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), la production nationale de cette céréale a atteint 2,4 millions de tonnes, en hausse de près de 3,5 % sur un an.
La demande nationale est estimée à environ 2,8 millions de tonnes par an. Le déficit est notamment comblé par les importations destinées aux entreprises brassicoles et aux unités agropastorales. Le maïs occupe ainsi une place stratégique dans l’économie camerounaise. Environ six millions de personnes interviendraient dans sa chaîne de valeur, ce qui en fait un important gisement d’emplois. Cette céréale constitue à la fois un produit de grande consommation, une matière première pour les industries agroalimentaires et l’élevage, ainsi qu’un produit d’exportation.
Dans une étude consacrée au positionnement stratégique de la filière de fabrication des produits à base de céréales au Cameroun, le Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN), dissous dans le cadre de la réforme de la Société nationale d’investissements (SNI), présente le maïs comme la troisième denrée alimentaire produite dans le pays, après le manioc et la banane plantain. Il demeure également la céréale la plus consommée au Cameroun, « loin devant le riz et le sorgho ».
Selon cette étude, les plus gros consommateurs se trouvent dans les régions septentrionales, où les céréales occupent une place importante dans les habitudes alimentaires. Dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua, la consommation moyenne est estimée à 80 kg par habitant et par an en zone rurale, contre 60 kg en zone urbaine. Dans la partie méridionale du pays, elle oscille entre 6 et 8 kg par habitant et par an, à l’exception des régions du Nord-Ouest et de l’Ouest, où elle atteint 50 kg.
Porté par la Banque mondiale, Agriconnect vise à aider les petits producteurs à passer d’une agriculture de subsistance à une production générant des surplus commercialisables. Le programme entend notamment renforcer les organisations de producteurs, l’accès aux marchés et au financement, les solutions numériques et la participation du secteur privé aux systèmes alimentaires. Huit chaînes de valeur sont ciblées : le riz, le maïs, le manioc, le palmier à huile, le cacao, le soja, l’élevage laitier et l’aquaculture.